C’est une personne de l’auditoire du Cabaret Queer qui leur a suggéré d’inviter Mona de Grenoble, lors du cabaret de l’année dernière.
«On la trouvait drôle et on la trouvait accessible aussi», fait valoir la directrice du Conseil des Arts de Hearst (CAH), Valérie Picard.
L’humoriste est comme une «matante sur le party», décrit son dossier de presse. «Elle est capable de rejoindre un coiffeur du Village autant qu’un mécanicien de Val-d’Or.»
Dès qu’elle a annoncé la tenue d’un spectacle, le comité organisateur a cependant compris que la communauté ne se contenterait pas d’un spectacle d’humour. «[Les gens] voulaient célébrer. On a décidé de faire une soirée karaoké», ajoute Valérie Picard.
Soirée karaoké
Ce ne sera pas nécessaire d’assister au spectacle pour y prendre part, comme ce ne sera pas nécessaire d’y participer si l’on veut voir le spectacle d’humour. La soirée karaoké commencera autour de 22 h, et le cout d’entrée sera réduit.
«J’ai hâte de voir qui va être prêt à faire la fête, puis être un peu fou», lance en riant Valérie Picard.
«Il y a une énergie qui ne se décrit pas en mots lors de ces soirées-là. Une énergie que je ne ressens pas dans les autres spectacles. Tout le monde s’aime. C’est du bonheur. C’est plus que du bonheur, c’est une sorte de liberté qu’on ne ressent pas ailleurs.»
Une constante : la sécurité
Le CAH espère offrir un espace sécuritaire à une communauté qui demeure marginalisée et contribuer ainsi à changer les choses. «Au premier Cabaret queer, je pense que toute l’équipe du Conseil des Arts a eu de grosses émotions. Pour nous, c’était un moment d’histoire pour le Conseil des Arts», se souvient Valérie Picard.
Le karaoké est promu comme un espace sécuritaire et des mesures sont mises en place par le diffuseur. Il y aura des bénévoles formés qui assureront la surveillance de la salle et les forces policières sont avisées de la tenue de l’évènement.
Cependant, la directrice souligne que le Conseil des Arts a été la cible de menaces et d’insultes. La Police provinciale de l’Ontario s’en est mêlée. «On a eu la chienne», laisse tomber la directrice.
Combattre les stéréotypes
Tenir un cabaret queer, c’est mener un travail communautaire, aux dires de Valérie Picard. «Il faut que les gens s’habituent à d’autres personnes qui sont différentes sans démontrer de l’ignorance ou de la haine. Ce n’est pas en se cachant que ça va arriver.»
Si les dragqueens sont à l’avant-plan depuis les premières éditions, le comité organisateur, composé de trois membres du personnel du CAH et de six membres de la communauté 2ELGBTQ+ de Hearst, est soucieux de démontrer la variété «des produits artistiques queers, sans créer des stéréotypes.»
«Le format du Cabaret Queer va changer d’une année à l’autre», conclut Valérie Picard.