Kim Morris, directrice générale de la FARFO provinciale
Pour plusieurs d’entre nous, la francophonie ontarienne est d’abord une histoire de résistances quotidiennes. On pense aux batailles pour obtenir des écoles de langue française, pour garder ouvertes des institutions, ou simplement pour être servi en français dans les services publics. Derrière ces victoires, il y a des visages : ceux et celles qui ont écrit des lettres, assisté à des réunions tard le soir, organisé des campagnes de sensibilisation ou accepté des responsabilités de bénévolat année après année. Sans ce travail patient, la réalité d’aujourd’hui serait bien différente.
Mars est aussi un moment propice à regarder l’évolution de notre communauté. La francophonie ontarienne n’est plus seulement celle des familles installées ici depuis plusieurs générations. Elle se nourrit maintenant de la diversité des personnes venues d’Afrique, des Caraïbes, d’Europe, du Moyen-Orient ou d’autres provinces du pays. Dans les mêmes salles communautaires se rencontrent des accents variés, des expressions différentes, des habitudes nouvelles à apprivoiser. Pour les aînés, cette diversité peut être une source de curiosité, parfois de dépaysement, mais surtout une richesse à partager.
Dans ce contexte, le rôle des personnes aînées demeure essentiel. Elles peuvent raconter ce qu’était l’Ontario français d’hier, les longues distances parcourues pour se rendre à l’école, les rares livres en français disponibles à la bibliothèque, les débuts de certaines associations. Elles peuvent aussi témoigner de la fierté ressentie en voyant leurs enfants et petits-enfants accéder à plus de services, d’espaces et de possibilités en français. Ces récits donnent du sens aux efforts actuels et inspirent les plus jeunes à poursuivre l’engagement.
Ce mois de la Francophonie peut être l’occasion, pour chacune et chacun, de poser un petit geste concret. Il peut s’agir de participer à une activité culturelle en français, de s’inscrire à un club de lecture ou de conversation, ou encore de proposer un atelier de partage de souvenirs dans un centre communautaire. On peut aussi simplement prendre le temps de téléphoner à une personne isolée pour échanger en français, ou d’écrire quelques lignes sur un souvenir marquant lié à la langue : un premier livre, une chanson, une pièce de théâtre, une manifestation.
À l’ère du numérique, la francophonie se vit aussi en ligne. Par l’entremise du Connect Vivre +, la FARFO vous offre des opportunités de conversation, ainsi que des ateliers et des conférences sur divers sujets. Grâce à la technologie, vous pouvez participer à ces activités peu importe où vous êtes!
En mars, célébrer la francophonie, ce n’est pas seulement regarder en arrière avec nostalgie. C’est reconnaître que la langue française continue de vivre, de se transformer et de rassembler des générations entières. En partageant nos histoires, en accueillant la diversité et en restant présents dans nos organismes, nous contribuons tous à faire rayonner notre francophonie ontarienne. Que ce mois soit pour vous un temps de fierté, de rencontres et de nouvelles découvertes en français.