C’est en grande partie cet impact que la célébration de sa vie tenue le samedi 4 mai dans la Grande Salle, presque comble, de la Place des Arts du Grand Sudbury a fait ressortir. Animée par Mireille Groleau, une ancienne collègue de travail de Denis à CBON, la célébration a servi à rappeler des textes, des chansons, des faits saillants, et parfois cocasses, de la vie de Denis.
Deux de ses nièces, Jeannine Jefferson St-Jules et Francine St-Jules Giroux ont initié la cérémonie en chantant quatre chansons après quoi la fille de Denis, Manon, a rappelé des faits saillants et lu un texte de son père. Robert Paquette, chansonnier franco-ontarien de grande renommée et ami de Denis a, à son tour, chanté avant que denise truax, co-directrice de la maison d’édition sudburoise Prise de parole, rappelle le rôle fondateur et de l’engagement continu de Denis dans la maison d’édition. Normand Renaud a fait revivre des moments de leur collaboration à l’émission radiophonique qu’animait Denis ainsi que celle au groupe musical les Coccinelles; enfin, Jean Lalonde, ami et beau-frère de longue date, a fait ressortir, tout comme Manon, des faits saillants de la vie de Denis.
Natif de Sault Ste-Marie, Denis St-Jules s’est transplanté à Sudbury afin d’étudier au Collège du Sacré-Cœur jusqu’en 1967 lorsque l’institution a dû fermer ses portes et ensuite à l’Université Laurentienne où son engagement dans la vie culturelle franco-ontarienne a pris son essor. Il est l’un des fondateurs du Théâtre du Nouvel-Ontario grâce à sa participation à l’écriture de la pièce Moi j’viens du Nord, ‘stie en 1971.
Cette même année, il a aidé, en collaboration avec Jean Lalonde et Gaston Tremblay, à l’établissement de Prise de parole et, en 1973, il a contribué à monter la première Nuit sur l’étang au cours de laquelle il a récité certains de ses poèmes. Enfin, depuis 2017, il était membre du conseil d’administration du Salon du livre du Grand Sudbury.
Lorsque Radio-Canada a décidé, en 1978, à la suite de pressions de citoyens et citoyennes de la région, d’ouvrir un poste de radio à Sudbury pour desservir le Nord de l’Ontario, Denis a vite fait de se joindre à l’équipe inaugurale en tant qu’intervieweur pour des émissions. Cinq ans plus tard, il a débuté sa carrière d’animateur qu’il a poursuivie pendant 25 ans jusqu’à sa retraite en 2008.
En compagnie de son épouse, Carmen Vincent, il a vécu plus de 40 ans dans la ville du nickel avant de déménager et de vivre pendant 15 ans dans la capitale nationale.
Un Prix à titre posthume
À la fin de la célébration, Pierre-Paul Mongeon, directeur de la Nuit sur l’étang, a remis le prix du Nouvel-Ontario à titre posthume à Denis. Ce prix a été créé au cours des années 1980 afin d’honorer l’engagement d’une personne dans la vie culturelle franco-ontarienne. Son épouse, Carmen, a accepté le prix en compagnie de ses deux enfants, Manon et Marc-André. Elle a souligné que bien qu’il y ait eu une première célébration de vie à Ottawa qui réunissait principalement les membres de la famille et quelques amis, c’est bien à Sudbury que Denis tenait à ce qu’une telle célébration ait lieu.
Il voulait de plus, selon les dires de Carmen, revenir une dernière fois dans le Nord de l’Ontario, tout particulièrement à Sudbury et Sault Ste-Marie, pour faire ses adieux à cette contrée où il est né et a vécu la majeure partie de sa vie. Toutefois, sa maladie en a voulu autrement.
La cérémonie de samedi dernier était très bien organisée; bien que sobre, elle s’est avérée très émouvante. Pour Julie Boissonneault, professeure à la retraite, ce sont les chansons qu’on a fait entendre dans la voix de Denis qui l’ont particulièrement émues. «Le tout était très beau, mais c’est le fait de l’entendre chanter que je retiendrai le plus de cette cérémonie, » a-t-elle souligné. Quant à Robert McMillan, journaliste et ancien collègue de Denis affecté à l’émission du matin sur les ondes de CBON, «la cérémonie était à l’image de Denis : très sobre et de bon goût».
Le grand nombre de participants et de participantes constitue certes un gage que Denis St-Jules a eu un impact non seulement au niveau culturel mais, de plus, qu’il a marqué la vie de nombreuses personnes.