Il s’agit de la deuxième étape des États généraux de l’AFO qui ont débuté en 2025 avec un portrait statistique de la communauté franco-ontarienne.
«Vous allez nous aider à décider des choses à faire au congrès de cette année», a précisé le directeur-général de l’AFO, M. Peter Hominuk, qui agissait comme animateur de la rencontre. «Les États généraux sont divisés en trois sections. La première, appelée Comprendre ensemble, qui s’est terminée en 2025, avait pour objectifs d’effectuer des études, un sondage et une analyse de la situation actuelle dressée par la firme PGF d’Ottawa afin d’essayer de comprendre ce qui se passait à travers les chiffres. Cette étape a produit un Livre vert qui est un portrait de la situation actuelle, un genre de photo d’où se trouve la communauté aujourd’hui.»
La deuxième étape, baptisée Agir ensemble, consiste en cette tournée de consultations communautaires afin de dresser des priorités, des pistes et des choix collectifs. Elle aidera à confectionner un Livre blanc qui servira aux participantes et aux participants du prochain congrès à produire un plan d’action lequel constitue la troisième et dernière étape de ces États généraux.
M. Hominuk a informé les 55 membres présents à la rencontre que bien que le nombre de francophones ait augmenté au cours des dernières années, son poids démographique – c’est-à-dire son nombre comparé à la population totale de la province – a effectivement baissé. «En 1991, ce poids démographique se situait à 5,5 % alors qu’en 2026, il est de 4,6 %», a-t-il précisé. «D’un côté, le nombre a augmenté, il se chiffre à 585 000, mais son poids a diminué.»
Selon le directeur-général, l’accroissement naturel de la population francophone ne permet pas d’influencer le poids démographique. Selon des études, alors qu’on prévoit 225 000 décès des francophones au cours des 25 prochaines années, il n’y aura que 125 000 naissances. Pour aider à corriger cette situation, il faudra compter sur l’immigration francophone. L’an dernier, l’Ontario a admis 20 000 immigrants et immigrantes francophones dont 12 000 se sont installés dans la région d’Ottawa, 6 000 dans la région de Toronto et le reste dans d’autres centres de la province dont 485 dans le Grand Sudbury. «Pour atteindre le poids démographique de 6,1 % que nous avions en 1971», a souligné M. Hominuk. «Il faudrait admettre 580 000 immigrants et immigrantes francophones au cours des prochaines années».
Mais il ne suffit pas de les admettre, a-t-il poursuivi, il faut aussi savoir les intégrer, les aider à développer un sentiment d’appartenance à la communauté francophone sans compter le fait qu’ils et elles doivent pouvoir se trouver des emplois.
Après avoir dressé ce portrait d’ensemble, le directeur-général a invité les membres présents à se répartir en groupes afin de discuter de quatre thèmes : immigration et sentiment d’appartenance, services en français, structures et coordination, gouvernance. Les participantes et participants avaient 20 minutes pour discuter de chacun de ces quatre thèmes.
«Je suis très heureux de la journée», a admis M. Hominuk au Voyageur. «Il y avait beaucoup de dynamisme, il y a eu des discussions très intéressantes. On voit bien ici le dynamisme de la région de Sudbury. On voit des gens qui croient beaucoup dans le travail qu’ils font auprès des communautés. J’ai bien hâte de voir les résultats des discussions des groupes. Je sens qu’il y a beaucoup de bonnes choses qui vont sortir des discussions d’aujourd’hui.»
«Chaque région est unique mais le Grand Sudbury c’est l’une des communautés qui va bien. C’est une communauté qui a beaucoup de dynamisme, qui a des structures pas mal fortes. Donc on commence à partir d’une base très solide ici.»
M. Hominuk a dit avoir hâte de lire le Livre blanc qui sera publié en septembre ainsi que le plan d’action qui sortira du congrès. «C’est sans doute une vision qui va changer un peu les approches dans certaines communautés. On a des défis importants à surmonter», a-t-il conclu.