M. Lafrenière, qui a contribué au lancement de la collecte en 2001, explique que les gens attendent la collecte et s’y préparent à l’avance. Ainsi, malgré l’absence d’avis envoyés par la poste en raison d’une grève postale, ils ont tout de même réussi à réunir environ 11 tonnes de nourriture et 2 100$ pour la banque alimentaire de Nipissing Ouest.
Selon M. Lafrenière, l’objectif était d’atteindre 25 000 livres (12,5 tonnes) de denrées alimentaires en l’honneur du 25e anniversaire de l’événement, mais cela n’a pas été possible. Il attribue cela à la grève de Postes Canada, qui a empêché l’envoi des feuillets promotionnels avant la collecte du mercredi 8 octobre. «Nous avons essayé de faire passer le message autant que possible sur les réseaux sociaux, et j’ai quand même distribué les 6 000 feuillets dans les magasins, (…) mais quand même,» raconte-t-il.
Cela dit, il est tout de même satisfait du résultat, qui correspond au total de l’année dernière malgré cette difficulté. Il semble que beaucoup de gens n’aient même pas eu besoin qu’on leur rappelle que les élèves viendraient frapper à leur porte pour leur demander des dons alimentaires. «Je pense que les gens y sont habitués. Dans certaines maisons, ils ont une boîte déjà toute prête; nous arrivions et trouvions une grande boîte remplie de provisions,» décrit-il.
En tant que co-fondateur du projet, M. Lafrenière est fier de voir Une canne ça dépanne devenir une tradition non seulement pour son école, mais aussi pour toute la communauté. «C’est cool de voir naître un projet et de le voir se poursuivre. Il s’est développé au fil des ans et a beaucoup évolué, et maintenant la banque alimentaire dépend vraiment de nous,» dit-il.
Ce qui le frappe également, c’est de voir d’anciens élèves qui ont participé à la collecte continuer à faire des dons, et leurs enfants prendre le relais maintenant. «Cela me réchauffe vraiment le cœur de voir que les gens continuent à donner, même en ces temps difficiles. Je suis très fier de cette communauté et de voir le projet continuer à croître,» exprime M. Lafrenière.
Il reconnaît que cette croissance s’accompagne de défis. Le premier consiste simplement à atteindre tous les foyers sur un si vaste territoire. «Il est difficile de frapper à chaque porte. Parfois, les étudiants se perdent, ils manquent une porte, ou ils ont peur de frapper à certaines portes, et parfois ils manquent simplement de temps. Je leur donne environ trois heures, ils doivent être de retour à la banque alimentaire à 20 heures. Après cela, ça devient dangereux, ou tout simplement trop long,» explique-t-il. Le Nipissing Ouest est difficile à couvrir en entier, en particulier dans les zones rurales peu peuplées. M. Lafrenière souligne que dans ces zones, les élèves peuvent passer les trois heures à ne visiter que 25 maisons en raison des distances. Même après 25 ans, l’organisateur continue de chercher des solutions pour atteindre tout le monde.
Le deuxième élément qui pourrait avoir une incidence sur Une canne ça dépanne, c’est le départ à la retraite de M. Lafrenière dans deux ans, car il en est l’un des principaux organisateurs depuis 25 ans. Cependant, l’enseignant reste convaincu que l’événement bénéficie de tout le soutien nécessaire pour continuer, avec ou sans lui. «La volonté de l’école et de la communauté est là. Il y aura toujours des gens qui ont faim, et il y aura toujours des gens prêts à donner,» assure-t-il. Cette année a contribué à renforcer sa confiance. Selon lui, le fait de voir les gens déjà prêts à donner même sans rappel, ça montre que le public est aussi engagé que l’école et les élèves.