Le maire de Grand Sudbury, M. Paul Lefebvre.
Le maire de Grand Sudbury, Paul Lefebvre, demande au gouvernement de l’Ontario d’intervenir afin d’empêcher cette fermeture qui devrait entraîner la perte d’environ 40 emplois de technologues de laboratoire et le transfert des analyses de tests d’une grande partie du Nord de la province vers Toronto.
«La fermeture de ce laboratoire signifie que des échantillons provenant de l’ensemble du Nord de l’Ontario devront être transportés sur des centaines de kilomètres pour être analysés, a-t-il déclaré. Cela entraînera des retards prévisibles et des risques inutiles pour les patients. Les résidents du Nord de l’Ontario méritent le même niveau de soins et de fiabilité que partout ailleurs dans la province et cette décision met cela en péril».
Pour leur part, les députés néo-démocrates de la région à l’Assemblée législative de l’Ontario, Jamie West de Sudbury et France Gélinas de Nickel Belt, ont écrit une lettre publique à la ministre de la Santé exigeant qu’elle pose des gestes immédiatement pour que le laboratoire demeure ouvert. «La fermeture de ce laboratoire va affecter des milliers de personnes dans le Nord de la province puisque ce service procure l’analyse d’échantillons pour les résidents de Sudbury, Nickel Belt, North Bay, Timmins et plusieurs communautés rurales», ont-ils écrit.
Le maire Lefebvre et les deux représentants à l’Assemblée législative ont souligné que la fermeture du laboratoire allait prolonger l’attente pour l’obtention de résultats des analyses. La fermeture aura de graves conséquences pour les patients qui dépendent des résultats d’analyses rapides et fiables, notamment les personnes atteintes de maladies chroniques, les nouveau-nés, les résidents des foyers de soins de longue durée et les patients qui prennent des médicaments essentiels.
Les députés néo-démocrates de la région à l’Assemblée législative de l’Ontario, Jamie West de Sudbury et France Gélinas de Nickel Belt.
Perte d’emplois et de professionnels qualifiés
M. West et Mme Gélinas ont dit avoir reçu de nombreux appels de la part d’électeurs qui se disent inquiets face à cette fermeture. «Ils et elles craignent d’être obligés de reprendre les échantillons de sang au cas où ces derniers sont perdus en cours de trajet vers Toronto ou qu’ils deviennent périmés si jamais la route est fermée pour une raison quelconque», écrivent-ils.
Et de poursuivre : «Comme vous le savez madame la ministre, nous avons fait part à l’Assemblée législative de ces inquiétudes lors de l’achat de LifeLabs par la compagnie américaine Quest Diagnostics en 2024. Nous vous serions reconnaissants d’étudier l’impact que cette fermeture aura sur notre système de santé».
Quant au maire Lefebvre, il ajoute : «À un moment où la province compte sur le Nord de l’Ontario pour soutenir la croissance économique et des industries stratégiques, il est illogique d’affaiblir l’accès à des services de santé essentiels et fiables dont dépendent les travailleurs et les familles».
Au-delà des pertes d’emplois immédiates, la fermeture réduira le nombre de professionnels qualifiés en laboratoire médical dans le Nord de l’Ontario et perturbera les stages étudiants, accentuant la pression sur une main-d’œuvre déjà fragilisée. Le maire a transmis une lettre à la ministre de la Santé demandant à la province de travailler avec LifeLabs afin de préserver, dans la mesure du possible, la capacité locale de laboratoire, d’assurer des délais d’analyse adaptés aux besoins cliniques et de protéger à la fois les emplois actuels et le développement de la future main-d’œuvre.
Le Voyageur a demandé au directeur exécutif de la Fédération des municipalités du Nord de l’Ontario, M. Mac Baine, les réactions de la Fédération face à cette fermeture. Il a répondu que la Fédération n’était pas au courant de la fermeture de ce laboratoire mais qu’elle allait se pencher sur la question lors de la réunion de son conseil d’administration au cours de cette semaine.
Le Voyageur a de plus fait parvenir un courriel au bureau de la ministre de la Santé pour demander sa réaction. Sa réponse se fait attendre.