Pascal Mitsuru Guéran réchauffant la foule
Une soirée clin d’oeil au Père Germain Lemieux qui se promenait de village en village afin de prendre part à des soirées semblables où il en profitait pour enregistrer sur bande sonore, et plus tard sur bande magnétoscopique des contes et des légendes de l’Ontario français. C’est ce que Patrick Breton, Directeur général du Centre franco-ontarien de folklore (CFOF), nous partage en félicitant les gens venus d’un peu partout pour profiter de ce premier événement en son genre au festival.
La soirée débute avec un repas copieux où l’on se fait bercer par la musique de Pascal Mitsuru Guéran, qui nous présente sa «casserole», un instrument appelé handpan, inventé en Suisse et fabriqué de manière semblable à des steelpans des Caraïbes, mais avec un son plus doux qui rappelle le son d’un gong tibétain. Il nous invite à faire des vocalisations pendant qu’il joue de son instrument. Sublime expérience sonore.
Michel Payment
Une dimension autochtone
C’est au tour du premier conteur de la soirée de se présenter. Michel Payment de Lafontaine (près de Pénétanguishene), un auteur-compositeur-interprète, s’est lancé tout dernièrement comme conteur. De fait, l’an dernier, il participe pour la première fois au Festival où il gagne le premier prix du concours franco-ontarien de la plus grande menterie. Il se dit inspiré des nombreuses années à côtoyer des peuples autochtones et en particulier Dominique Rankin, un grand chef spirituel de la Nation Anicinape.
Michel nous raconte la légende d’Oochigeas qui est inspirée d’un conte Abénaquis. La légende ressemble au conte de Cendrillon, mais les personnages et l’environnement sont typiquement autochtones. Michel enchaine avec un répertoire de chants autochtones accompagnés par sa guitare.
Pascal Mitsuru Guéran et son handpan
Le messager du destin
Pascal Mitsuru Guéran prend de nouveau la scène, mais cette fois-ci comme conteur. Il nous vient de la Belgique, avec 30 années de métier comme comédien, conteur et marionnettiste. Il s’inspire des traditions de récits japonais – sa mère étant japonaise – mais aussi de contes contemporains. Ce qui fait son charme, c’est sa capacité de tisser un lien entre tous ces trois contes de différentes époques. Les thèmes abordés sont celui du temps qui n’efface pas tout, l’amour entre un père et un fils, et le bonheur intérieur. Son vieillard qui se promène au travers de chaque conte prend le rôle d’un messager du destin.
Revivre le bon vieux temps
Colette Lalonde, une participante à la soirée, partage ses impressions :
«Ça fait trois ans que je participe au festival mais c’est ma première fois à un conte chez l’habitant». Elle ajoute qu’elle a beaucoup apprécié le fait que le CFOF a offert un service d’accompagnement pour les ainé.e.s, car pour elle, conduire la nuit n’est pas chose facile et encore moins d’aller à un événement chez quelqu’un qu’elle ne connait pas. Elle a bien aimé la belle ambiance et la complicité qui régnaient entre les artistes et les membres de l’auditoire. «Je me sens comme si je venais de vivre une veillée canadienne française du bon vieux temps», se réjouit-elle.
La soirée s’est terminée avec un spectacle impromptu avec la famille Lemelin au piano et aux violons, accompagnée par d’autres participant.e.s aux cuillères, et par Pascal au handpan.