le Jeudi 4 juin 2026
le Jeudi 5 mars 2026 10:07 La Voyageuse

Mélanie Dufresne, l’adaptabilité et l’inclusion comme moteurs du leadership

Mélanie Dufresne. — Photo : Guilaine Tchadieu
Mélanie Dufresne.
Photo : Guilaine Tchadieu

Mélanie Dufresne est une femme dont le leadership repose sur une valeur fondamentale : le service au bien-être de sa communauté.

Mélanie Dufresne, l’adaptabilité et l’inclusion comme moteurs du leadership
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L’héritage d’une citoyenne du monde

Derrière son titre de présidente de la Chambre de commerce de Timmins et de directrice du campus de Timmins du Collège Boréal, Mélanie Dufresne se définit d’abord par son rôle de maman de trois enfants. Née dans le Nord de l’Ontario, l’aisance naturelle qu’elle affiche aujourd’hui pour diriger, elle la doit en grande partie à ses parents. En choisissant de voyager et de s’installer dans des régions variées, comme le Yukon, le Québec ou le Chili, ils lui ont légué un héritage précieux : l’adaptabilité.

Chaque escale a été pour elle une leçon de vie. «J’ai eu cette richesse de pouvoir connaître et comprendre de nouvelles cultures», souligne-t-elle. De ces années d’expatriation, elle a tiré une résilience, une ouverture, un sens de l’écoute et une soif de comprendre l’autre qui sont devenus les piliers de sa carrière. Polyglotte, elle jongle aujourd’hui entre le français, l’anglais, l’espagnol et l’allemand, une force indéniable dans le monde des affaires.

Un leadership d’empathie 

Pour Mélanie, le leadership est avant tout une question de rassemblement. Elle estime que les femmes possèdent intrinsèquement cette capacité de mobiliser et d’éprouver une empathie sincère envers les autres. Qu’il s’agisse d’appuyer un étudiant, un client ou un partenaire, sa passion pour l’accompagnement est le fil conducteur de ses actions. Si elle est convaincue que les femmes sont capables de tout accomplir, elle est aussi consciente qu’elles doivent souvent travailler plus fort pour démontrer leurs capacités.

Toutefois, sa vision se veut équilibrée : «Ce n’est pas une affaire de femme contre homme. C’est jamais ça l’histoire», précise-t-elle. Son approche est celle de l’inclusion et de la justice. Elle observe que, si une certaine ségrégation persiste historiquement — les femmes dominant dans les soins ou l’éducation —, les lignes bougent. Aujourd’hui, on encourage l’inclusion bidirectionnelle. Du côté des hommes, par exemple, son propre mari, enseignant de profession, incarne ce changement : en assumant aussi la préparation des repas et le quotidien familial, il lui offre l’appui nécessaire pour s’impliquer pleinement dans sa carrière. Du côté des femmes dans le secteur minier, on remarque qu’elles sont de plus en plus recherchées et appréciées pour leur rigueur, leur minutie et leur respect des consignes de sécurité sur les équipements lourds.

L’opérationnalisation de l’inclusion

Cette volonté d’équité s’opérationnalise concrètement dans toutes les sphères d’influence de Mélanie. Au conseil d’administration de la Chambre de commerce, un équilibre de genre est rigoureusement recherché pour garantir que les perspectives de toutes les composantes de la communauté soient représentées. De manière spécifique pour les femmes, leurs défis et leurs expertises sont mis en valeur à travers des groupes de soutien comme Women in Mining, ainsi que des rencontres d’affaires et des activités de réseautage visant à tisser des liens solides pour favoriser la réussite de leurs carrières.

L’inclusion se traduit également par l’accueil et l’orientation des nouveaux arrivants, hommes et femmes, au Collège Boréal, afin de faciliter leur installation et leur intégration réussie dans le Nord. Cet engagement s’étend à toutes les générations, notamment par le soutien aux activités pour les personnes de plus de 50 ans avec le Centre culturel La Ronde de Timmins. Pour Mélanie, chaque action, qu’elle soit stratégique ou bénévole, doit avoir un impact positif et durable sur les citoyens.

Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme du 8 mars 2026, son message est un cri de ralliement et d’appel à l’audace : «Ne pas se diminuer, ne pas diminuer notre voix». Elle rappelle que les femmes sont une partie critique de la croissance des communautés et qu’elles doivent assumer pleinement leur leadership».