le Jeudi 4 juin 2026
le Vendredi 23 mai 2025 13:00 Société

L’Université de Sudbury dotera l’Ontario français d’un institut économique

Serge Miville, recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury. — Photo : Mehdi Mehenni.
Serge Miville, recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury.
Photo : Mehdi Mehenni.

L’Université de Sudbury compte établir un Institut économique de l’Ontario français (IEOF), dont l’objectif consiste à s’engager dans la recherche appliquée et fondamentale, dans le but de proposer des actions stratégiques aux niveaux économique, social, culturel et linguistique. L’objectif sera également d’appuyer la croissance économique, de stimuler l’innovation, de contribuer à la planification de la main-d’œuvre et d’animer la vitalité.

L’Université de Sudbury dotera l’Ontario français d’un institut économique
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C’est ce qu’a annoncé le recteur et vice-chancelier de l’université, Serge Miville, dans le cadre du Forum franco-ontarien des affaires, le jeudi 15 mai.

«Ça fait des décennies qu’on n’a pas eu un centre de recherche dédié aux questions économiques francophones en Ontario, a déclaré M. Miville. La question finalement est de savoir comment on va faire pour utiliser la francophonie économique comme un levier de développement social, culturel, intellectuel et économique ».

Le recteur a dit avoir parlé à plusieurs entrepreneurs et des conseils scolaires pour connaître leurs besoins au niveau de la main-d’œuvre au cours des cinq prochaines années. «Je leur demande quelle est la performance de nos étudiantes et étudiants dans vos entreprises, afin qu’on puisse ajuster nos programmes dans le but qu’ils et elles soient à la fine pointe de la technologie et des compétences nécessaires pour s’assurer que le postsecondaire et le milieu économique performent et qu’ils soient en mesure de développer leur plein potentiel».

Une dimension stratégique 

C’est cette vision qu’a l’IEOF, un genre de «think tank» stratégique qui cherche à réfléchir sur les données et proposer des solutions concrètes. Trois axes stratégiques guideront les travaux de l’Institut : la recherche sociale, linguistique et économique pour développer le capital humain; la collaboration avec les milieux public, privé et parapublic pour planifier la main-d’œuvre et le soutien à l’entrepreneuriat francophone et au développement de nouveaux marchés.

Le recteur a ensuite énuméré des statistiques à la fois alarmantes et encourageantes. «D’abord ce qu’on voit depuis 1971, donc depuis les 50 dernières années, c’est une diminution de 50 % du nombre de personnes qui utilisent le français à la maison dans le Grand Sudbury; une diminution également de 25 % dont la langue maternelle est le français. De plus, il y a un écart de 7,7 % entre les anglophones et les francophones au niveau de la diplomation universitaire». Le développement des talents et des compétences passe nécessairement par le postsecondaire, soit collégial ou universitaire. Il est nécessaire de poser des gestes concrets pour rétablir le balancier à ce niveau-là pour assurer que la francophonie puisse atteindre son plein potentiel, a affirmé M. Miville.

«Un argument économique solide»

Au niveau des statistiques encourageantes, il s’agit des données relatives au revenu médian. «À Sudbury, les francophones gagnent en moyenne 8000 $ de plus que les anglophones. Il s’agit d’un argument économique solide pour investir stratégiquement dans la francophonie », a affirmé le recteur.

L’IEOF entre maintenant dans une phase de consultation auprès des entreprises, des institutions, des associations et de la société civile pour établir une structure de gouvernance et une feuille de route ancrée sur les besoins concrets du terrain. «On veut réfléchir ensemble à comment jumeler économie, culture, société et postsecondaire pour livrer des résultats concrets», a poursuivi M. Miville. Ce dernier s’est dit optimiste en ce qui a trait au financement de cet institut, car il existe des fonds disponibles pour la recherche à l’Université de Sudbury, lesquels serviront au démarrage de l’IEOF.

L’Université de Sudbury compte ouvrir ses portes aux étudiantes et aux étudiants en septembre prochain, soit quatre ans après avoir livré ses derniers cours.