le Jeudi 23 juillet 2026
le Mercredi 11 février 2026 9:00 Éducation

Les professeurs de la Laurentienne cessent leur grève et évoquent «un petit pas vers l’équité»

Les professeures et professeurs de l'Université Laurentienne ont tenu leur dernier rassemblement le vendredi 6 février, totalisant deux semaines de grève. — Photo : APPUL
Les professeures et professeurs de l'Université Laurentienne ont tenu leur dernier rassemblement le vendredi 6 février, totalisant deux semaines de grève.
Photo : APPUL

La grève de trois semaines à l’Université Laurentienne a pris fin lundi de cette semaine après que les membres de l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) eurent approuvé les dernières offres de l’administration.

Les professeurs de la Laurentienne cessent leur grève et évoquent «un petit pas vers l’équité»
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En effet, 74 % des membres ont approuvé l’entente alors que 26 % l’ont rejetée. La nouvelle convention collective de trois ans, soit du 1er  juillet 2025 au 30 juin 2028, a reçu l’approbation du conseil des gouverneurs de l’institution.

Selon cette nouvelle convention collective, les membres à plein temps recevront une augmentation annuelle de 4,25 % à compter de juillet 2025. Les professeures et les professeurs ainsi que les cliniciens à temps plein recevront une augmentation du taux de l’allocation professionnelle de 2 450 $ à 2 600 $. Les conseillers et les conseillères recevront une augmentation de 500 $ à 1 200 $ par année. Les membres présents au début de l’imposition de la Loi sur les arrangements des créanciers avec les compagnies (LACC) recevront un paiement unique de 6 000 $, alors que les nouveaux employés et les conseillers recevront un paiement unique de 2 500 $.

Les directeurs et directrices de départements et d’écoles bénéficieront d’une réduction de cours portée à neuf crédits avec une allocation fixée à 4 000 $. Pour leur part, les chargés de cours recevront une augmentation générale de salaire de 4 % pour les deux premières années de l’entente et 2 % la troisième année.

En ce qui a trait à la demande de l’APPUL de transférer le régime de retraite de l’université au Régime de retraite des universités ontariennes (RRUO), la nouvelle convention collective prévoit la création d’un processus structuré pour évaluer une éventuelle adhésion au RRUO, ce processus s’échelonnant jusqu’en novembre 2026. Aucun changement au régime de retraite ne découle de cette entente. De nombreuses autres stipulations d’ordre technique sont prévues dans la nouvelle convention collective.

«L’écart avec les autres universités maintenu» 

«Malheureusement, cette nouvelle entente maintiendra un écart entre nos conditions de travail et celles offertes dans les universités ailleurs dans la province», a déclaré M. Fabrice Colin, président de l’APPUL, par voie de communiqué de presse. 

«Il ne s’agit qu’un petit pas vers l’équité. L’administration de l’Université Laurentienne a raté l’occasion de rétablir la confiance et de travailler avec nous à la reconstruction d’une université plus forte et meilleure à la suite de la faillite de 2021.»

M. Colin poursuit : «Nous avons réalisé certains gains pour nos membres lors de cette ronde de négociations, mais sur la question plus large du rétablissement de la confiance, l’Université Laurentienne nous a fait défaut, à nous, à nos étudiantes et étudiants, ainsi qu’à la communauté du Nord. Nos membres ont voté aujourd’hui pour organiser un vote de défiance à l’égard du conseil des gouverneurs et de la haute direction ».

Après avoir travaillé sous une convention imposée pendant cinq ans, cette ronde de négociations constituait la première occasion de négocier de façon significative à la suite du processus de la LACC. Les membres de l’APPUL espéraient réaliser des avancées importantes afin de restaurer ce qui avait été perdu durant les procédures de faillite.

«Nous sommes prêts à retourner en classe pour soutenir nos étudiantes et étudiants, a poursuivi le président de l’APPUL, et offrir l’éducation de grande qualité qu’ils et elles méritent. Nous le ferons sans hésiter. Mais pour nos membres, il y a bien peu de raisons de célébrer après des années de compressions de programmes, de pertes d’emplois et de réductions de salaires».

«Fantôme à la table»

M. Colin a également dénoncé le gouvernement provincial de Doug Ford, le qualifiant de «fantôme à la table». 

«Il est devenu clair pour nous que le ministère tire les ficelles de l’Université Laurentienne tout en refusant de se montrer à la table de négociations. Cela a rendu toute négociation équitable impossible», a déclaré M. Colin. 

Et d’ajouter : «Nous avons dû déposer une plainte pour pratique déloyale de travail auprès de la Commission des relations de travail de l’Ontario en raison du manque flagrant de transparence et de responsabilité de la part de l’Université. L’ensemble du processus a été extrêmement frustrant».

M. Colin a également souligné la contestation fondée sur la Charte actuellement intentée contre le gouvernement de l’Ontario, au motif qu’il interfère dans le processus de négociation collective par l’entremise de l’entente de prêt de sortie de la LACC.

Cette nouvelle convention collective fait suite à la reprise des négociations avec l’aide d’un médiateur la semaine dernière à la suite de laquelle l’Université Laurentienne avait déposé ce qu’elle appelle une offre finale. On s’attend à ce que les cours reprennent prochainement, alors que la semaine de relâche prévue pour la semaine prochaine n’aura pas lieu.