Des acteurs sur scène.
Le spectacle aura lieu à la Grande Salle de la Place des Arts du Grand Sudbury (PdA). La comédie sera présentée par la compagnie de théâtre montréalaise, Joe Jack et John. La directrice artistique de cette compagnie et metteuse en scène de la pièce Cispersonnages en quête d’auteurice s’appelle Catherine Bourgeois.
«Joe Jack et John est une compagnie que j’ai cofondée il y a 22 ans. Dès le départ, notre mandat était inclusif. On collabore avec des artistes neurodivergents ou en situation d’handicap intellectuel», explique Mme Bourgeois.
Elle indique qu’ils travaillent dans un contexte de collaboration, de co-création et d’écriture collective.
Les œuvres de la compagnie évoquent des thématiques ancrées dans «notre vécu contemporain, des sujets un peu difficiles, la question de vivre ensemble».
«Avec Cispersonnage en quête d’auteurice, on montre comment on est en marche en tant que société progressive vers plus d’inclusion et d’équité», mentionne-t-elle.
D’où vient le titre?
La directrice artistique raconte : «On a pris le titre de Luigi Pirandello, auteur d’une pièce de théâtre qui s’intitule Six personnages en quête d’auteur, écrite en 1921.Dans cette pièce, une famille italienne débarque sur un plateau de création où les acteurs sont en train de préparer un spectacle. La famille leur dit : vous inventez le drame, vous jouez le drame des autres, c’est notre drame, c’est nous qui devrions représenter ce drame-là sur le plateau. Pour moi, c’était une invitation à créer un dialogue avec un débat, c’est-à-dire la légitimité de la parole, qui a le droit de parler au nom de qui ?», explique Catherine Bourgeois.
Selon elle, il y a des personnes qui ont été historiquement marginalisées des plateaux, il faut alors chercher comment «rééquilibrer un peu la balance en intégrant davantage la diversité sur nos scènes, dans nos romans etc».
Avec cette comédie qui dure 1h15 sans entracte, «on pense aux acteurs qui sont souvent peu représentés sur les plateaux professionnels», dit-elle.
À quoi assistent les spectateurs?
Pénélope Bourque travaille avec la compagnie Joe Jack et John depuis 11 ans, à titre de productrice et collaboratrice à l’écriture des rôles qu’elle occupe aussi pour la pièce Cispersonnages en quête d’auteurice.
«Cette pièce est l’histoire d’une troupe d’actrices et d’acteurs neurodivergents qui se rassemblent en studio de répétition pour essayer de créer une nouvelle œuvre ensemble. Puis, ils se rendent compte qu’ils ont de la difficulté à créer parce qu’ils ont un blocage créatif par rapport à plein de sujets qu’ils aimeraient aborder ou aux personnages qui aimeraient jouer. Ils se demandent s’ils ont le droit de dire ça, de jouer ça. Ils ne veulent pas blesser les autres, utiliser du vocabulaire qui ne serait pas approprié. Finalement, ils se retrouvent un peu dans une impasse artistique, et ils ont de la misère à avancer dans la création», partage Mme Bourque.
C’est la première fois que la compagnie Joe Jack et John se déplace à Sudbury.
«Quand on présente la pièce à Montréal, les membres de la communauté ayant un handicap (intellectuel ou autre) se sentent plus concernés par le propos de la pièce quand il y a des membres de leur propre communauté sur scène. On espère que ça va être le cas aussi à Sudbury», déclare Pénélope Bourque.
Selon elle, l’œuvre s’adresse à tout le public, «mais on a envie aussi de la rendre accessible à des spectateurs qui, peut-être, ne sont pas toujours habitués à aller au théâtre, des spectateurs qui auraient envie de découvrir de nouvelles choses, de se reconnaître sur scène avec des acteurs qui leur ressemblent», fait-elle savoir.
Les représentations seront en français, avec des sous-titres en anglais.
La représentation du 3 mai sera décontractée. «Les gens pourront entrer et sortir de la salle comme ils veulent. Ça s’adresse particulièrement à des personnes qui auraient plus de sensibilité aux sons ou aux lumières, des sensibilités sensorielles, qui auraient besoin de bouger davantage», précise Mme Bourque.