le Mercredi 3 juin 2026
le Dimanche 30 novembre 2025 9:00 Arts et culture

C’était la fête au… Village Noël Témiskaming !

Danses traditionnelles des ancêtres. — Photos Marc Dumont
Danses traditionnelles des ancêtres.
Photos Marc Dumont

C’était la fête au Village Noël Témiskaming, à New Liskeard, les vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 novembre 2025. Plus de 10 000 personnes ont pu vivre une immersion dans le quotidien de la vie dans les colonies au 17e et au 18e siècle. Et même Mère Nature a collaboré au succès de l’événement au plus grand plaisir des visiteurs.

C’était la fête au… Village Noël Témiskaming !
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La tente Métis.

«Cette année, au Village Noël Témiskaming, les visiteurs ont pu rencontrer  plusieurs voisins et voisines des villages de leurs ancêtres; des rencontres d’artisanes et d’artisans passionnés d’un métier d’antan et enthousiastes de partager l’amour de leur passion ou de leur style de vie. Et tout cela dans une atmosphère de joie de vivre. C’est la danse, la chanson, la musique, des enfants qui rient : un tourbillon de vie dans une foule joyeuse», résume Réjeanne Massie, présidente d’ARTEM, l’organisme qui présente l’événement depuis 2014.

Karl Chevrier de la Temiskaming First Nation.

Les acteurs du milieu 

 

Dans les colonies, des autochtones vivaient parmi les colons. Karl Chevrier de la Temiskaming First Nation offraient un atelier sur la construction du canoë d’écorce. «Le canoë d’écorce est la porte d’ouverture vers l’avant. Le jeune autochtone qui y travaille ne voit plus la forêt de la même manière. C’est sa culture qu’il découvre : la compréhension du pays et le respect de la nature parce ce que si tu prends de la bonne façon, tu en laisseras pour la prochaine génération.»

 

Les Métis racontaient leurs contes et légendes dans une tente décorée à leur image. «On est là depuis plusieurs siècles, on est là aujourd’hui et on sera là encore demain», aime à rappeler Laurette Dupuis McKnight du Conseil des Métis du Témiskaming.

 

Cette année encore, au Village Noël Témiskaming, les activités offertes par l’Association du canot camping du Témiskaming ont été un arrêt populaire. Yves Renson et sa joyeuse bande accompagnaient les visiteurs dans la dure réalité des Voyageurs et le quotidien des colons. Les visiteurs sont toujours fascinés par la découverte des 1001 astuces pour s’adapter au climat canadien. Cet arrêt est aussi l’occasion pour les enfants de s’amuser avec les jeux d’antan. «Chaque génération pense qu’elle a tout inventé quand, au fond, rien n’a changé. C’est important aujourd’hui de passer ce message aux jeunes», dit Yves Renson.

 

Tout le monde sait qu’au temps de la colonie, les fourrures étaient importantes. «Il y a tellement de mythes sur les fourrures. C’est pour cela qu’on est ici pour éduquer les gens», dit le sympathique Neil Edwards du Conseil des trappeurs de Kirkland Lake. Dans le conteneur, les visiteurs pouvaient toucher toutes les fourrures . Puis, il y avait Daniel Gauthier d’Earlton devant sa maisonnette qui exposait tous ses produits de fourrure et de cuir. «J’étais au chômage durant la Covid-19. Après trois mois à ne rien faire, c’est là que j’ai décidé de me lancer là-dedans. Je me sers de tout. Pas de gaspillage!» Et un peu plus loin, un autre artisan du cuir : Mathieu Johnson,  maître cordonnier de Cobalt. «Il ne reste que huit maîtres cordonniers indépendants au Canada. Il y a de mes souliers sur tous les continents, excepté en Antarctique», raconte-t-il.

Yves Renson de l’Association du canot camping du Témiskaming.

L’animation

 

Si les gens sont venus pour s’instruire sur les métiers et acheter des produits d’artisanes et d’artisans, ils ont pu participer à l’animation. La troupe La danse en folie faisait tournoyer tous ceux et celles qui voulaient participer aux danses traditionnelles des ancêtres. Chaque prestation attirait des foules. «On veut garder le français vivant avec nos danses folkloriques. On apporte du plaisir, de la joie et l’ambiance des fêtes», explique Diane Vachon, toujours prête à danser.

 

Le troubadour André Thériault avec sa guitare et son harmonica gambadait joyeusement un peu partout sur le terrain en chantant des chansons. «On partage la francophonie dans mes chansons. Je viens mettre de la joie, créer des bulles de bonheur.»  La musique et le chant étaient aussi à l’honneur avec des artistes locaux qui se succédaient sur la grande estrade.

 

D’autres ont apprécié le poète Maxime Gravel déclamant ses vers amusants et pleins de sonorités inattendues. Il vient de publier son premier recueil de poésie que plusieurs se sont promis d’acheter. 

 

La foule a aussi beaucoup apprécié tous les personnages en costume d’époque qui accostaient les visiteurs avec une histoire à raconter. C’était, par exemple, Jeanne Mance, fondatrice de l’Hôtel Dieu de Montréal. C’était cette fille à la recherche de ses deux sœurs perdues à la suite d’un rapt par les autochtones. Là, une duchesse, des filles du roi et des mascottes…

Le sillage de billots, comme dans le temps.

La Place aux enfants 

 

Une place toute spéciale avait été réservée aux enfants. Le vendredi leur était consacré et plus de 1 760 élèves de la maternelle et du primaire sont venus d’aussi loin que Englehart au nord et au sud, la réserve autochtone de Bear Island, une île dans le lac Temagami. En plus des jeux d’antan, ils pouvaient grimper sur la pyramide de paille devant le marché. Que de rires et de plaisirs! 

 

Les enfants ont aussi pu confier leurs souhaits à Saint-Nicolas. Plusieurs ont demandé des jouets, mais certains ont demandé que la drogue et l’alcool sortent de la maison, ou avoir plus de nourriture à manger et ce qui revenait souvent : qu’il y ait de la paix dans le monde. «Certains souhaits me rendent triste et j’ai de la misère à retenir mes larmes», avoue Saint-Nicolas.

Les enfants grimpeant sur la pyramide de paille devant le marché

Des visiteuses de Rouyn et North Bay

 

Des autobus de l’âge d’or sont venus de Rouyn et North Bay. Ces visiteuses ne se sont pas fait prier pour exprimer leur satisfaction. «Ça valait la peine; j’ai aimé toute la variété d’expériences : les interactions avec les personnages en habits traditionnels, les possibilités de toucher et de goûter». Puis : «J’entendais du français partout autour de moi». Ou encore : «C’était tellement bien organisé et quel bel accueil!». Et pourquoi pas : «L’an prochain, je reviens!»

 

Un événement de cette envergure n’est rendu possible qu’avec les 

200 bénévoles et les innombrables heures de travail données tout au cours de l’année. Rien que  l’installation du site a nécessité 65 bénévoles. Tout cela n’aurait pas été possible sans l’implication de la ville de Témiskaming Shores, qui a fourni homme et machinerie.

 

Les organisatrices et les organisateurs du Village Noël Témiskaming 2025 s’accordent à dire que cette édition-ci est la meilleure! «Tous les commentaires étaient très positifs. J’ai fait le tour des exposantes et des exposants et elles et ils aussi sont très satisfaits», conclut Réjeanne Massie.