le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 6 mai 2026 10:13 Arts et culture

Le Centre culturel ARTEM en quête de renouveau

Réjeanne Massie estime qu’une communauté vivante place les arts au centre de la société. — Photo : Marc Dumont
Réjeanne Massie estime qu’une communauté vivante place les arts au centre de la société.
Photo : Marc Dumont

Le samedi 18 avril, une quarantaine de personnes se sont réunies au club de golf de Haileybury pour réfléchir à de nouvelles orientations pour le Centre culturel ARTEM. Cette rencontre faisait suite à la démission de la présidence de l’organisme lors de l’ Assemblée annuelle.

Le Centre culturel ARTEM en quête de renouveau
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Réjeanne Massie.

Photo : Archives

La présidente du Centre culturel ARTEM, Réjeanne Massie, avait annoncé sa démission lors de la dernière Assemblée annuelle. Par contre, elle avait indiqué qu’elle conserverait le dossier du Village Noël. À l’Assemblée annuelle, personne ne s’était proposé pour assumer la présidence du centre culturel et il avait été convenu de lancer un appel à  la communauté pour une consultation sur l’avenir d’ARTEM.

 

La consultation a eu lieu au club de golf de Haileybury où une quarantaine de personnes ont répondu à l’invitation pour une réflexion communautaire sur l’avenir du Centre culturel. Il ne s’agissait plus uniquement de penser à la présidence, mais de revoir la place d’ARTEM dans la vie culturelle des francophones du sud du Témiskaming. «C’est un gros défi. La situation est la même partout au Canada : les organismes sont vieillissants», dit Jocelyn Blais. «Les projets maintenant proviennent de groupes d’amis qui décident de monter quelque chose sans s’encombrer dans des structures. Un bon exemple est le festival de bière en fût : Le Nord en Fût de Haileybury.»

 

«La consultation d’aujourd’hui, c’est une première étape. Ce n’est pas simple. Il faut réinventer le modèle d’intervention communautaire. Les organismes dépendent trop du leader et les gens ne veulent plus faire partie d’un conseil d’administration comme il y a vingt-cinq ans. Aujourd’hui, il faut se demander :  Qu’est-ce qu’on peut faire pour attirer des gens à venir aider?», a dit d’emblée Jocelyn Blais qui a animé la consultation.

 

Dans la présentation, Jocelyn Blais a commencé par un diaporama qui illustre l’interaction entre les arts et la culture dans la communauté francophone. Au cours des années, le rôle d’ARTEM a été de donner accès à des activités artistiques et culturelles, soutenir les artistes locaux, participer aux événements et festivals et fournir des espaces pour réaliser et présenter les créations. Chaque implication d’ARTEM visait a fournir à la communauté francophone l’occasion de promouvoir la langue et l’expression, mettre en valeur le sentiment d’appartenance et d’identité, augmenter la visibilité de la culture francophone et favoriser la transmission culturelle entre générations.

 

«Une communauté vivante place les arts au centre de la société. Ça suscite l’engagement, l’appartenance et la cohésion sociale», explique Réjeanne Massie. La participation dans les arts améliore la santé et le bien-être, tout en apportant une contribution essentielle à l’économie.

 

Mais quelles sont les tendances modernes qui amènent les gens à participer aux arts? Jocelyn Blais en reconnaît trois : les arts participatifs, des activités du genre «pop-up» et l’approche «hyper-locale». Les arts participatifs sont les activités artistiques qui créent des liens sociaux, les gens participent activement à la création artistique : c’est le passage de l’art passif à l’art actif. «Les gens veulent participer et être impliqués dans ce qui se passe», dit Réjeanne Massie. Un bon exemple serait l’implication de voisins dans l’aménagement et la décoration des ruelles en ville.

Jocelin Blais.

Photo : Marc Dumont

Quant à la culture «pop-up», ce sont des activités simples, intuitives, éphémères qui mobilisent les gens et favorisent l’interaction communautaire. Il est devenu incontournable de rendre l’art accessible à tous les membres de la communauté incluant les familles et les nouveaux arrivants. «Les adultes et les jeunes sont heureux de participer aux ateliers», ajoute Réjeanne Massie. «Beaucoup de gens choisissent une activité le vendredi soir à partir de leur cellulaire. Le choix d’activités culturelles devra utiliser les réseaux sociaux pour connaître du succès.» 

 

Enfin, l’approche «hyper-locale» à l’art utilise les paysages, les bâtiments locaux et les espaces publics comme scènes ou galeries. Il est au service du renforcement de l’identité communautaire et de la transmission des histoires locales. L’art fait la promotion des traditions artistiques régionales, du patrimoine et des récits locaux uniques.

 

Si l’approche à l’art change, il en est de même pour l’approche qui incite les gens à vouloir aider; viser le micro-bénévolat. Dans sa présentation, Jocelyn Blais a noté : «Les jeunes générations et les parents et les professionnels actifs recherchent des missions ponctuelles et peu contraignantes plutôt que des rôles récurrents à long terme; des tâches courtes et ciblées basées sur leurs intérêts».  Le rôle d’ARTEM pourrait en être un d’appui aux initiatives culturelles locales.

 

Les participantes et les participants à la consultation avaient à répondre à aux questions suivantes : «Quelles seront les réussites de demain adaptées aux tendances modernes? De quoi la communauté a-t-elle besoin? Comment y parvenir? Quels sont les obstacles? Qu’est-ce qui vous motiverait à venir aider à mener à bien un projet?»

 

Ces questions ont donné lieu à des échanges : on veut des idées. Et il y en a eu plusieurs. Parmi celles-ci, on a suggéré d’explorer une collaboration avec l’ACFO Témiskaming. «Il faut s’éloigner du vieux langage des conseils d’administration, explorer une offre différente. Regarder ce qui se fait ailleurs. Identifier des champions locaux. Il y a encore beaucoup de travail à faire dans des rencontres à l’interne avant de faire une autre consultation populaire», concède Jocelyn Blais.

 

Pour rappel, Réjeanne Massie, durant son mandat au Centre culturel d’ARTEM, soit entre 2016 et 2025, elle a réussi à obtenir un total de 3 600 000 $ de subventions pour le sud du Témiskaming.