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le Jeudi 19 mars 2026 14:28 Chronique historique (SHNO)

Du Collège Sacré-Cœur à l’île Hemingway à l’Université de Sudbury : l’histoire d’une cloche

  Photo : Université de Sudbury
Photo : Université de Sudbury

Lors de son arrivée en poste, le recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury, Serge Miville, a découvert la cloche au sous-sol de l’édifice principal de l’université et a demandé qu’elle soit transportée dans son bureau. Depuis, la cloche plus que centenaire a fait l’objet de nombreuses conversations. Elle est également devenue un point de ralliement pour la communauté franco-sudburoise, faisant partie du nouveau logo de l’uSudbury.

Du Collège Sacré-Cœur à l’île Hemingway à l’Université de Sudbury : l’histoire d’une cloche
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Un examen attentif de la cloche nous révèle qu’elle a été fondue en France en 1913, l’année de la fondation du Collège Sacré-Coeur.

Le père Ronald Perron, s.j., ancien élève au Collège Sacré-Cœur et ami de l’Université de Sudbury, a partagé ses souvenirs de la cloche avec des membres de la SHNO en décembre 2024. Dès son arrivée au Collège Sacré-Cœur comme élève en 1952, le père Perron a entendu sonner la cloche. À la fermeture du Collège Sacré-Cœur en 1967, il a souvenance que le père Léo Legault de Blezard Valley a demandé aux pères jésuites, de qui il était proche, s’il ne pourrait pas avoir la cloche. Selon Perron : «Puis, je pense que pour sa conscience à lui, puis, dire qu’elle lui appartenait, il avait donné son 200 piastres.» Le père Legault était alors propriétaire de la fameuse et historique cloche.

Le père Léo Legault était enseignant et conseiller en orientation à l’École secondaire Macdonald-Cartier dès les débuts de l’école. Le père Perron nous partage que Legault était déjà en poste au moment de sa propre arrivée à l’ESMC. À l’époque, Legault était également au service de la paroisse Saint-Mathieu à MacFarlane Lake, en plus d’être aumônier au centre pour jeunes Cecil-Facer.

Après l’achat de la cloche par le père Legault, il l’a transportée sur une île dont il était propriétaire sur la Rivière des Français. En fait, l’île en question était l’île Hemingway, nommée d’après le célèbre auteur américain qui y a séjourné dans les années 1930 alors qu’il était journaliste pour le Toronto Star. Le père Perron ne se souvenait pas comment le père Legault est devenu propriétaire de l’île, mais affirme : «… je me souviens seulement qu’il nous avait dit que c’était l’île et le chalet de Hemingway. Et puis qu’il s’était procuré ça à un moment donné, parce que ce n’était pas très dispendieux, puis il était content d’avoir une île pour lui. Et puis, je pense qu’il [Hemingway] avait fait des écritures là.»

Le père Perron confirme qu’il a vu la cloche sur l’île de Legault puisque ce dernier avait invité ses collègues conseillers en orientation à s’y rassembler : «Justement, c’était l’automne et puis la glace avait pris pendant la nuit. Et puis, sur l’île, il fallait bien se rendre au bord. Il fallait casser la glace pour sortir. Mais, alors, c’est là que la cloche a été, puis de là, on a voulu la ravoir mais il [Legault] a dit : «Non, non… j’ai payé pour maintenant…»

Lors du décès du père Legault, sa sœur a remis la cloche au père Robert Toupin, [s.j.], qui lui, l’a remise à la Compagnie de Jésus et, de ce fait, à l’Université de Sudbury.

À quoi servait la cloche au Collège Sacré-Cœur? Le père Perron replonge dans ses souvenirs : «Dans mon temps, je ne pense pas qu’on s’en servait. Il y avait le surveillant de la récréation, le père Gingras, qui avait sa cloche d’école. Alors, il ne se servait pas de la grosse cloche. Je ne me souviens pas qu’on s’en servait vraiment.  Et, dans les premiers temps, beaucoup de gens allaient à l’église quand-même. Je ne sais pas s’ils annonçaient ça, parce qu’ils ne voudraient pas faire compétition avec Ste-Anne-des-Pins ou St-Jean-de-Brébeuf. Et peut-être que c’était simplement pour rassembler les étudiants et leur dire que c’était le temps de commencer. Parce que les champs à l’Université de Sudbury, tout le champ de l’avant, c’étaient des champs de balle. Puis à côté, c’était la piste et pelouse. Alors, pour rassembler les gens, pour ne pas qu’ils oublient, j’imagine, on a dû se servir de la cloche.»

La cloche de l’Université de Sudbury a maintenant son histoire et continue à rassembler les gens.

Résumé de l’entrevue avec le père Ronald Perron, s.j., le 21 décembre 2024 à la Villa Loyola de Sudbury.

Photo : UdeS