Nguénar Yacine Cissé (à droite) avec Emmanuel Ngoma.
C’était l’occasion pour les participants de partager des expériences et des anecdotes vécues pendant leur processus d’immigration ou au cours des premières années de leur installation au Canada.
L’activité n’était pas nouvelle pour certains sudburois, car elle se déroulait pour la deuxième année consécutive. Mais parmi une cinquantaine de participants qui se trouvaient à la Place des Arts du Grand Sudbury, jeudi, il y en avait qui étaient curieux de voir de quoi s’agissait-il au juste.
«C’est un micro ouvert où les gens sont appelés à raconter leurs récits, des témoignages de nouveaux arrivants, ou bien toute autre expérience vécue à Sudbury», explique Tegra Bondembe, agente de marketing pour le Centre franco-ontarien de folklore.
La réussite et les apports de la première édition de l’événement ont incité le CFOF à préparer la seconde cette année.
«On s’est rendu compte que c’était quelque chose qui avait permis à beaucoup de briser l’isolement, ils se sont retrouvés dans un cadre convivial avec d’autres personnes qu’ils n’avaient jamais rencontrées», explique-t-elle.
«On a profité de la Semaine de l’immigration francophone pour permettre à certaines personnes immigrées qui n’ont pas ce genre d’espace de rencontrer de nouvelles personnes, de réseauter et de se faire des contacts dans la ville», poursuit-elle.
Tegra Bondembe indique que ceux qui ont assisté à la première édition de Festin d’histoires – Micro ouvert ont particulièrement apprécié l’activité.
Elle leur a permis de s’exprimer, selon elle.
«Parfois, on ne s’en rend pas compte, mais un simple rire permet d’avoir la bonne humeur toute la journée, le fait d’être là, juste de rire», croit-elle.
«Ça nous rapproche en tant que communauté»
Les participants, composés majoritairement de personnes immigrantes, ont partagé des expériences de leur vie au Canada.
Nguénar Yacine Cissé, d’origine sénégalaise et actuelle coordinatrice du programme d’équité et d’engagement communautaire de l’Université Laurentienne, en fait partie.
Elle trouve d’emblée que l’événement est important.
«Ça nous rapproche en tant que communauté, en tant qu’immigrants et en tant que non-immigrants. L’événement nous aide à connaître les opportunités et à nous rassembler, à parler des défis et voir comment on peut avancer en tant que communauté», dit-elle.
«Moi, j’ai partagé la raison pour laquelle je voulais quitter Sudbury et la raison pour laquelle j’y suis retournée. Je me retrouve à Sudbury, à ma communauté qui commençait à me manquer. À un moment donné, j’ai voulu aller vers d’autres communautés où je pouvais voir plus de gens qui me ressemblent, c’est-à-dire peut-être Toronto ou à Ottawa. Et j’ai fini par intégrer le club des Africains des Afro-Caribéens de l’Université Laurentienne et je suis restée ici. Je suis entièrement reconnaissante, parce que j’ai eu à rencontrer plein de gens qui ont vraiment fait mon expérience», a-t-elle confié au Voyageur.
Découvrir des réalités locales
La salle a également entendu, parmi d’autres, Ibrahim Ziao.
L’ivoirien d’origine, vivant à Sudbury depuis 8 ans, a partagé une anecdote concernant sa découverte d’une réalité qu’il ne connaissait pas jusque-là : le camping.
«Je n’avais jamais pensé dans ma vie que je pouvais aller dormir dans la nature, sous une tente, sachant qu’il y a des ours dans les environs. Mais des amis de la communauté ont organisé une expédition de camping et m’ont invité», raconte-t-il.
«Ça a été une très belle découverte. Malheureusement, dans mon histoire de découverte, j’ai perdu mon téléphone, mais ça reste toujours de beaux souvenirs»,
Ibrahim Ziao estime que l’échange des expériences de la vie est bénéfique à ceux qui les écoutent.
«Ça peut les aider parce que d’une manière ou d’une autre, on est tous amenés à vivre certains problèmes, certaines situations, et le fait de savoir qu’on n’est pas le seul à les vivre, que certaines personnes avant nous les ont vécus, ça a tout son sens», dit-il.
M. Ziao est convaincu qu’avoir une communauté qui se réunit et qui partage des cultures, des valeurs et des histoires est important pour la richesse et la continuité de la communauté.