le Mercredi 3 juin 2026
le Lundi 23 juin 2025 9:00 Arts et culture

Une sacrée belle murale autochtone à l’école Jeanne-Sauvé

Des enfants de l'école devant la murale autochtone.
Des enfants de l'école devant la murale autochtone.

L’école publique Jeanne-Sauvé a inauguré une murale autochtone, le mardi 10 juin, en présence de nombreux membres de la communauté, de parents et d’élèves, d’enseignantes et d’enseignants de l’école, de représentants du Conseil scolaire du Grand Nord et de partenaires autochtones.

Une sacrée belle murale autochtone à l’école Jeanne-Sauvé
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Intitulée «Le mur des savoirs, gadé par les esprits des animaux», cette murale est une œuvre collective effectuée par l’artiste peintre abénaquise d’Odanak, Jessica Somers, en collaboration avec des élèves de la garderie à la sixième année, qui met à l’honneur les sept enseignements sacrés des grands-pères, soit la sagesse, l’amour, le respect, le courage, l’humilité, l’honnêteté et la vérité.

Ce projet s’inscrit dans l’engagement de l’école Jeanne-Sauvé et du Conseil scolaire du Grand Nord à promouvoir l’inclusion, le respect des savoirs autochtones, la diversité culturelle et le sentiment d’appartenance.

«Ensemble nous avons créé un espace vivant qui respecte nos valeurs», a déclaré en introduction le maître de cérémonie, M. Patrique Rocher, directeur par intérim de l’école. 

«Ce projet s’inscrit dans la mission de l’école et de celle de notre conseil scolaire. Cette murale symbolise la collaboration et l’harmonie. Afin de réaliser ce projet, nous avons eu le plaisir et le privilège de collaborer avec l’artiste Jessica Somers qui a une capacité unique de créer des liens avec notre communauté. Son écoute et son approche intuitive ont permis à chaque élève de se sentir engagé, écouté et valorisé.»

Des enseignements traduits dans plusieurs langues 

Prenant la parole, l’artiste a affirmé que, pendant un mois, en mars et en avril, elle avait eu beaucoup de plaisir à travailler avec les élèves de Jeanne-Sauvé : «Chaque élève s’est joint à moi et ensemble nous avons non seulement peinturé, mais nous avons appris la culture autochtone». 

Et d’ajouter : «Ça a été une occasion de connecter avec le monde naturel et les enseignements des autochtones. À travers nos conversations et notre collaboration, les élèves ont appris une manière de vivre en harmonie et en relation avec la terre, les animaux, l’air et l’eau».

Afin d’illustrer les sept enseignements, Jessica Somers a ensuite demandé à des élèves, souvent accompagnés de l’un de leurs parents, de dire quelques mots au sujet de l’enseignement représenté par un animal quelconque. Chaque enseignement est traduit dans plusieurs langues qui représentent les groupes culturels dont sont membres les élèves. 

Le président du conseil des parents de l’école. M. David Lesbarrères, a ensuite remercié les élèves. «Sans vous, il n’y aurait pas d’école, et sans vous, cette murale n’existerait pas», a-t-il déclaré. 

La présidente du Conseil scolaire du Grand Nord, Mme Francine Vaillancourt, a ensuite dévoilé un cadre dans lequel l’artiste explique les sept enseignements des aînés autochtones.

M. Rocher n’a pas manqué de remercier Mme Nathalie Breton, enseignante systémique, «dont l’accompagnement tout au long de ce projet a été très précieux. Grâce à son expertise et sa vision, nous avons eu le privilège de collaborer avec une artiste exceptionnelle» a-t-il dit.

Plusieurs cultures intégrées dans le projet 

En entrevue avec Le Voyageur, Mme Breton a expliqué que l’objectif du projet consistait à encourager les écoles à s’engager dans le domaine de l’éducation autochtone, à encourager la collaboration des membres de l’école, la direction, les enseignantes et les enseignants, la communauté scolaire et les parents. «Ça a fait un projet intuitif qui a réussi à créer une communauté, un sentiment familial. En plus des éléments de la culture de sa Première Nation, l’artiste a réussi à intégrer sept ou huit cultures à l’intérieur des murales. Chaque élève a participé à la peinture des murales», a-t-elle relevé. 

Mme Breton a affirmé que l’artiste Jessica Somers a été choisie parce que son travail consiste, entre autres, à développer des relations avec des gens des Premières Nations et des Métis. «Je la connaissais comme artiste, elle est déjà venue dans nos écoles et donc je savais que ce serait la personne idéale pour cotravailler avec les enfants. On a beaucoup aimé l’expérience, parce que les gens étaient engagés; c’est devenu comme une petite famille ici. Ça a poussé les gens à poser des questions. Elle est très vivace, ce qui encourageait justement les gens à poser des questions. Tous les élèves ont participé, de la maternelle à la sixième année; tout le monde a mis la main à la tâche pour créer cette murale.»

Pour sa part, Mme Somers a déclaré au Voyageur : «Ça a été une très belle expérience. J’aime le fait que la langue soit exprimée dans les murales; les parents ont commencé à me donner la langue de leur territoire dans différents pays alors ça a été vraiment facile de les incorporer dans la murale. Les enfants ont bien fait ça. Ils passaient et me donnaient une caresse. Ça a été très intime, très encourageant.»

En plus d’une exposition, le 21 juin, au Woodland Cultural Center, à Brantford, l’artiste est invitée à créer une autre murale au Vermont prochainement.