Lors de l’ouverture officielle du nouvel édifice du Témiskaming Lodge en mai 2024, le ministre ontarien de Soins de longue durée de l’époque, Stan Cho, avait laissé entendre qu’il approuverait l’agrandissement de la résidence. «Durant la tournée de l’édifice, le ministre s’était dit impressionné et que tous les résidents de l’Ontario de maisons de soins de longue durée devraient pouvoir jouir d’un tel environnement», avait rapporté le maire de Témiskaming Shores, Jeff Laferriere.
«La nouvelle construction est un prolongement de l’édifice actuel et sera entièrement intégrée à ce que nous avons déjà», explique la nouvelle directrice générale, Sharla Caldwell.
Au commencement de la construction de l’édifice principal, le projet d’agrandissement était déjà prévu. «La cuisine, le chauffage, tout était assez gros pour accommoder 32 nouveaux résidents».
La nouvelle aile devrait ouvrir ses portes dans un délai de 24 mois, selon le coordonnateur des relations communautaires de la firme Jarlett Health Services, Trevor Sykes. «On s’attend à commencer à construire cet été. Tout a été prévu pour qu’il y ait le moins de dérangements pour les résidents, leur famille et les membres de l’équipe. C’est à la demande du ministère de Soins de longue durée que le Témiskaming Lodge s’est lancé dans ce projet pour créer plus d’options de soins à longue durée dans des communautés rurales comme la nôtre.»
Des chambres à deux lits
La nouvelle section ne comprendra que des chambres à deux lits. Le ministère de Soins de longue durée de l’Ontario n’accordera plus de chambres individuelles dans la région, selon une étude qui détermine le niveau de richesse de la région. Les chambres individuelles sont entièrement au frais du résident tandis que dans les chambres à deux lits, les résidents payent le loyer selon leurs revenus et la province accorde une subvention pour le reste.
Présentement, il y a une liste d’attente de 90 personnes selon Santé à domicile en Ontario (autrefois connu sous l’appellation RLISS :Réseau local d’intégration des services de santé). C’est cet organisme qui détermine qui aura accès à un lit dans un établissement de soins de longue durée. « Nous avons zéro contrôle là-dessus», dit Shala Caldwell.
Avec la création d’une quarantaine de nouveaux emplois, le Lodge aura à avoir recours à des agences en attendant de pouvoir embaucher assez de gens avec la formation collégiale. «Plusieurs emplois actuels deviendront des postes à temps plein», assure Sharla Caldwell.
Sharla Caldwell, nouvelle directrice du Témiskaming Lodge.
Pour les soins médicaux, le Lodge embauche une infirmière praticienne, en la personne de Fabienne Nackers, et la médecin Dominique Lachapelle prendra la responsabilité de 90 résidents. Pour ce qui est des autres résidents, les services médicaux seront assurés par des services partagés.
Vers une nouvelle approche
Le Lodge est en processus d’accréditation de deux organismes: Agrément Canada et le Modèle de soins Butterfly. Ce modèle de soins est une approche centrée sur le vécu émotif des résidents. «La formation à cette approche fait partie de l’orientation des nouveaux employés. Ça leur permet de voir s’ils sont à la bonne place», explique Shala Caldwell. «Pour ceux et celles qui sont présentement ici, il y a huit sessions de formations avec de la théorie et de la pratique. Les responsables des différents services démontrent ce qu’on veut voir pour vivre l’approche Butterfly. C’est une approche intégrée qui touche toute l’organisation de haut en bas. En août, l’équipe d’accréditation viendra pour la validation du Lodge à l’approche Butterfly.»
Pour nous, poursuit Sharla Caldwell, «vivre au Lodge veut dire essayer de reproduire tout ce que peut inclure vivre à la maison. Il y a vraiment un élan en ce sens. C’est nous qui vivons dans leur maison; ce ne sont pas eux qui vivent dans notre lieu de travail. On veut que le personnel vive une relation en profondeur avec les résidents, comme s’ils étaient membres de leur famille. On veut désinstitutionnaliser les soins de longue durée».
«Les préposées ne portent pas d’uniformes, ils dansent et chantent avec les résidents. On veut que les résidents se sentent vus, respectés et en sécurité, et qu’il n’y ait pas de mur. J’ai le sentiment qu’on est des leaders dans l’approche Butterfly. Je me sens super fière de travailler ici et de faire que chaque jour est spécial pour nos résidents», conclut Sharla Caldwell.