le Mercredi 3 juin 2026
le Vendredi 26 septembre 2025 13:00 Arts et culture

French Fest 2025 : mémorable célébration !

La rue Durham était le théâtre des célébrations. — Photo : Jacques Fanche
La rue Durham était le théâtre des célébrations.
Photo : Jacques Fanche

Émigrant du Cameroun, Jacques Fanche a foulé le sol sudburois en 2023. Pour se frayer un chemin dans sa communauté d'adoption, M. Fanche a fait du bénévolat un moyen d’intégration et d'immersion dans la culture francophone locale. Si, en 2024, et dans le cadre du French Fest, M. Fanche s’est vu décerné un certificat d'accueil, Le Voyageur l’a choisi pour vous rapporter l’édition 2025 de cette célébration d'une culture franco-ontarienne plurielle.

French Fest 2025 : mémorable célébration !
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La célébration inouïe de la 10e année du French Fest au Grand-Sudbury s’est tenue dans la journée du samedi 20 septembre de 11h du matin jusqu’à minuit. Pour cette édition, la rue Durham et son reffotorium, ainsi que la Place des Arts (PdA) étaient le théâtre des célébrations des richesses culturelles et plurielles de la francophonie. La célébration s’est déroulée principalement en plein air, parce qu’il faut toujours apporter une coloration particulière à chaque édition, comme nous le mentionneJoëlle Villeneuve, la gestionnaire de la Slague, organisatrice de l’évènement, avec le Carrefour Francophone et d’autres partenaires, comme le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) et le Centre Franco-Ontarien de Folklore (CFOF). «L’équipe  s’est dite qu’il fallait profiter de ces derniers beaux moments de la météo, avant l’automne, et surtout mettre en exergue l’idée des feux de camp, ses atouts culinaires, artistiques et culturelles.» 

De l’exposition sur les tables des produits artisanaux et culturels du Canada et des autres pays de la communauté immigrante, en passant par les auditions pour l’édition de Par ici le talent, la production des scènes musicales en soirée et plusieurs ateliers pour attirer et éveiller les enfants qui étaient très nombreux, tout était d’aplomb en termes d’activités et chacun a eu pour son goût et son âge. 

Pour Marie-Pierre Proulx, directrice Artistique du Théâtre du Nouvel-Ontario, et partenaire de l’évènement «la célébration en plein air donne un esprit festif, on célèbre la fin de l’été, et ce sont de belles rencontres avec les enfants qu’on sent tellement joyeux et épanouis». 

Le TNO avait en plus la coordination des auditions pour la préparation de Par ici le talent de janvier 2026, aménager un kiosque de création de personnage pour montrer aux enfants la programmation théâtrale et susciter des vocations. La prestation des artistes a été somptueuse, avec en ouverture la représentation théâtrale de Mourir de trop gueuler, la nouvelle production de la compagnie Ottavienne Créations in Vivo, co-diffusée avec le TNO. Et, on a eu ensuite les Bilinguish Boys qui ont donné du rythme à la foule qui reprenait en chœur toutes les chansons avec une rare complicité et beaucoup d’ambiance comique. 

Stef Paquette, Dany Poulin et Edouard Landry ont régalé le public venu très nombreux.  Et après, on a vécu le déploiement exceptionnel de Djeli Tapa, la griotte moderne, artiste Québécoise d’origine Malienne. Cette monstre de scène a électrisé le public par ses puissants chants et ses pas de danse hors du commun. Chantant, certes, dans sa langue d’origine, elle prenait toujours le soin d’expliquer en quelques mots le contexte de chaque chant et la leçon de vie derrière. 

Ses textes parlaient de la vie, la joie, la liberté, la reconnaissance envers les canadiens qui nous ouvrent leurs cœurs et leurs bras pour accompagner les nouveaux arrivants sur le chemin de l’intégration. Elle a communiqué beaucoup d’énergie positive, et a fait danser le public au rythme des traditions Ouest-Africaines pendant toute sa prestation, en facilitant l’apprentissage de certains refrains. Se produisant devant les Sudburois pour la deuxième fois, elle reconnait avec beaucoup d’émotions la chaleur des habitants de la ville du Big Nickel : «Ici, l’énergie vient des deux côtés : la scène et le public, c’est comme si je me produisais dans mon salon. Je m’attendais à cette effervescence, car l’année passée pendant la semaine des Noirs, ce public m’avait déjà séduit par la qualité de son interaction pendant le spectacle», lance-t-elle toute comblée.

L’épisode des feux de camp était magique. De 11h du matin, jusqu’à presque minuit, les feux étaient allumés. Chacun pouvait juste prendre place et se faire rôtir son maïs, ses patates, son plantain, en échangeant avec une connaissance ou des amis.  D’autres attendaient juste le moment des contes, des traditions orales et des chansons à répondre. Nous avons eu droit à quatre contes et à plusieurs chants. 

Pour Patrick Bretton, le directeur général du Centre Franco-Ontarien de Folklore (CFOF) et partenaire de l’évènement, cette édition est spéciale avec l’effet du feu,  car, dit-il : «Le feu est un élément rassembleur qui attire tout le monde. On a vu plusieurs immigrants et canadiens anglophones venir s’asseoir autour du feu et apprécier ces moments de qualités.»

Les participants au French Fest n’ont pas été déçus comme nous le témoigne Laura Sauthier et Estelle Pellat, deux étudiantes de l’Université Laurentienne venues de la Suisse, dans le cadre d’un programme d’échanges d’études : «Nous remarquons la diversité d’activités, la solidarité et la bonne ambiance familiale.» Andrée-Michelle D’Aoust Messier, qui est une habituée de ces journées, est venue à la célébration avec ses deux enfants, ses cousins et ses amis : «La célébration en plein air, c’est merveilleux, du beau monde et c’est surtout excellent pour les enfants qui retrouvent certains de leurs amis et autres connaissances familiales.»

Jo-Anny Blais est à sa première participation et elle a fait le déplacement de Sherbrooke avec ses trois enfants pour aider le Carrefour Francophone comme bénévole dans les activités de peintures, de craies et autres ateliers artistiques pour enfants sous la supervision aimante et proverbiale de Nicolas Dupuis. Pour elle, «c’est un bel évènement qui permet de créer et de resserrer les liens dans la francophonie, la découverte de plusieurs cultures et facettes francophones. C’est un grand moment de fierté où les gens prennent de la peine pour se dire bonjour». Ses enfants lui ont exprimé le vœu de revenir à la prochaine édition.

Pour Serena Kimina qui vient de la République Démocratique du Congo : «Tous les stands sont attirants et il y a beaucoup d’options pour les tout-petits».

Le Rendez-vous a été pris pour l’édition de 2026 avec d’autres surprises toujours plus agréables.

 

Jacques Fanche, bénévole communautaire et culturel, avec la collaboration spéciale d’ines Bouguerra, ex-agente de développement socio-économique du Réseau du Nord (District de Sudbury).