le Samedi 18 juillet 2026
le Jeudi 25 septembre 2025 13:00 Arts et culture

Édith Butler en tournée dans le Nord : entre souvenirs, musique et bois

Édith Butler s’adressant à son public du Nord de l’Ontario dans une vidéo partagée sur ses réseaux sociaux. — Photo : Capture vidéo / Mehdi Mehenni
Édith Butler s’adressant à son public du Nord de l’Ontario dans une vidéo partagée sur ses réseaux sociaux.
Photo : Capture vidéo / Mehdi Mehenni

À 83 ans, Édith Butler n’a rien perdu de sa verve, de son humour ni de son amour pour la route. Celle qui a marqué des générations avec Paquetville revient dans le Nord de l’Ontario avec une tournée qui s’annonce prometteuse : Le Tour du Grand Bois. De North Bay à Sudbury, en passant par le souvenir d’un petit tracteur jaune et des racines communes entre Acadiens et Franco-Ontariens, la légende acadienne nous emmène à la rencontre de son passé.

Édith Butler en tournée dans le Nord : entre souvenirs, musique et bois
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Édith Butler donnera son premier spectacle à North Bay, au Capitol Centre, le jeudi 02 octobre à 20h. Son second spectacle aura lieu à Sudbury, au Collège Boréal, le vendredi 3 octobre, à 20h, avant qu’elle n’enchaine avec un autre spectacle le dimanche 5 octobre, mais cette fois-ci à Orléans, au Centre des Arts Shenkman. Au menu : les meilleurs morceaux de son dernier album : Jerrycan, Ti-Gars et Dans l’bois

«J’ai jamais vraiment arrêté», confie-t-elle dès les premières minutes de l’entrevue. Même si la maladie a ralenti son rythme, Édith Butler n’a jamais quitté la scène bien longtemps. Si elle reprend la route en 2025, c’est d’abord parce que l’envie est toujours là. Mais c’est aussi parce que l’occasion s’est présentée au bon moment : «Il y a eu une demande, et ça tombait dans un temps où je pouvais y aller.»

Pour elle, le Nord de l’Ontario est bien plus qu’une destination de tournée : c’est un retour aux sources, au bois, aux gens qui lui ressemblent. «Aller faire un tour dans l’Ontario, ça m’intéresse parce que c’est beaucoup de gens qui nous ressemblent, les Acadiens.»

Un souvenir d’enfance, un tracteur jaune et un directeur de salle

Sudbury évoque pour elle un souvenir aussi improbable que touchant : celui d’un petit garçon qui, après un spectacle il y a quelques décennies, lui avait promis un petit tracteur jaune… qu’il ne possédait pas encore! 

Des années plus tard, devenu adulte et directeur de la salle, ce même homme lui remet ce jouet, scellant un moment de poésie rare : « C’est la première chose qui me vient en tête quand on me parle du Nord. Ce tracteur jaune est toujours dans ma chambre. Je le vois tous les jours.»

«Je ne me rappelle pas du nom de ce jeune homme, mais si jamais il lit cet appel, je souhaite qu’il vient me voir lors de mes spectacles à North Bay ou à Sudbury», souligne-t-elle. 

Une artiste enracinée dans le bois

Depuis 25 ans, Édith Butler vit au cœur de la forêt, quelque part près de Magog, dans une maison qu’elle a elle-même bâtie. Sans voisins, sans village, mais avec une chapelle – sa fameuse « petite chapelle » – et un profond lien avec la nature. «Toute ma jeunesse, c’était dans le bois. Et aujourd’hui, c’est encore dans le bois.»

Elle s’y est installée bien avant la mode post-COVID du retour à la terre. Visionnaire ? Peut-être. Mais surtout fidèle à elle-même.

Elle y travaille le bois, s’inquiète du réchauffement climatique, des tiques qui montent du sud, des pins malades et des dindes américaines qui traversent la frontière comme si elle n’existait pas : «Elles ne savent pas qu’il y a une frontière… ou alors c’est Trump qui les aide à traverser!», ironise-t-elle en riant.

À la rencontre du public 

Édith Butler sera accompagnée de cinq musiciens talentueux et jeunes.«Parce qu’il faut des jeunes pour me suivre», lance-t-elle, énergiquement. 

Guitares, batterie, violon, harmonica, triangle, percussions aux pieds : c’est un groupe au complet qui sera à la rencontre de son public à North Bay et à Sudbury. «Ce spectacle-là est plein de joie, vivant, assez rock ‘n’ roll. Il faut que les gens viennent le voir… à mon âge, je ne suis pas sûre que je pourrai revenir.»

Édith Butler n’a pas caché son admiration pour la francophonie ontarienne. «Les Franco-Ontariens et les Acadiens partagent un destin commun. Celui de la résilience, de la lutte pour la langue et la culture. J’ai hâte de les rencontrer de nouveau», conclut-elle.