M. Tahirou Cissé
Arrivé au Canada en 2023, son intégration s’est faite rapidement parce qu’il s’était bien préparé. Il bénéficiait déjà d’une résidence permanente. Il avait de la famille au Canada et son emploi était assuré.
«J’ai habité à Montréal quelque temps, après ça, je suis venu à Sault-Sainte-Marie. Bien avant que j’aie quitté le Mali, j’étais en contact avec le Centre Franco. Ils m’ont parlé de l’Ordre des enseignants. C’est comme ça qu’ils m’ont donné les pistes et les ressources pour faire mes démarches administratives. J’ai eu à faire mes documents avec l’Ordre des enseignants et avec le programme fédéral des enseignants qualifiés. C’est à travers ça, que j’ai eu ma résidence permanente canadienne dans mon pays».
Il poursuit : «Le Centre Franco m’a informé qu’il y avait un poste avec le Conseil du Grand Nord de l’Ontario. Ils m’ont demandé si j’étais disponible. Ils avaient déjà mes coordonnées, j’ai eu à faire mon entrevue avec les ressources humaines. Ils m’ont informé qu’ils avaient un poste disponible, comme un stage, et que je pouvais faire de la suppléance, aussi» relate M. Cissé.
Une classe de 3e et 4e dans une école du système public
Tahirou Cissé est arrivé le 7 novembre 2023, à Sault-Ste-Marie. Il avait commencé comme suppléant en 2023-2024, puis avant que le congé d’été commence, sa direction l’a approché pour lui proposer de postuler pour un poste de suppléance, une classe de 3e et 4e. «Il y avait une enseignante qui partait en congé de maternité et avec qui j’avais travaillé durant 8 mois. Il y a d’autres candidats qui ont postulé puis finalement, ils m’on fait savoir que j’ai été retenu pour ce poste» raconte-t-il.
La neige et le froid
La transition du Mali au Nord de l’Ontario pourrait être difficile côté climat pour quelqu’un qui n’aurait pas la préparation nécessaire. Tahirou Cissé s’est préparé mentalement à ce choc avant même d’arriver au Canada.
«Cet hiver, il y a eu beaucoup de neige et de froid, l’année dernière il faisait moins froid et l’hiver était plus doux. Psychologiquement, par contre, je m’étais déjà préparé. Je savais avant même de venir ce que ce serait. Il y a le climat du Mali qui me manque, bien sûr. Les jours sont plus courts en hiver au Canada qu’au Mali».
Il y a des activités en plein air que M. Cissé faisait, comme jouer au football, et qui lui manquent. «Je suis de Bamako, la capitale. Le dimanche par exemple, au Mali, il y a beaucoup de mariages. Lorsque tu sors le weekend, ça se fait sentir dans la circulation sur les routes et tu vois la communion des gens. Ici, il y a plus d’isolement, il y a moins de communion et de rencontres par rapport à cela», dit-il.
D’autres clés du succès pour M. Cissé sont qu’il a de la famille au Canada et il apporte avec lui des épices et aliments du Mali, pour s’assurer qu’il puisse avoir le confort culturel de ses plats traditionnels.
«J’ai ma sœur avec sa famille à Montréal, et j’ai un frère qui fait sa maîtrise à l’École nationale d’administration publique du Québec. Il fait des études en commerce international. De plus, je suis venu avec des condiments de mon pays, ma petite sœur m’en avait parlé. J’utilise cela, il y a des ingrédients qui ne sont pas à ma disposition ici. Comme par exemple, des fakoyes, du zanè, c’est des plats de mon pays d’origine» dit-il.
Ne pas rester dans sa bulle
«Je suis quelqu’un d’ouvert d’esprit qui va à la rencontre du monde. J’essaie de ne pas rester dans ma bulle. Pour moi, les opportunités viennent avec le voyage. Je me suis fait des amis à travers mes sorties avec le Centre d’éducation et formation pour adultes (CÉFA) et le Centre francophone de Sault-Sainte-Marie (CFSSM), qui avaient organisé une activité. C’est comme ça que j’ai connu des personnes».
C’était en janvier 2023. M. Cissé raconte plus en détail : «Il y avait une activité au Downtown Plaza. J’étais à la maison, j’ai regardé sur Facebook pour voir les activités à faire, et j’ai été sur la page des Francophones. J’ai fait des échanges, on a fait connaissance et on m’a fait visiter le Soo Market, un centre de petits commerçants et artisans, où des produits locaux sont réunis dans un même endroit. On a discuté de cela, on a échangé les numéros avec Carole Blaquière (CFSSM) et Tiziana Principe (CÉFA) et j’ai rencontré d’autres personnes, ainsi que Premkumar Mohana Selvam (CÉFA.)».
C’est de cette expérience qu’est né un petit groupe francophone. «On s’est fait un petit groupe d’amis francophones, on se voit une ou deux fois par semaine. Nous faisons des sorties pour voir des lacs, des villes, des parcs, faire des randonnées à Gros Cap et à Hiawatha».
«Le CÉFA, à travers Tiziana, m’a approché pour donner des cours. Depuis septembre, j’enseigne des adultes pour améliorer leur français. Il y a, parmi eux, des Iraniens, des Brésiliens et des Mexicains. Mon premier groupe pour le FLS 2, ils ont fini leur programme. Ils ont obtenu leur certificat. Je suis avec le deuxième groupe où l’on compte des Indiens, des Canadiens, des Mexicains et une Péruvienne aussi», fait-il savoir.
Des voyages dans les régions avec les amis
«Nous voyageons avec nos amis, des fois à Toronto. J’ai aussi visité Brampton, Markham, Mississauga, Ottawa et le Québec aussi. Nous avons fait un voyage avec des amis jusqu’à Winnipeg. Pour visiter, voir comment est la ville, les musées, apprendre à connaitre cette place, aussi», ajoute-t-il.
M. Cissé est une personne qui aime la découverte, qu’il s’agit de l’art culinaire, la nature ou simplement côtoyer les gens. «Je ne sens pas de discrimination ici au Sault, et en Ontario, pas tellement. J’ai quand même juste senti cela au Québec, mais ici, je trouve que les gens acceptent plus la différence. Les gens sont accueillants et respectueux. Nous faisons avancer les choses, c’est bien de faire bouger les choses», conclut-il.