Pour la population du district de Témiskaming-Cochrane, l’hiver rappelle d’innombrables accidents sur la Route 11 et d’interminables fermetures de la route. Elle a aussi l’impression que le gouvernement provincial ne reconnaît pas les inquiétudes de voyager sur cette route.
«J’ai peur de prendre cette route». «Je suis inquiet quand j’attends la visite de mes enfants». «Mon enfant doit prendre l’autobus scolaire et ça me stresse». «La population du Nord est oubliée par le Sud». «J’entends continuellement des inquiétudes comme ça au cours de mes déplacements», affirme John Vanthof, député provincial du district de Témiskaming-Cochrane.
«Je me fais souvent demander pourquoi je pousse tant la question de sécurité sur la Route 11», dit John Vanthof. «La route a un impact sur nos vies de tous les jours. La vie est bonne ici, mais dans certains cas, des vies ont été perdues, et aucune famille ne devrait avoir à payer si cher pour vivre dans une région rurale».
213 fermetures entre janvier et septembre 2025
En plus des mortalités trop fréquentes, la Route 11 est souvent fermée. Les statistiques de la Police provinciale indiquent qu’en 2024, la Route 11 a été fermée 178 fois pour 35158 minutes. En 2025, à la fin de septembre, il y a eu 213 fermetures pour 45 945 minutes. En cas d’accidents avec une mortalité, la Route 11 peut être fermée plus d’une demi-journée.
Les conditions hivernales peuvent être une cause de fermeture de la route comme en cas de verglas. John Vanthof voudrait que l’entretien hivernal soit assumé par le ministère du Transport de la province. Présentement, il y a des tronçons qui semblent bien entretenus et d’autres moins; cela dépend de l’entrepreneur.
Dans le Nord-est de l’Ontario, le sujet de conversation de la population n’est plus le temps qu’il fait dehors, mais les inquiétudes associées à la Route 11. L’industrie du camionnage a compris qu’il est plus rentable de prendre la Route 11 que la Transcanadienne (la Route 17) parce que dans la région du lac Supérieur, les nombreuses côtes usent le système de freinage des camions.
Le volume de camions lourds pointé du doigt
Pour plusieurs, la Route 11 est devenue la Transcanadienne. «Je ne m’étais jamais rendu compte de l’augmentation du volume de camions lourds. Et à l’avenir, je vais appuyer toutes les démarches de John Vanthof», dit Pauline Rochefort, députée fédérale pour Nipissing-Témiskaming. «Mon frère a compté 56 camions lourds entre New Liskeard et Temagami l’autre jour», rapporte Yvon Toupin de Témiskaming Shores.
Bien que les routes soient de juridiction provinciale, Pauline Rochefort et l’Association libérale du district de Nipissing-Témiskaming ont adopté une résolution formelle pour des investissements pour des travaux d’élargissement, de doublage de voies et de réalisation de tronçons 2+1. Toutes les municipalités le long de la Route 11, le monde agricole, ainsi que des compagnies privées revendiquent aussi ces investissements.
De son côté, John Vanthof et plusieurs autres députés du Nord de l’Ontario ont présenté un projet de loi pour l’amélioration de la sécurité de la Route 11. Il a été défait le 3 novembre dernier. «On croit que ce sont les clauses touchant la certification des chauffeurs de camions lourds qui s’aventurent sur la Route 11 qui ont fait échouer le projet de loi», dit Lindsay Inglis du bureau du député.
Excès de vitesse : augmenter les patrouilles de police ?
Le projet de loi proposé par les néo-démocrates de John Vanthof proposait d’ouvrir les postes d’inspection encore plus souvent et d’augmenter les patrouilles de la Police provinciale. Il est parfois à se demander si la Route 11 n’est pas devenue une piste de course tant la vitesse de certaines autos effraie. Pour preuve, 62% des accidents enregistrés entre le 1er janvier 2024 et le 21 octobre 2025 sont dus à des collisions. Les automobilistes qui suivent les limites de vitesse se plaignent souvent de se faire pousser par des autos qui les talonnent.
Enfin, la question des lignes blanches, qui ne sont que des suggestions en Ontario, invite certains automobilistes à prendre des risques. «Quand je me rends à North Bay, je conduis de façon extrêmement prudente et je me prépare à réagir chaque fois que je sais qu’une courbe s’en vient», affirme Jean-Yves Labonté de Témiskaming Shores.