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le Mardi 19 mai 2026 11:20 Arts et culture

Retour sur le lancement de l’ouvrage Des vies sous la terre, des vies sur la terre

De gauche à droite : Julie Boissonneault, Simon Laflamme, Rachid Bagaoui et Donald Dennie. — Photo : Lise Dugas
De gauche à droite : Julie Boissonneault, Simon Laflamme, Rachid Bagaoui et Donald Dennie.
Photo : Lise Dugas

À l’occasion du Salon du livre du Grand Sudbury, le lancement du livre Des vies sous la terre, des vies sur la terre, publié par la Société historique du Nouvel-Ontario (SHNO), a eu lieu le samedi 9 mai au Bistro de la Place des Arts du Grand Sudbury.

Retour sur le lancement de l’ouvrage Des vies sous la terre, des vies sur la terre
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Pour lancer ce numéro 104 des Documents historiques de la SHNO, les trois auteurs, soit Messieurs Rachid Bagaoui et Simon Laflamme, professeurs à l’Université laurentienne, et M. Donald Dennie, professeur à la retraite, ont participé à une causerie animée par Julie Boissonneault, professeure émérite à l’Université Laurentienne.

 

Même si les auteurs ont tous mis la main à la pâte pour le livre, chacun a contribué plus spécifiquement à des sections spécifiques. M. Bagaoui est responsable de l’introduction portant sur la sociologie du travail; le premier chapitre est le produit d’extraits du livre de M. Dennie intitulé Une histoire sociale du Grand Sudbury. Le bois, le roc et le rail. Le deuxième chapitre relate les histoires de vies de 28 mineurs, dont la majorité sont à la retraite, et le dernier chapitre, rédigé par M. Laflamme, porte sur la textométrie de ces histoires. 

 

Ce livre a quand même été un projet de longue haleine, le tout ayant débuté en novembre 2014 par des entrevues auprès des mineurs qui se sont étalés jusqu’en mai 2015. À l’origine, comme l’explique M. Bagaoui, ça devait être des récits de vie plutôt qu’un livre socio-historique. Après discussion avec M. Dennie, de façon non planifiée, ce dernier a fait appel à des mineurs potentiels, tous de Sudbury et des environs, qui accepteraient d’être interviewés. Le résultat final : 28 entrevues de personnes qui ont travaillé pour les deux compagnies minières de la région, dont onze francophones et dix-sept anglophones. À part les mineurs, une femme, secrétaire de bureau à la compagnie Falconbridge qui en connaissait beaucoup au sujet des mines en côtoyant les mineurs sur une base journalière, ainsi qu’un prêtre, qui lui aussi avait connu plusieurs mineurs ayant été curé de paroisse à Creighton, ont été interviewés. M. Laflamme s’est occupé de la transcription des entrevues ainsi que de l’analyse textométrique après quoi les trois auteurs se sont occupés de la rédaction du livre.

 

Une phrase qui a marqué la causerie est la suivante : comment les mineurs ont façonné la ville et comment la ville a façonné les mineurs. Ces derniers ont contribué à l’expansion démographique et physique de Sudbury compte tenu du fait que plus de 20 000 d’entre eux étaient employés par les compagnies minières INCO et Falconbridge. Aujourd’hui, à la suite de l’automation et de la mécanisation des opérations minières, le nombre actuel de mineurs se chiffre par quelque 4 000 travailleurs.

 

M. Bagaoui a mentionné qu’il était important de faire revivre cette mémoire, de contribuer à la transmission de ce savoir à travers les témoignages. M. Dennie a apprécié le côté humain des entrevues et a mentionné être très surpris à quel point le travail de mineur s’était transmis de génération en génération pour les trois-quarts des mineurs interviewés. M. Laflamme a discuté des similitudes des histoires.

 

Au cours de la causerie, il a également été question du rôle que M. Éli Martel (ancien membre du Nouveau Parti démocratique ainsi que député à l’Assemble législative de  l’Ontario de 1967 à 1987) a joué pour protéger la santé et la sécurité des mineurs, ainsi que du regroupement des épouses des mineurs qui se sont rassemblées pour exposer les maladies industrielles. 

 

La causerie s’est avérée très intéressante sauf pour le fait qu’on pouvait à peine entendre les interlocuteurs puisque le va et vient des gens dans le foyer de la Place des Arts qui parlaient très fort entre eux a nui à l’agrément de l’entretien. 

M. Laflamme a remercié le Bureau des affaires francophones de l’Université Laurentienne pour sa contribution financière à la publication de cet ouvrage.