Son père, Edmond, est un pasteur francophone d’origine ivoirienne et sa mère,Ekoua, est du Togo. Amos, lui, est l’aîné du couple dans une fratrie de six enfants. En 1995, alors qu’il a 5 ans, la famille déménage en Caroline du Nord aux USA. Son père suit alors une formation en théologie. Puis, en 1999, c’est un autre déménagement. Cette fois-ci, en Virginie où Edmond devient pasteur pour une église baptiste.
Une nouvelle destination
En décembre, la famille doit quitter le pays! Malgré plusieurs démarches, il faut partir. Les parents n’ont pas la citoyenneté américaine. Cette fois, c’est à Montréal qu’ils s’installent. Ils obtiendront alors le statut de réfugiés.
Pour Amos, devenu adolescent, c’est le temps de prendre une orientation de vie. Il se souvient d‘avoir déjà joué dans une pièce théâtrale comme enfant. Son rôle était d’être une brebis dans une crèche de Noël. «J’avais une phrase à dire : Jésus est né aujourd’hui. Baa! Puis je sais faire le clown». Il s’inscrit dans un programme de théâtre de trois ans au Collège Dawson de Montréal. Pour l’université, il veut aller à McGill en théologie, mais il s’inscrit trop tard. Il ira alors faire un baccalauréat en théologie à la Faculté de théologie évangélique affiliée à l’Université Acadia du Nouveau-Brunswick.
En 2016, Amos cède à son premier amour et s’essaie avec des performances artistiques : de la figuration et du stand up. Il n’était très satisfait et se demandait «où aller avec ma vie?» C’est à ce moment-là que l’occasion lui est offerte de devenir pasteur à temps partiel, pour trois mois à Lennoxville, au Québec.
La vocation se précise
Sa décision est prise de poursuivre des études en théologie et Amos s’inscrit au Regent College de Vancouver. Il recevra un diplôme de maîtrise en art avec une spécialisation en christianisme. C’est là qu’il aura l’occasion de connaître le racisme, les problèmes de santé mentale et ceux qui sont blessés par la vie, avec son travail dans Vancouver East Side.
En 2024, lors d’une retraite, Amos reçoit un téléphone de Bob McCarty, alors pasteur à l’église First Baptiste Church de New Liskeard, qui l’invite à donner un prêche. Les paroissiens sont impressionnés. Un peu plus tard, Bob McCarty l’interpelle : «Veux-tu devenir pasteur à temps plein? Le vote est unanime, les paroissiens veulent t’avoir!» C’est ainsi qu’Amos entre en fonction le 1er mars 2024.
Fonder une famille et y demeurer
Quand on lui demande: «Est-ce que tu penses vivre ici longtemps?» Il répond : «Oui, j’espère fonder une famille ici. Je me sens bien ici. J’aime cette ville. Le style de vie est lent. Ça fait du bien après avoir vécu à Montréal et Vancouver. J’ai trouvé que les gens d’ici veulent faire des choses ensemble. Puis ils sont chaleureux et accueillants». Il a eu l’occasion de le vérifier quand il avait pris l’initiative de cogner aux portes de tous ses voisins pour se présenter.
En plus de son ministère à la paroisse, Amos veut se consacrer à la jeunesse et aider les gens qui ont de la difficulté à se loger. «Il y a plusieurs édifices abandonnés qui pourraient être aménagés. Si on veut éliminer la pauvreté, c’est un travail de toute la société», explique-t-il.
Ses paroissiens l’aiment! Pour Diane Rheault : «Amos, c’est l’amour incarné, toujours de bonne humeur! Il est très attentionné et il veut toujours aider. Il est jeune et il n’hésite pas à essayer beaucoup de choses. De plus, il parle dans notre langue!»