La représentation du 13 novembre sera suivie par une soirée cocktail pour célébrer la première mondiale du spectacle. Celle du 14 sera précédée par une soirée quiz qui débute dès 18h15 et terminera avec une causerie avec Caroline Raynaud immédiatement après le spectacle. L’Heure du conte et du brico sera offerte pour les enfants de 3 à 12 ans pendant la représentation du 15 novembre. Des sous-titres en anglais seront aussi disponibles le 14 et le 15 novembre.
Le spectacle est une performance solo écrite et interprétée par Caroline Raynaud, l’actrice française connue pour ses rôles dans La Vie en Rose, The Baker, Rêver en néon et la web-série Les liaisons dangereuses : correspondance inédite. Un communiqué de presse du TNO explique que le spectacle est «un voyage intime et révélateur à travers les complexités de l’identité féminine», ainsi qu’une «combinaison innovante de comédie stand-up, de drame théâtral et d’expression corporelle».
Après plusieurs années sur scène et devant la caméra, Caroline Raynaud a décidé de se mettre à l’écriture pour la première fois, suite à ce qu’elle appelle «un questionnement personnel qui est devenu assez important quand [elle] est tombée enceinte».
«Je me rendais compte que je pensais que je n’étais pas un bon modèle de femme», explique-t-elle, «puis je me suis vraiment demandé d’où venait ce manque de confiance en moi, cette perception de moi-même».
«Et je me suis dit que ça devrait être lié à comment on construisait son identité, notamment mon identité en tant que femme. Et en plongeant dans mon enfance, puis en cherchant des réponses, je me suis rendu compte à quel point j’étais obsédé par des images que je voyais tout le temps dans des magazines et à la télé, et qui, pour moi, étaient les modèles de féminité auxquels il fallait absolument se conformer pour avoir du succès et être bien dans la vie».
En explorant ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, elle a réalisé que son questionnement sur ce que c’est être une femme a débuté avec ses seins. Pour être une femme, il fallait avoir des seins, se disait-elle, et comme ils ne poussaient pas très vite, c’est devenu une obsession, provoquée et alimentée par «les images qu’on voit dans les magazines, dans les pubs, dans les séries télé, dans les clips vidéos [qui] construisent des espèces de standards de beauté parfois irréalistes qui rendent fragile l’estime de soi».
En affrontant ces enjeux, le spectacle nous invite à repenser notre rapport à notre corps, notre estime de soi, nos conceptions de la sexualité, l’intimité, la beauté. Et en même temps, ça répond à un besoin personnel de son auteure, de combler un vide laissé par une culture qui met en avant une perception souvent toxique de la féminité : «J’ai écrit en ayant en tête d’écrire quelque chose que j’aurais moi-même voulu voir ou des choses que j’aurais voulu qu’on me dise».
Bien que certains efforts aient été faits pour sensibiliser le public à ces enjeux depuis quelques années, pour Caroline Raynaud, cette pression exercée sur les jeunes filles par les normes de beauté persiste toujours. «Pendant la création, je me suis demandé : est-ce que ça dont je parle est toujours d’actualité, est-ce que c’est toujours à propos? Et je me suis rendu compte que, surtout avec les réseaux sociaux, il y a les mêmes problèmes aujourd’hui, c’est juste la forme qui est un peu différente. On fait constamment face à des vidéos, même quand on n’a pas envie, à cause des réseaux sociaux et de nos téléphones qu’on a tout le temps dans nos mains. Les standards de beauté ont changé, ils ne sont pas tout à fait les mêmes, mais ils sont toujours là».
Même si elle traite d’un moment culturel précis, l’histoire racontée dans Le Téton Tardif est donc toujours pertinente en 2025. En abordant ces thématiques et ces expériences communes à des femmes de tous les âges, il est certain que ce seul-en-scène provoquera une discussion fascinante sur les forces culturelles qui façonnent notre façon de vivre et de penser.