le Samedi 4 juillet 2026
le Jeudi 26 mars 2026 16:00 Société

Tempête historique : la Ville affirme avoir priorisé les services essentiels, des citoyens se disent frustrés, d’autres nuancent

Le point sur la situation, fait par le maire Lefebvre, le jeudi 19 mars. — Photo : Capture d’écran.
Le point sur la situation, fait par le maire Lefebvre, le jeudi 19 mars.
Photo : Capture d’écran.

La tempête hivernale qualifiée d’historique qui a déversé quelque 50 centimètres de neige et de verglas sur la région du Grand Sudbury et d’innombrables communautés du Nord-Est de l’Ontario du 15 au 17 mars derniers a laissé des séquelles qui tardent à s’éteindre, soit des routes et des trottoirs à moitié dégagés, des entrées encore embourbées, des histoires de sauvetage et même d’héroïsme, mais surtout d’un hiver qui n’en finit pas.

Tempête historique : la Ville affirme avoir priorisé les services essentiels, des citoyens se disent frustrés, d’autres nuancent
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Un message diffusé sur la page Facebook Dowtown Sudbury par un résident de la rue Regent, le mardi 17 mars, cherchant une machine-pelleteuse à louer.

Photo : Page Facebook Dowtown Sudbury

Cette tempête historique a imposé aussi de sérieux défis aux dirigeants des municipalités enfouies sous cette masse de neige, tel le maire du Grand Sudbury, Paul Lefebvre. Elle a aussi suscité de nombreuses frustrations chez plusieurs citoyens et citoyennes incapables de se déplacer ou à moitié enfouis dans une bordée de neige.

Lors d’une conférence de presse tenue la semaine dernière, à la fin de la tempête, M. Lefebvre a dévoilé le niveau de planification que cet événement a nécessité pour une municipalité qui compte 3 600 kilomètres de routes, soit l’équivalent d’un voyage en voiture de Sudbury à Vancouver en Colombie-Britannique. Au cours des premières 24 heures de la tempête, l’objectif était très clair et évident, soit de pouvoir répondre aux urgences. Pour ce faire, des chasse-neiges ont été déployés pour accompagner les services tels la sûreté municipale, le service d’incendie et paramédical afin de dégager les routes en cas d’urgence. L’accès à l’hôpital Horizon Santé Nord s’est avéré une priorité.

«Il était nécessaire d’assurer que les personnes les plus vulnérables soient en mesure de recevoir l’aide et les soins nécessaires», a déclaré le maire. «Il fallait assurer que les travailleurs et travailleuses essentiels comme les infirmiers et les infirmières ainsi que les médecins puissent se rendre au travail. Ce fut là une décision délibérée et coordonnée. Par conséquent, les résidences de la municipalité ont dû endurer un manque de services. Mais cette décision était nécessaire pour assurer que des vies soient sauvegardées».

Priorité aux services essentiels

Une fois les services essentiels assurés, il est devenu possible et nécessaire de dégager le plus de routes possible. Ce ne fut que deux jours après le début de la tempête que l’attention s’est portée sur les rues des résidences. Les chasse-neiges traditionnels n’ont pas été suffisants pour effectuer tout le travail nécessaire pour dégager les routes. La municipalité a dû faire appel à des entrepreneurs locaux munis de niveleuses et de chargeuses à cause de la pesanteur de la neige et du verglas. 

Selon M. Lefebvre, ce fut une tâche très complexe empirée par le fait que de nombreuses voitures étaient demeurées prises dans la neige et ont dû être abandonnées au milieu des rues. Certaines ambulances sont aussi demeurées enlisées dans la neige ce qui a rendu nécessaire l’arrivée d’autres ambulances pour pouvoir transporter les malades à l’hôpital. En tout, les ambulanciers ont reçu plus de 300 appels pour des services d’urgence au cours de la tempête.

Le président et directeur-général de l’hôpital Horizon Santé Nord, M. David McNeil, a révélé que plusieurs membres du personnel et du corps médical ont dû se rendre au travail en raquettes, en skis, en motoneige, en parc automobile; une personne a dû marcher huit kilomètres pour pouvoir se rendre à l’hôpital. Le tout afin d’assurer les soins d’urgence ainsi qu’aux patients réguliers.

Frustrations sur les réseaux sociaux

Malgré tous ces efforts, certains ont exprimé leurs frustrations via Facebook. Ainsi une dénommée Colette a écrit : «Lors de ces événements extrêmes, les avertissements doivent être émis plus tôt, immédiatement. Une meilleure coordination des routes est nécessaire. Alors que ma rue a été nettoyée à deux reprises, plusieurs autres ne l’ont pas été. Des subdivisions entières n’ont pas encore été nettoyées. Il est temps que le travail de déneigement soit effectué de façon plus intelligente».

À noter que le maire Lefebvre a émis un avertissement de tempête sur sa page Facebook le dimanche 15 mars à 16h30 et que la Ville a émis des communiqués le lundi 16 mars à 7h et 8h30 du matin ainsi que le 17 mars à 21h30.

Quant à Monique Raymond Grenon, elle a écrit également sur Facebook : «Cette tempête nous a appris une leçon : plusieurs choses auraient dû être faites beaucoup mieux. Je comprends que des hommes et des femmes travaillent sur les routes pendant de longues heures et nous l’apprécions. Je pense qu’on aurait dû déclarer une urgence afin que les gens demeurent à la maison au lieu de rester pris dans la neige en tentant de se rendre au travail. J’apprécie tout ce qui a été accompli, mais que cette tempête serve de leçon afin que, lors d’un événement semblable, tout le monde soit mieux préparé».

Des propos nuancés 

Plusieurs citoyens, à l’exemple de Jacqueline Gauthier et Lynne Dupuis ont publié sur Facebook un message largement relayé dans la communauté, à l’occasion : «Aux premiers intervenants qui ont bravé les conditions dangereuses pour nous garder en sécurité, merci pour votre courage, votre constance et votre dévouement inébranlable.

Aux travailleurs de première ligne, des équipes de soins de santé au personnel essentiel qui ont continué à se présenter pour nous tous, votre engagement ne passe pas inaperçu. Vous êtes l’épine dorsale de la communauté. À nos opérateurs de transport en commun qui ont fait bouger les travailleurs essentiels malgré la tempête, merci pour avoir amené les gens là où ils avaient besoin d’aller et pour le faire avec prudence.

Aux nombreux membres de la communauté qui ont pris des nouvelles de leurs voisins, ont dégagé les chemins, offert des manèges, partagé des ressources et ont fait preuve de gentillesse, et aux opérateurs de charrue, des équipes de la ville, aux équipes contractuelles et aux commerces locaux, qui ont travaillé 24 heures sur 24 pendant la tempête souvent dans des conditions difficiles et dangereuses, merci. Dans des moments comme ceux-ci, nous voyons à quel point nous sommes puissants quand nous sommes ensemble. Merci pour avoir fait preuve de résilience, de compassion et de solidarité quand c’était le plus important».

«L’ampleur de la tâche»

Dans la même veine, le même message partagé poursuit : «…beaucoup de gens ne comprennent pas l’ampleur de ce qui se passe dans le Grand Sudbury à ce moment. Nous ne sommes pas seulement en train de déneiger. Nous sommes en pleine crise logistique et technique massive. Le Grand Sudbury maintient plus de 3 700 kilomètres de voies de route. Pour mettre cela en perspective, si vous avez mis cela en une seule ligne, vous envisagez de labourer un chemin de Sudbury à Vancouver.

Quand vous obtenez une décharge de 2 pieds comme nous venons de le faire, déneiger ces 3 700 kms signifie que nous devons déplacer environ 2 millions de tonnes métriques de neige. C’est le même poids que 15 tours CN ou une ligne pare-chocs à pare-chocs de 5 000 semi-camions entièrement chargés s’étendant d’ici à la côte Est. Vous ne faites pas que pousser ça. Vous vous battez à chaque centimètre (…)».