le Jeudi 22 octobre 2026
le Jeudi 22 octobre 2026 10:35 Francophonie

La question de la lutte contre la discrimination a été au centre du Forum régional du Réseau du Nord

BV : Le Forum a également compté un panel qui a eu pour thème «S’équiper pour lutter contre la discrimination».  — Photo : Le Réseau du Nord
BV : Le Forum a également compté un panel qui a eu pour thème «S’équiper pour lutter contre la discrimination».
Photo : Le Réseau du Nord

La question de la discrimination à l’égard des immigrants francophones noirs dans le Nord de l’Ontario a fait l’objet de présentations lors du Forum régional du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario (RSIFNO), tenu à North Bay, les 14 et 15 octobre. Le forum faisait son retour après huit ans d’absence.

La question de la lutte contre la discrimination a été au centre du Forum régional du Réseau du Nord
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Ines Bougerra, Ph.D. a d’abord effectué une présentation intitulée État des lieux de la discrimination : perception et expérience des immigrants francophones noirs au cours de la matinée du 14 octobre, qui a été suivie d’un panel de quatre membres qui se sont prononcés au sujet de comment s’équiper pour lutter contre la discrimination.

Mme Bouguerra, actuellement gestionnaire des services et programmes en immigration du Collège Boréal (Nipissing), a présenté les résultats d’une étude effectuée en 2020-2021, qui examine l’intégration des nouveaux arrivants francophones noirs à Sudbury. Pour la précision, cette étude avait été rédigée par Ines Bouguerra pour le compte du Réseau du Nord, où elle occupait, à l’époque, le poste d’agente de développement socioéconomique. 

Pour réaliser cette étude, elle a fait un sondage par questionnaire auprès de 173 immigrants francophones, ainsi que des entrevues d’une trentaine de francophones noirs. 

«Selon les résultats, la discrimination est perçue par 32 % des immigrants noirs», a-t-elle déclaré. 

«Mais il y a une différence entre la perception et l’expérience de la discrimination. Au niveau de l’expérience, 57 pour cent des répondants ont dit avoir vécu l’expérience de la discrimination.»

Cette discrimination envers les immigrants francophones noirs est plus perçue et vécue entre 6 ans et 10 ans de résidence dans la communauté de Sudbury et les personnes âgées entre 25 et 45 ans vivent davantage de discrimination. Même les immigrants noirs bilingues vivent et perçoivent de la discrimination.

«Ces francophones noirs vivent cette discrimination le plus souvent dans deux domaines en particulier», a-t-elle poursuivi. «Soit dans l’accès aux services publics et dans le domaine de l’éducation. En ce qui a trait aux services publics, ils sont plus anglophones que francophones, ce qui explique en partie la discrimination. Les immigrants francophones retournent souvent aux études et c’est un domaine où existe la discrimination. Alors, la discrimination existe, elle est perçue et vécue.»

«On a voulu connaître le degré d’inclusion des francophones noirs dans la communauté francophone locale. Les résultats montrent que 55 % se sentent inclus grâce à l’accès aux services en français. La communauté locale doit travailler toutefois à parfaire la complétude institutionnelle, c’est-à-dire travailler à consolider les services en français.»

 Inès Bouguerra, Ph.D., auteure de l’étude «État des lieux de la discrimination : perception et expérience des immigrants francophones noirs à Sudbury», et Jaqcue Fanche du Carrefour francophone.

Photo : Donald Dennie

L’étude a cherché à connaître le degré d’inclusion dans la communauté locale selon les années de résidence. «La première année, les francophones noirs sont bien accueillis», a précisé la conférencière. «Tout le monde leur souhaite la bienvenue, Après la première année jusqu’à cinq ans de résidence, le sentiment d’inclusion baisse. On commence des études, on commence à vouloir trouver sa place dans le milieu du travail. Alors on commence à rencontrer des obstacles liés à l’intégration des nouveaux arrivants. Donc, le sentiment d’inclusion de la communauté francophone noire décline jusqu’à 10 ans. Selon l’étude, il faut à peu près 10 ans de résidence à Sudbury pour se sentir inclus dans la communauté francophone locale tout comme dans la communauté anglophone.»

En revanche, admet Mme Bouguerra, ce qui est alarmant c’est l’assimilation. «Après 10 ans, on a des immigrants francophones qui vont commencer à s’assimiler à la communauté anglophone.» De plus, la communauté francophone d’accueil vit un certain protectionnisme culturel. «Les francophones locaux veulent protéger leur capital culturel. Pour eux, les nouveaux arrivants constituent un danger pour leur culture. Dans un contexte minoritaire, ils veulent protéger leur culture, leur identité. Ils ne veulent souvent pas dialoguer avec les nouveaux arrivants à cause de l’accent. Linguistiquement, ils ne se sentent pas capables de mener une conversation en français avec les nouveaux arrivants. Pour eux, ces derniers maîtrisent davantage la langue française. Pour ne pas parler à un francophone noir, ils vont utiliser l’anglais car, inconsciemment, ils voient que les francophones noirs ne maîtrisent pas l’anglais. C’est donc une forme de micro-agression.»

Selon Mme Bougerra, «on n’a pas suffisamment préparé la communauté d’accueil à cette vague d’immigrants noirs. Il faut préparer à la diversité culturelle, à la diversité des couleurs».

Le panel qui a eu lieu en début d’après-midi intitulé S’équiper pour lutter contre la discrimination comprenait quatre membres de diverses associations francophones canadiennes, c’est-à-dire la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), l’Ontario Council of Agencies Serving Immigrants (OCASI) et le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury. Ce panel visait à outiller les organismes et fournisseurs de service dans la lutte contre la discrimination, ainsi que dans la promotion de l’équité, de la diversité, de l’inclusion et de l’accessibilité. À travers la présentation de la stratégie de l’AFFC, ainsi que le partage d’outils et de formations de la FCFA et d’OCASI, la session a offert à la centaine de participants un panorama des ressources disponibles et des partenariats stratégiques pour renforcer leurs compétences et transformer leurs pratiques d’accueil.