le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 1 avril 2026 10:12 Société

Municipalités : la nécessité de se tourner vers la communauté et le privé pour «devenir un levier de développement»

De gauche à droite : Mélanie Chevrier de l’équipe M, à l’animation, Michelle Boileau, présidente de l’AFMO et mairesse de Timmins, Catherine Bachand, directrice générale de la SÉO, Thomas Mercier, directeur du Réseau du Nord, Paul Lefebvre, maire du Grand Sudbury et Denis Bertrand, directeur général de la PdA. — Photo : Léo Duquette.
De gauche à droite : Mélanie Chevrier de l’équipe M, à l’animation, Michelle Boileau, présidente de l’AFMO et mairesse de Timmins, Catherine Bachand, directrice générale de la SÉO, Thomas Mercier, directeur du Réseau du Nord, Paul Lefebvre, maire du Grand Sudbury et Denis Bertrand, directeur général de la PdA.
Photo : Léo Duquette.

Les organismes communautaires et les municipalités doivent travailler ensemble afin de devenir un levier de développement économique dans leurs régions respectives. C’est en quelque sorte la conclusion d’un panel organisé dans le cadre du congrès de l’Association francophone des municipalités ontariennes (AFMO), tenu à la Place des Arts (PdA) du Grand Sudbury la semaine dernière.

Municipalités : la nécessité de se tourner vers la communauté et le privé pour «devenir un levier de développement»
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C’était le jeudi 26 mars, dans la matinée du deuxième jour de l’évènement. Le panel qui portait sur le thème «Municipalités, innovation, immigration et francophonie : bâtir des collectivités d’avenir» réunissait cinq participantes et participants tels Michelle Boileau, présidente de l’AFMO et mairesse de Timmins, Catherine Bachand, directrice générale de la Société économique de l’Ontario (SÉO), Thomas Mercier, directeur du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario, Paul Lefebvre, maire de la Ville du Grand Sudbury et Denis Bertrand, directeur général de la Place des arts du Grand Sudbury (PdA). 

M. Bertrand a cité la PdA comme exemple de coopération et de travail commun, entre le secteur artistique et culturel et la municipalité du Grand Sudbury, pour attirer des investissements et pour agir comme levier de développement économique pour la revitalisation du centre-ville de Sudbury. 

Cette coopération a commencé par le travail de sept organismes artistiques et culturels – le Carrefour francophone, le Théâtre du Nouvel-Ontario, la maison d’édition Prise parole, la Galerie du Nouvel-Ontario, le Centre franco-ontarien de folklore, la Nuit sur l’étang et le Salon du livre du Grand Sudbury – afin de pondre le projet d’une Place des arts au centre-ville.

L’institution s’est alliée à la municipalité qui, à l’époque, cherchait des projets de développement économique pour le centre-ville. Il y avait donc là un intérêt commun – la revitalisation du centre-ville – qui a mené à un investissement de cinq millions de dollars de la ville dans le projet de construction de la PdA. «L’investissement de la ville s’est avéré le tremplin qui a permis à l’institution artistique et culturelle d’aller chercher d’autres investissements de la part du fédéral et du provincial», a déclaré M. Bertrand. «Ça nous a permis d’aller chercher les 30 millions de dollars nécessaires à la construction de l’édifice». 

Le directeur général a mentionné que la PdA génère aujourd’hui 15 millions de dollars annuellement au centre-ville. Il a de plus révélé la création d’un institut de professionnalisation artistique et culturelle qui va contribuer à attirer des gens à Sudbury, dans le but d’obtenir une formation. «On a beaucoup d’ambition», a-t-il admis. «La part de la municipalité nous permet de nous étendre à l’échelle internationale». Tout ça grâce à un partenariat entre la municipalité et un organisme artistique et culturel qui agit comme un levier de développement économique.

La mairesse de Timmins a ajouté que les municipalités pourraient faire davantage pour contribuer au développement économique en s’alliant et en s’appuyant sur le secteur privé. «Les municipalités peuvent non seulement créer un environnement pour attirer ce secteur, mais elles peuvent aussi créer des ponts entre elles et le secteur privé», a-t-elle précisé. Elle a mentionné que le Canada avait une bonne chance d’accueillir le Sommet de la francophonie en 2028. «Il faut préparer les municipalités à accueillir ce Sommet.» 

Michelle Boileau a relevé, cependant, que les municipalités ont été trop prudentes jusqu’à présent. «C’est un moment crucial pour prendre des décisions courageuses. On doit prendre des risques, saisir les opportunités, mener des projets pilotes. Il y a des choses qu’on peut essayer, innover. Échouer, c’est une façon d’apprendre», a-t-elle précisé, reprenant ainsi les propos du conférencier Hoss Zaouali qui, la veille, avait aussi mentionné les bénéfices de l’échec.

Catherine Bachand croit, pour sa part, que «le développement économique se joue d’abord au niveau municipal», et que «c’est dans les communautés que les résultats se construisent concrètement».

En présentant la SÉO  comme «un partenaire des municipalités», Catherine Bachand a affiché la disponibilité de son organisme à «appuyer l’innovation et aider à mettre en place des solutions concrètes». Une manière, selon elle, d’offrir aux municiapalités «un meilleur accompagnement», considérant que celles-ci «travaillent avec des moyens limités et dans un écosystème de services souvent fragmenté».

La directrice générale de la SÉO a également mis l’accent sur la nécessité de voir «la francophonie, le tourisme, l’immigration et les entreprises francophones comme de véritables leviers de développement économique», partant du principe que «pour réussir durablement, il faut miser sur la collaboration : entre municipalités, avec les partenaires, avec les entreprises, et en pensant aussi à l’accueil et à la rétention des familles, pas seulement des travailleurs».

Le maire du Grand Sudbury, Paul Lefebvre, a fait part d’une récente initiative de la Ville qui vient d’investir 1,6 millions de dollars pour contribuer à la réfection du centre Scotia, au centre-ville, dans le but d’encourager la firme Panoramic d’aménager 82 appartements. Auparavant, ce centre abritait, en plus de la banque Scotia, des bureaux pour les secteurs publics et privés. «C’est la première fois dans une génération que quelqu’un vient investir dans le centre-ville pour y aménager des appartements. À cause de ça, on s’attend à d’autres investissements très prochainement», a-t-il dit. Il a parlé d’un hôtel 4 étoiles et d’un centre de congrès. «Si on ne pose pas de tels gestes, les investissements ne viendront pas.»

Quel rôle l’immigration peut-elle jouer dans la vitalité économique des municipalités, s’est-on demandé. Thomas Mercier a mentionné que, pour la première fois, le pourcentage de l’immigration francophone à Sudbury, soit 26 %, a dépassé le pourcentage de la population francophone résidente dans la ville. «On est dans la bonne direction», a-t-il admis. «Mais il faut assurer le bien-être de ces nouveaux arrivants, assurer leur rétention au cours des prochaines années. Les communautés francophones ont fait leur maximum. C’est au tour du secteur privé de débloquer maintenant, et, pour ça, on a besoin du leadership des municipalités.»

Denis Bertrand a plus ou moins résumé les propos des membres du panel en déclarant : «C’est la concertation entre les différents secteurs» qui va réussir à intégrer l’immigration, la francophonie et le développement économique dans une vision commune. La présidente de l’AFMO a renchéri en déclarant qu’il fallait «rassembler les partenaires communautaires pour discuter des enjeux qu’il faut attaquer. Il faut identifier les acteurs avec lesquels on peut travailler ensemble».