Avec les informations de Marianne Dépelteau.
«Le Canada met en œuvre notre plan frontalier de 1,3 milliard de dollars — on renforce la frontière avec de nouveaux hélicoptères, de nouvelles technologies, plus de personnel, une coordination accrue avec nos partenaires américains et plus de ressources pour lutter contre le trafic de fentanyl. Près de 10 000 agents sont et seront sur le terrain pour protéger notre frontière», indique Justin Trudeau sur Twitter/X.
Le Canada avait répondu à la menace d’imposition de tarifs douaniers américains en annonçant des contre-tarifs de 25 % sur 155 milliards de dollars de produits exportés au Canada par les États-Unis. Les provinces ont aussi annoncé des mesures ciblées.
Des produits américains d’une valeur totalisant 30 milliards de dollars seraient taxés si les tarifs américains entraient en vigueur dans un mois. Une deuxième vague de tarifs douaniers était aussi prévue sur 125 milliards de dollars.
Ces contre-tarifs étaient une réponse à l’annonce du samedi 1er février du président des États-Unis, Donald Trump, qui a dit vouloir imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations du Canada, sauf le pétrole, le gaz et l’électricité, qui seront taxés à 10 % à partir du 18 février.
«Cette décision met en péril une relation économique historique», a commenté Justin Trudeau, lors d’une conférence de presse en soirée le 1er février.
Le Mexique a aussi été visé par des tarifs de 25 % et a obtenu un sursis d’un mois avec une promesse similaire. La Chine devra composer avec des tarifs de 10 %, qui s’ajoutent à des taxes à l’importation déjà existante.
Contre-tarifs ciblés
Une grande partie de la liste des 1200 produits visés par les représailles canadiennes inclut des produits alimentaires : produits laitiers transformés, viande, fruits, jus de fruits, légumes et des boissons alcoolisées en font partie. On y retrouve également des parfums, des articles textiles, des chaussures, des appareils électroménagers ainsi que des matériaux de construction, tels que du bois de charpente et des plastiques.
Le premier ministre canadien a expliqué que, dans le cadre de la réponse canadienne aux tarifs douaniers imposés par les États-Unis, il envisage avec les provinces et territoires d’autres mesures non tarifaires. Certaines pourraient concerner les minéraux critiques, l’approvisionnement en énergie et «autres partenariats», a-t-il indiqué.
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a aussi annoncé la résiliation d’un contrat avec Starlink, qui fournit un service internet pour des régions rurales. Starlink a été fondé par le milliardaire Elon Musk, un proche de Donald Trump.
Justin Trudeau a également assuré que les provinces et territoires «ont tous appuyé» l’approche du gouvernement fédéral. «On est unis et solidaires, a-t-il dit. On est aussi alignés pour faire tomber les obstacles qui freinent le commerce entre nos provinces et territoires et rendre ça plus facile pour les consommateurs de choisir les produits de chez nous.»
L’une de ses préoccupations principales pour les tarifs douaniers sera de ne pas affecter disproportionnellement certaines régions ou industries du Canad
Le maire de Sudbury, Paul Lefebvre
Le maire de Sudbury évoque des «tarifs douaniers américains inutiles»
Le maire du Grand Sudbury, Paul Lefebvre, a indiqué dans un communiqué rendu public le dimanche 2 février, que sa ville «est depuis longtemps un partenaire de confiance qui fournit aux États-Unis les minéraux essentiels et les minéraux de terres rares indispensables à la fabrication, à la technologie de pointe et à la sécurité nationale».
Il a précisé que «les États-Unis sont un importateur net de 43 minéraux du Canada et comptent sur nous pour 50 à 80 % de leurs besoins, y compris le nickel de haute qualité que l’on trouve ici même dans le Grand Sudbury. Notre région alimente l’Amérique du Nord depuis des générations, soutenant des industries et même des efforts militaires remontant aux guerres mondiales».
Pour lui, «perturber ce partenariat par des droits de douane inutiles est un manque de vision et risque de nuire à des relations commerciales qui profitent aux deux pays. Ces politiques auront des conséquences réelles pour notre secteur minier, nos travailleurs et notre économie locale».
Et d’ajouter : «Les voix qui finiront par convaincre le gouvernement américain de revenir sur cette politique désastreuse viendront des États-Unis eux-mêmes. C’est pourquoi il est essentiel que nous continuions à travailler en étroite collaboration avec nos alliés et partenaires au sud de la frontière – les leaders de l’industrie, du gouvernement et des syndicats – qui comprennent l’importance de nos relations commerciales de longue date».
Pour conclure, le maire Lefebvre a martelé que «nous devons faire comprendre que ces droits de douane ne sont pas seulement contre-productifs, mais qu’ils menacent les chaînes d’approvisionnement dont dépendent les États-Unis».
Il a aussi «soutenu pleinement les mesures fortes prises jusqu’à présent par les gouvernements provincial et fédéral pour résoudre ce problème, et je travaillerai avec d’autres maires pour explorer toutes les options possibles afin de soutenir nos industries locales, de protéger les emplois et de renforcer nos communautés en cette période difficile».
Synthèse de M.M