le Mercredi 3 juin 2026
le Lundi 6 octobre 2025 9:00 Arts et culture

Deux lectrices prennent la parole suite à l’article «Oui, Anne Émond, il y a des francophones à Sudbury»

Affiche de la comédie dramatique québécoise Amour apocalypse d'Anne Émond.
Affiche de la comédie dramatique québécoise Amour apocalypse d'Anne Émond.

Remise en contexte : samedi 20 septembre, la 37e édition du Festival international du film Cinéfest a présenté la comédie romantique Amour apocalypse, un film en français, avec sous-titres en anglais. Les discours de la réalisatrice Anne Émond et d’une des comédiennes, Elizabeth Mageren, ont été livrés strictement en anglais. Les francophones qui étaient présents ne comprenaient pas pourquoi on ne s’adressait à eux en français.

Deux lectrices prennent la parole suite à l’article «Oui, Anne Émond, il y a des francophones à Sudbury»
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«J’invite les francophones à s’affirmer davantage»

Je n’ai malheureusement pas pu assister à la présentation du film. Toutefois, j’aimerais partager mon point de vue à la suite de l’article paru dans Le Voyageur : Oui, Anne Émond, il y a des francophones à Sudbury.

 

Je suis Québécoise d’origine et je travaille au Québec, à l’Université TÉLUQ, à distance. J’habite toutefois à Sudbury depuis 2011 et mes deux enfants, nés ici, sont dans une école de langue française.

 

Pour répondre à votre question, je crois que CinéFest a le devoir de témoigner un minimum de respect envers les francophones de Sudbury et de la région lors de la présentation d’un film en français. Il faut en finir avec cette idée selon laquelle les francophones comprennent forcément l’anglais. Nous voulons être interpellés en français, surtout dans un contexte culturel. Et s’il y a des anglophones dans la salle, le discours devrait être bilingue.

 

J’invite également les francophones à s’affirmer davantage. Plutôt que de chuchoter, pourquoi ne pas prendre la parole et demander directement à l’auditoire qui parle et comprend le français?

 

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que l’on reconnaisse pleinement que le français est bel et bien une langue vivante, enracinée dans la culture des francophones à l’extérieur du Québec.

 

Isabelle Carignan, Professeure titulaire au Département Éducation de l’Université TÉLUQ

«J’ai vécu la même situation pour un autre film»

En réponse à l’article de la semaine dernière au sujet du manque de français dans les présentations lors du Cinéfest, j’ai vécu la même situation pour un autre film. Ça me désole…

Après la projection du film Out Standing, des responsables de la production ont pris la parole, dont la réalisatrice Mélanie Charbonneau, mais tout en anglais. Pourtant, les trois écrivains sont francophones et quelques comédiens le sont également. De plus, il y avait beaucoup de francophones dans la salle, donc des locuteurs et des auditeurs de la même langue. Une reconnaissance aurait alors été de mise par des salutations bilingues et une période de questions ouvertes en français et en anglais.

Je ne pense pas que les anglophones en auraient été insultés. D’ailleurs, ce film de grande qualité a été très apprécié.

Je reconnais le gros travail des organisateurs du Cinéfest, mais espérons que cette situation sera évitée l’année prochaine.

Nicole L-D