le Jeudi 4 juin 2026
le Dimanche 17 août 2025 9:00 Société

Yves Simard, un p’tit gars de chez nous, de renommée internationale

Yves Simard photographiant des pingouins au Cap Adare de la mer Ross. — Photo : Courtoisie
Yves Simard photographiant des pingouins au Cap Adare de la mer Ross.
Photo : Courtoisie

Yves Simard est originaire de Chelmsford où il a grandi et demeuré jusqu’à la fin de son adolescence. Père de quatre enfants, Yves est détenteur d’une double citoyenneté franco-canadienne et néo-zélandaise. La semaine dernière, Yves en a profité pour se détendre en compagnie de ses parents à leur maison de campagne, au bord du lac Mesomikenda, à Gogama.

Yves Simard, un p’tit gars de chez nous, de renommée internationale
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Pour se définir professionnellement, Yves se considère comme un directeur de photographie, un producteur technique mais surtout un raconteur. «Je suis un conteur en images.  Dans la culture franco-ontarienne québécoise, le conteur était le bon vivant des équipes de bûcherons. Avant la télévision, la radio et les autres formes de divertissement, le conteur jouait un rôle essentiel pour stimuler l’imagination des travailleurs et maintenir leur moral. Nous sommes une espèce qui apprend à partir d’histoires, nous aimons les écouter et nous aimons les raconter. C’est ainsi que nous apprenons», raconte Yves. Tradition issue de sa culture qui s’est transmise de génération en génération, Yves ne se contente pas de raconter une histoire, il sait capturer la magie du bouche-à-oreille et de l’appliquer à l’art du médium visuel.

Des débuts modestes

Vétéran de la télévision depuis 35 ans, Yves Simard a commencé à travailler à Sudbury à TV7 (connu aujourd’hui sous Eastlink) à l’âge de 14 ans, sous l’aile de nombreux mentors qui l’ont aidé à faire ses preuves et à passer rapidement à MCTV en tant que caméraman pour les actualités de fins de semaine. Nous pouvons citer, entre autres, Joanne Bourré, qui, à l’époque, a assuré sa formation. D’ailleurs, cette dernière y travaille toujours. 

À 19 ans, Yves a acheté sa première caméra et a commencé à travailler comme pigiste, avec son meilleur ami Jeff Tranchemontagne, pour une petite société de production appelée Cinecan. Au fil des ans, ils ont produit des vidéos pour de nombreuses grandes entreprises en Ontario et au Canada, et ont fourni des diffuseurs du monde entier.  Ils étaient la base opérationnelle pour Global TV dans le nord de l’Ontario, de TVO, ainsi que de TFO, produisant la plupart du contenu des reportages au nord de Sudbury. En plus, Yves a travaillé pendant environ un an pour Radio-Canada, en tant que caméraman/monteur avant de se tourner vers l’étranger.

Comme pigiste pour CTV/CanWest/CBC, Yves a été caméraman principal dans plus de 100 documentaires et 25 séries de téléréalités majeures, notamment The Amazing Race, Top Model et Castaway de la BBC. Yves a également été nominé quatre fois pour un prix Emmy dans la catégorie «Meilleure photographie sportive» pour son travail sur les championnats du monde Ironman, qu’il a couverts pendant 15 ans.  

Nouvelle-Zélande

En 1998, Yves s’est rendu en Nouvelle-Zélande, alors que la télé-réalité était encore en plein essor.  Avant Survivor, Yves a travaillé sur Treasure Island aux îles Fidji, où il a tourné plus de quatre saisons d’une émission qui est toujours diffusée aujourd’hui, alors que le format de la télé-réalité venait tout juste de voir le jour. En tant que directeur de la photographie, il a été à la tête du département pour des émissions telles que Amazing Race, Top Model, Biggest Looser, The Mole, X-Factor, Castaway et bien d’autres encore, pendant plusieurs saisons.  Il a également fait ses armes dans le domaine du sport, en couvrant plus de 30 Ironman à travers le monde, y compris les championnats du monde à Kona et à Hawaii pour NBC. C’est là qu’il a été nominé quatre fois pour un prix Emmy et que les émissions ont remporté à plusieurs reprises le prix du meilleur programme. Yves s’est forgé une solide réputation en tant que caméraman de documentaires. Son projet le plus intense est celui de 2007 où Yves a été intégré à l’unité des forces spéciales de l’armée néo-zélandaise pendant trois ans. Il a produit une émission inédite sur les coulisses du fonctionnement d’une unité des forces spéciales, tant à l’entraînement que sur le terrain. Aujourd’hui, Yves est surtout connu en Nouvelle-Zélande pour ses cinq séries Young Riders, son travail d’observation avec le SAS néo-zélandais, Moving Houses, Millennium Teens et The Wheel Life. En plus, il a tourné le film Tickled qu’on peut retrouver au Canada, sur le réseau Netflix. 

Lorsque Yves s’est éloigné de la télé-réalité il y a 10 ans, ses crédits ont évolué vers des projets intéressants : L’histoire du rugby,  Go South – Nouvelle-Zélande, Go Further South Antartica, Antartica from Above, Jeux olympiques d’été de Tokyo, Jeux du Commonwealth, Jeux olympiques d’été de Paris, Jeux olympiques de Pékin, Coupe du monde de rugby féminin, Coupe du monde féminine de la FIFA, Jeux mondiaux de chant choral, Jeux européens de chant choral et America’s Cup

Les projets futurs

Présentement, Yves Simard travaille sur différents projets. Au Canada, il voyage pour compléter sa bibliothèque d’images 4K filmées par drone, et au Danemark, il filmera les European Choir Games. À Londres, au Royaume-Uni, il travaillera sur une série consacrée à la situation des abeilles dans le monde. Son voyage le mènera à travers l’Europe, l’Afrique et les États-Unis, où il interviewera des personnalités connues sur les raisons pour lesquelles elles aiment et défendent les abeilles.

Dernièrement, il a monté un documentaire, le projet Māori (le peuple autochtone de la Nouvelle-Zélande) pour le client néo-zélandais de La galerie des beaux-arts d’Auckland. Le sujet? Le don de la terre de la tribu Māori à l’Anglais Lord Hobson, aujourd’hui la ville d’Auckland.

Yves vient d’apprendre aussi qu’il tournera une 6e série de Young Riders en septembre.

À ce jour, Yves n’a ni cv ni bande démo pour afficher tous ses accomplissements. Il se fie entièrement au bouche-à-oreille : «Quand on travaille depuis 35 ans dans un domaine aussi restreint, les gens savent qui vous êtes ou ont vu votre travail, et s’ils ne le connaissent pas, ils connaissent quelqu’un qui le connaît. Cette recommandation a plus de valeur que n’importe quel appel à froid, et j’ai beaucoup de chance d’être dans une position où les appels viennent à moi… pour l’instant».