le Jeudi 4 juin 2026
le Lundi 26 août 2024 9:00 Arts et culture

Jamais Trop Tôt pour les jeunes du Nord !

Hébergés à l’Université Bishop en Estrie, 24 jeunes de 14 à 17 ans ont ainsi pu vivre pendant une semaine la vie d’artiste grâce au concours Jamais Trop Tôt, parrainé par le Festival international de la Chanson de Granby.
 — Photo : Benoit Thériault
Hébergés à l’Université Bishop en Estrie, 24 jeunes de 14 à 17 ans ont ainsi pu vivre pendant une semaine la vie d’artiste grâce au concours Jamais Trop Tôt, parrainé par le Festival international de la Chanson de Granby.
Photo : Benoit Thériault

Nadine Duclos et Francis Deschamps, deux élèves du secondaire à Kapuskasing, ont pris part, le 11 aout dernier, à la 13e édition du concours Jamais Trop Tôt pour les jeunes artistes de 14 à 17 ans, dans le cadre du Festival international de la Chanson de Granby (FICG). Avec les témoignages de leurs parents qui ont fait le déplacement pour les encourager, les deux jeunes mélomanes ont partagé leur expérience avec Le Voyageur.

Jamais Trop Tôt pour les jeunes du Nord !
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Comment ces deux jeunes artistes âgés tous deux de 17 ans se sont-ils retrouvés dans le volet jeunesse de la 55e édition du FICG? Le site du célèbre festival québécois considère Jamais Trop Tôt comme «le plus grand projet culturel musical pancanadien pour les artistes de 14 à 17 ans.» En fait, il s’agit, dans un premier temps, d’un partenariat entre le FICG et le Réseau national des Galas de la Chanson, avec l’appui d’une quarantaine de collaborateurs à travers les provinces canadiennes et un territoire. Pour l’Ontario, c’est l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM), qui sert d’intermédiaire pour faire connaitre le concours aux jeunes Franco-Ontariens.

Dans un deuxième temps, les écoles organisent des ateliers d’écriture. Les textes sont ensuite envoyés au FICG. Vingt-quatre textes ont ainsi été sélectionnés et mis en musique par d’anciens participants du Festival de Granby comme Mehdi Cayenne.

Restent les interprètes à trouver. Dans le cas de Nadine et de Francis, les deux élèves de la Cité des Jeunes de Kapuskasing ont participé au concours Quand ça nous chante, un festival de musique organisé par l’APCM dans les écoles secondaires francophones de l’Ontario. «On était du même band», précise Francis Deschamps.

Leur talent de chanteur et de chanteuse a fait le reste. Il les a amenés en Estrie afin de participer à un spectacle de plus de deux heures au Palace de Granby, le tout mis en scène par la chanteuse québécoise Andréanne A. Mallette. Pendant une semaine, 11 jeunes Québécois ont donc appris à connaitre, côtoyer et soutenir 13 autres jeunes de la francophonie canadienne, qu’ils soient notamment de l’Acadie, du Manitoba ou encore de la Colombie-Britannique; outre Francis et Nadine, Sabrina Hanna d’Ottawa était également de la délégation ontarienne.

Lauréat au concours ontarien, Quand ça nous chante, Francis Deschamps a ainsi pu participer à Jamais Trop Tôt et montrer ce dont il est capable avec une guitare électrique!

 

Photo : Benoit Thériault

Un soutien essentiel de la communauté

Pas moins de seize membres de la famille de Francis Deschamps sont venus de Kapuskasing pour l’encourager à Granby. La fierté d’être avec l’un des leurs est visiblement plus forte que les 12 heures de route!

Si ceux-ci ont peut-être eu le temps de visiter le célèbre zoo de Granby, ce ne fut certainement pas le cas pour Francis! «On se levait très tôt, genre 6 h du matin», raconte celui qui a interprété la chanson Comme pogné entre deux avec sa guitare électrique. La musique de cette pièce avait d’ailleurs été composée par nul autre que Joseph Edgar du Nouveau-Brunswick.

Apprendre le texte, la musique, la chorégraphie, c’était tout un défi en une semaine. Francis raconte que, non seulement, chacune et chacun devait préparer sa chanson, mais il fallait aussi assimiler la mise en scène entourant chaque prestation musicale. Un spectacle avec 24 chansons tout de même! Une expérience que Jocelyne Prince, la maman de Nadine Duclos, qualifie de «festival extrêmement bien coordonné, encadré et inspirant pour la relève francophone.»  

Native de Dubreuilville, mais installée à Kapuskasing depuis deux ans, Nadine Duclos reconnaît que son séjour à Granby lui a permis de constater combien le français « a le don de rassembler les gens de partout comme on a pu le voir avec Jamais Trop Tôt

 

Photo : Benoit Thériault

Sortir de sa zone de confort

Les deux représentants du nord de l’Ontario sont d’accord pour dire que l’évènement artistique était aussi là pour les faire sortir «de leur zone de confort», selon l’expression consacrée. C’est ainsi que Francis Deschamps a dû improviser un solo de guitare électrique vers la fin de sa chanson à la demande des organisateurs. De son côté, Nadine Duclos raconte que dans un évènement comme Jamais Trop Tôt, il faut savoir «se mettre dans l’inconfort pour dépasser ses limites». Les jeunes devaient être prêts à faire face à n’importe quel style de musique. Une chose est sûre, les deux ont apprécié leur séjour au Québec.

Au-delà des divers ateliers sur la chanson qu’ils ont pu suivre sur place, il y a aussi eu l’esprit d’entraide qui s’est développé, ainsi que le sentiment de fierté. Pour Nadine Duclos, en déménageant à Kapuskasing il y a deux ans, c’est dans cette ville qu’elle a commencé «à saisir les opportunités musicales offertes. Ma francophonie, c’est un cadeau qu’on doit chérir et partager dans le but de la préserver.» 

D’ailleurs, dans le cas de la chanson qu’elle a défendue, Je retourne à la source, écrite par un jeune de North Bay, Miguel Brochu, elle était d’accord pour dire que celle-ci représentait l’essentiel de «ce qui nous fait du bien». Pour elle, «que ce soit le sport, l’art, l’écriture, la famille ou les amis», tout cela «est une source de confort et de sécurité. Et ma francophonie en fait partie.»

 Michel Deschamps, en haut à gauche (le grand-père de Francis Deschamps) avec son groupe les Rock Side.

Photo : Courtoisie 

Musique en famille

Participer à un concours comme celui de Jamais Trop Tôt, c’est aussi montrer à sa famille ce dont on est capable.

Le père de Francis Deschamps, Andy, mentionne que son fils semble suivre les traces des musiciens qui l’ont précédé dans la famille. «Mon grand-père « Ti-Guine » le violoneux, mon père et moi-même avons joué dans des groupes de musique rock.» Mais surtout, les jeunes présents donnent raison à M. Deschamps. Il a envie de dire à celle ou celui qui voudraient imiter son fils : «Fonce, vis et partage ta passion pour la musique et surtout sois fier d’être Franco-Ontarien!»

Quant à Jocelyne Prince, son message est clair : «Gardez la musique vivante à l’école secondaire de la Cité des Jeunes de Kapuskasing. C’est un trésor pour la communauté; ça permet à nos jeunes d’explorer et de s’épanouir pleinement. Tout comme le festival ontarien francophone Quand ça nous chante. Je suis fière du parcours de ma grande, mais aussi de tous les participants.»