Membre de l’UCFO depuis 55 ans, Thérèse Gosselin a été témoin des changements au sein du mouvement et de la société. Pour cette ancienne agricultrice qui passait ses journées à la ferme, l’UCFO a été très importante : «J’ai tellement aimé être dans l’UCFO. Je n’étais pas seule. C’était une grande famille pour moi. Le fait d’appartenir à mon cercle me fait du bien». Sa présentatrice, Pauline Boucher, n’a pas manqué de souligner l’amour de Thérèse Gosselin pour l’artisanat : «un modèle de passion».
L’invitée spéciale de l’Assemblée régionale annuelle, la députée Pauline Rochefort, a livré un discours bien senti sur l’importance de l’implication féminine dans la société. Elle a d’abord félicité les membres pour leur implication dans la pétition pour rétablir le ministère de Femme et Égalité des genres Canada. «Vous avez posé un geste et obtenu des résultats», affirme la députée. «C’est essentiel d’avoir un ministère qui regarde par la lentille des femmes.»
Pauline Rochefort a aussi parlé du 20 janvier 2025 avec l’assermentation de Trump. Les femmes aux États-Unis sentent que leurs droits sont fragiles. «Les droits des femmes ne se protègent pas tout seuls. Il faut travailler et protéger ce qu’on a acquis pour nos petites-filles.»
La députée a continué sur le même thème : «C’est pas terminé! La violence conjugale est bien présente. Durant la pandémie, les statistiques étaient impressionnantes. Comme mairesse, j’ai voulu passer une résolution pour condamner ça. J’ai été déçu : les hommes de mon conseil ne m’ont pas appuyé».
«En soixante ans, il y a eu du progrès. Aujourd’hui, 70% des filles entreprennent des études postscolaires contre 30% il y a cinquante ans. Mais si l’écart était de 40 cents sur le dollar entre le salaire des femmes et celui des hommes il y a cinquante ans, l’écart est quand même encore de 13 cents. Le travail des mères de famille est non rémunéré et il y a plus de précarité chez les femmes âgées. On peut parler aussi des statistiques sur l’entrepreneuriat féminin, c’est décevant : seulement 18% des entreprises sont détenues majoritairement par des femmes», dit la députée.
Thérèse Gosselin, membre de l’UCFO depuis 55 ans.
«Vous avez encore beaucoup à faire. Continuez à vous porter à la défense des femmes et à les soutenir. Vous faites du beau travail», conclut Pauline Rochefort.
Un des objectifs de l’Assemblée annuelle régionale est de consulter les membres sur des recommandations qui seront débattues à l’Assemblée provinciale de l’UCFO. La rencontre à New Liskeard était aussi l’occasion de fêter les soixante ans du cercle de l’UCFO de New Liskeard et de rencontrer trois autres cercles pour présenter l’artisanat de leur région et en vendre.
Les cercles de la région Témiskaming présents étaient ceux de New Liskeard, Earlton, Chapeleau et Virginiatown. «C‘est beau le virtuel, mais avec le contact humain, les dames peuvent donner une appréciation juste du travail qu’elles font et ressentir la fierté de leurs projets. Quand elles m’en parlent, moi, je me dis : Si elles se sentent comme ça avec leur travail, je veux l’essayer», commente Nicole Labonté.
L’UCFO est un mouvement exclusivement féminin centré sur la religion et la langue. «C’est gratifiant de faire partie d’un groupe de femmes. On a nos affaires. On n’agit pas de la même manière quand nos maris sont là. Tu partages ton vécu avec des amis et tu sais que l’autre comprend de quoi tu parles», explique Denise Joyal de l’UCFO de New Liskeard.
«La réalité des femmes dans les petites communautés rurales n’est pas la même que celles des villes. À l’UCFO, on ressent de la solidarité et on connaît mieux nos voisins. Par exemple, les activités comme le tissage de tapis pour les sans-abris font qu’on se sent essentielles, qu’on a notre place, qu’on a quelque chose à donner et qu’on est appréciées. C’est valorisant de faire quelque chose en groupe; alors ça fait plaisir de continuer. On ne demande pas mieux», ajoute Denise Joyal
Nicole Labonté abonde, avec enthousiasme, dans le même sens :«Être dans l’UCFO, c’est une façon de vivre qui nous appartient. Moi ça m’allume. On a plus le même regard sur l’artisanat après en avoir fait : la courtepointe a une signification différente».