le Samedi 18 juillet 2026
le Vendredi 8 mai 2026 13:00 Arts et culture

«Le monde est un peu moins coloré sans Lionel Venne»

Le regretté Lionel Venne. — Photos : Courtoisie
Le regretté Lionel Venne.
Photos : Courtoisie

L’artiste visuel bien connu au Témiskaming, Lionel Venne est décédé à l’Hôpital du Témiskaming le 17 avril à la suite d’une fracture de la hanche causée par une chute. Il laisse un œuvre imposant de peintures, sculptures et tapisseries ainsi que plusieurs carnets de notes et de croquis. Une célébration de vie aura lieu à la Galerie d’art du Témiskaming le 31 mai.

«Le monde est un peu moins coloré sans Lionel Venne»
00:00 00:00

Dans le livre que Felicity Buckell lui a dédié, Lionel Venne : Entrelacer le soleil, elle note : «Au cours de ses cinquante ans de carrière, l’artiste visuel canadien, Lionel Venne, a conquis le cœur et l’imagination du public du monde entier avec ses œuvres colorées, diversifiées, souvent ludiques et toujours séduisantes».

 

Lionel Venne est né à Verner en Ontario en 1936. Bien qu’il ait voyagé dans le monde entier, Lionel a passé la plupart de ses années dans le nord de l’Ontario, où il crée des peintures, des tapisseries et des sculptures en tant qu’artiste professionnel depuis 1972, après 17 ans comme enseignant à l’élémentaire, note l’auteure.

 

Felicity Buckell a travaillé de 2018 à 2023 sur le projet du livre : un survol des étapes de la production artistique de Lionel Venne. «C’est là que j’ai commencé à apprécier plus en profondeur son art, sa vie et son amour profond. Il donnait de l’amour autour de lui et les gens le lui rendaient bien». Avec son décès, Félicity Buckell résume ses sentiments avec ces mots : «Oui, le monde est un peu moins coloré sans Lionel Venne. Mais quelle chance que nous avons d’avoir ses couleurs sur les murs : la sagesse de son travail et la chaleur de ses caresses dans nos cœurs»!

 

Autodidacte, Lionel Venne a exploré l’huile, la plume, l’encre et l’aquarelle ainsi que le tissage. L’artiste reconnaît l’importance de sa grand-mère dans le développement de son talent. Pendant que les deux travaillaient dans le jardin, il raconte : «Le plus beau et le plus profond mot que ma grand-mère m’a dit est “regarde” le ciel, la terre, le jardin».

 

Comme artiste, il a toujours été actif sur la scène artistique du Témiskaming. Membre fondateur et premier conservateur de la Galerie d’art du Témiskaming, Lionel Venne a donné d’innombrables ateliers de création pour les enfants et aimait dire : «Tout le monde a une étincelle de créativité».

 

Jusqu’aux derniers mois, Lionel Venne vivait à Elk Lake dans une ancienne école élémentaire qui lui servait de studio. Une des salles de classe avait été aménagée en chapelle, il était le diacre pour la communauté. Lionel Venne était très religieux et empreint de spiritualité : «Je ne peux pas expliquer ce mot, mais si je peignais le mot “spiritualité”, je peindrais la lumière du soleil entre les feuilles jaunes d’automne scintillants dans un brise douce. Dieu vient à nous dans le silence… doucement».

 

«Les gens au Témiskaming appréciaient cet homme humble qui entendait ce que les gens disaient», dit sa belle-sœur Louise DeJoseph. Sa porte était toujours ouverte et il était toujours disponible. Durant sa vie, il était vu comme un guide doux et inspirant. Réjeanne Massie, qui l’a bien connue, a dit : «On est chanceux d’avoir cet artiste exceptionnel dans notre région».

 

Bien que Lionel Venne ait vendu des toiles à l’international, il avait un lien particulier avec la population du Témiskaming. Ses expositions étaient une occasion de rassemblements et ses toiles se vendaient bien. Une admiratrice de l’artiste avait dit : «Ça fait longtemps que je voulais une peinture de Lionel; enfin, j’ai mon Lionel».

 

Lors de sa dernière exposition locale, un couple s’est présenté avec ses deux enfants : «On est venu pour que nos enfants choisissent chacun une toile de Lionel». Même les enfants l’appréciaient. À ce moment-là, il était bien diminué, et il tenait quand même à être présent : «Il n’a jamais laissé sa santé le définir», explique Louise DeJoseph.

 

Dans ses derniers jours, lors d’une conversation avec son frère adoptif, Ian DeJoseph, celui-ci lui a dit : «Quand j’étais enfant, tu as pris soin de moi et maintenant, c’est à mon tour de prendre soin de toi, on a complété la bouche ensemble». À cela, Lionel a répondu : «C’est parce que comme ainsi que ça devait arriver». «Je le manque terriblement. Je n’ai que de bons souvenirs; il a pris une grande place dans nos vies», conclut Ian DeJoseph.