le Jeudi 4 juin 2026
le Mercredi 18 juin 2025 16:00 Non classé

Le Forum provincial trace la voie de l’immigration francophone

Les délégués se sont déplacés à London pour le Forum provincial. — Photo : Journal L’Action
Les délégués se sont déplacés à London pour le Forum provincial.
Photo : Journal L’Action

Les 10 et 11 juin derniers, la ville de London a accueilli la septième édition du Forum provincial sur l’immigration francophone, réunissant les acteurs communautaires, les fournisseurs de services, les bailleurs de fonds et les partenaires des trois Réseaux en immigration francophone de l’Ontario (RIFO).

Le Forum provincial trace la voie de l’immigration francophone
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En adoptant ce thème, les RIFO ont voulu affirmer une vision proactive et audacieuse : celle d’une francophonie qui ne se contente pas de suivre les transformations, mais qui entend les anticiper. Le Forum, animé par Jean-Pierre Cantin, vice-président de la Commission de planification et de développement de la main-d’œuvre pour Elgin, Middlesex et Oxford et ancien directeur général du Carrefour communautaire francophone de London, s’est déroulé sous le signe de l’échange stratégique et de la collaboration entre les divers intervenants.

«Avec 187 personnes inscrites venant de partout en Ontario, le rassemblement a dépassé toutes les attentes», mentionne Alain Dobi, directeur du Réseau en immigration francophone du Centre-Sud-Ouest, hôte de cette édition. Les discussions ont porté, entre autres, sur les nouvelles ententes avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, ainsi que sur les programmes émergents, notamment celui visant les étudiants internationaux francophones. Ce dernier permet à ces étudiants de bénéficier, dès leur arrivée, des services d’établissement généralement réservés aux résidents permanents.

Au-delà des ententes et des programmes, le Forum visait aussi à mettre en commun les meilleures pratiques en matière d’accueil, à renforcer les compétences des participants, et à réfléchir ensemble à la construction de communautés francophones toujours plus inclusives et accueillantes.

Portrait régional de l’immigration

Cette volonté de mieux comprendre les réalités régionales s’est manifestée dès la séance d’ouverture, où un portrait actualisé de l’immigration francophone en Ontario a été dressé. Alain Dobi, Élise Édimo (Réseau de l’Est), Thomas Mercier (Réseau du Nord) et France Vaillancourt (Réseau du Sud-Ouest) ont mis en lumière les avancées notables, comme la désignation de nouvelles communautés francophones accueillantes à Cornwall, London et dans le corridor du Nord, ainsi que le déploiement de nouveaux services en Huronie, Nipissing et Temiskaming.

Toutes les régions représentées ont souligné l’apport essentiel des immigrants francophones à la revitalisation économique locale. Un atelier a d’ailleurs été consacré à cette question, en présentant des ressources disponibles et des initiatives exemplaires, mais aussi en identifiant les lacunes à combler pour soutenir pleinement l’intégration économique.

Parmi les invités à cet atelier figuraient Marc Forrat, fondateur d’une chocolaterie, Fété Kimpiobi, directrice générale de SOFIFRAN, et Fairouze Touni de la Société économique de l’Ontario. M. Forrat a partagé son parcours d’entrepreneur arrivé au Canada il y a une vingtaine d’années, et les défis rencontrés, notamment depuis la pandémie. Il a souligné l’importance de l’accompagnement initial, mais aussi la nécessité de soutien à plus long terme, en particulier pour les entrepreneurs francophones.

«Lorsqu’on arrive en tant qu’immigrant, ce n’est pas facile, poursuit M. Forrat. Aujourd’hui, il y a la Société économique de l’Ontario et plusieurs organismes qui nous aident beaucoup en tant qu’entrepreneurs mais après, nous sommes laissés à nous-mêmes. Ces organismes ne peuvent pas nous aider tout le temps. Il faut que le gouvernement fédéral mette le doigt sur ce qu’il faut faire pour soutenir les entrepreneurs après la phase initiale.»

De son côté, Fété Kimpiobi de la région du Niagara a présenté plusieurs projets à succès portés par son organisme, comme le Salon du livre SAFRAN ou la publication d’un livre de recettes africaines, tout en rappelant les obstacles qui subsistent pour les nouveaux entrepreneurs.