Pourquoi du pain et des jeux? Parce que depuis la création de ces Rendez-vous, il y a 26 ans, pour célébrer la francophonie canadienne, il faut bien avouer que le sort des Canadiens français ne s’est pas beaucoup amélioré.
Bien sûr, le gouvernement fédéral a augmenté l’enveloppe budgétaire pour les organismes francophones canadiens, mais plusieurs ont déjà fermé leurs portes et la plupart tirent encore le diable par la queue. Bien sûr, Ottawa vient d’accepter d’inclure la francophonie dans son programme de subvention pour les services de garde d’enfants. Il y a donc quelques petites avancées, mais la route est encore longue pour que nous atteignions la parité avec les services gouvernementaux fédéraux et provinciaux offerts en anglais.
Prenons l’exemple de l’Ontario. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) présentait récemment ses demandes en prévision du prochain budget fédéral. On y apprend que même si les Franco -Ontariens représentent la plus importante minorité linguistique au Canada, la francophonie d’ici reçoit proportionnellement un financement fédéral plus bas que celles d’autres provinces. L’AFO demande que l’Ontario reçoive 30% du fonds dédié aux organismes communautaires. L’AFO réclame aussi que le gouvernement libéral donne suite à sa promesse électorale de bonifier le Fonds complémentaire pour l’éducation postsecondaire en langue minoritaire à 80 M$ par année. Étant la province qui compte le plus grand nombre d’institutions postsecondaires francophones, cette question est vitale.
Bon, ceci n’est que quelques demandes auprès du fédéral, mais qu’en est-il de la province? Ben, c’est encore pire.
Bien sûr, l’Ontario a une Loi sur les services en français qui vient d’être améliorée, dit-on, mais soyons honnêtes, cette loi est de plus en plus chancelante. Qu’arrive-t-il à la garantie de services gouvernementaux en français quand on en transfère une grande partie dans des magasins Staples? Qu’arrive-t-il aux services de santé en français quand on les transfère de plus en plus dans des cliniques privées sans les soumettre à la Loi?
On pourrait continuer longtemps là-dessus, mais pour nous dans le Nord de l’Ontario, le bât qui blesse c’est le financement de l’Université de Sudbury (UdeS). Nous apprenions récemment que la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation postsecondaire mandatée par la province pour étudier le dossier académique et financier de l’UdeS avait recommandé le financement. On dit même que le ministère des collèges et universités s’apprêtait à annoncer ce financement (difficile de confirmer cette information). Mais, oups, un nouveau sous-ministre est nommé à ce ministère et on annonce, tard un vendredi avant une longue fin de semaine, que le financement n’est pas accordé. Voilà comment la province nous traite.
Nous souhaitons donc à tous nos lecteurs ainsi qu’à tous les francophones du Canada de s’amuser ferme lors des spectacles et autres manifestations liés aux Rendez-vous de la francophonie. Mais n’oubliez pas qu’il y a des dossiers tout aussi importants à appuyer. Du pain et des jeux, ça ne garantit pas notre pérennité.