le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 5 février 2025 9:00 Arts et culture

Devant le jukebox, une histoire d’appartenance communautaire

  Photos: Joël Ducharme
Photos: Joël Ducharme

Au fil des ans, écouter de la musique est devenu une expérience de plus en plus solitaire. Même dans des lieux publics, dans des restaurants, des cafés ou des bars, il n’y a plus cet échange, ce dialogue, cette qualité démocratique et communautaire qu’avait le jukebox d’antan.

Devant le jukebox, une histoire d’appartenance communautaire
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Il me semble donc très approprié que le jukebox, l’image même du pouvoir rassembleur de la musique en particulier et de l’art populaire en général, soit le sujet de la nouvelle pièce communautaire du Théâtre du Nouvel-Ontario.

Devant le jukebox, une comédie musicale qui a été présentée du 30 janvier au 1 février 2025 dans la Grande Salle de la Place des Arts, est avant tout une œuvre réalisée par et pour la communauté sudburoise. D’abord, le spectacle a été inspiré, en partie, des résultats d’un sondage menée par le TNO sur les chansons d’amour préférées de leurs spectateurs. De ce point de départ, huit dramaturges de Sudbury ont composé ce texte délirant qui incorpore la musique, la danse et des numéros de clown sous un même toit excentrique. Le tout est narré par un jukebox vivant qui évoque avec nostalgie les diverses scènes romantiques qu’il a témoigné au cours des années. Ses scènes sont complètement différentes les unes des autres, remplies de parenthèses et de digressions inattendues, couvrant de nombreuses époques et styles musicaux. Nous passons du tango au disco, de 1985 au jour présent, d’un monde réaliste à la fantaisie, comme pour démontrer la capacité de la musique de nous transporter au loin, de créer des nouveaux mondes.

Il est vrai que le spectacle est un peu inégal, que les digressions et détours ne sont pas tous entièrement réussies, que le fil conducteur qui relie les scènes n’est pas toujours clair. Mais il y a quand même ce plaisir, présent dans les meilleurs spectacles communautaires, de voir des membres de la communauté se donner à fond sur scène, se lancer entièrement dans les numéros de danse, se montrer capable de livrer des punchlines avec justesse. Également amusants sont les nombreuses références au Sudbury passé et présent, à la fois affectueuses et caustiques. 

Le spectacle est véritablement communautaire non seulement parce qu’il a été joué, écrit et mis en scène par des gens de la communauté, mais parce que le récit, aussi farfelue soit-il, est réellement ancré dans l’histoire et la vie culturelle de Sudbury. Et lorsque tous les acteurs sont réunis sur scène pour le grand final de la pièce, qu’ils dansent tous ensemble et encouragent la foule à les rejoindre, le sentiment d’appartenance à la communauté est palpable. Même que la pièce approche sa fin, on a l’impression qu’il vient de débuter, qu’en sortant on pourra tous jouer dans le prochain acte, qu’on pourra tous faire quelques pas de danse au rythme de la musique provenant du jukebox.