le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 5 novembre 2025 11:00 Éditorial

Des programmes partagés comme solution ?

Des programmes partagés comme solution ?
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Les étudiantes et les étudiants du niveau secondaire hors Québec choisissent de plus en plus de poursuivre leur éducation postsecondaire dans des universités de langue anglaise. Selon une étude de Statistique Canada, entre 2016 et 2021, 55 % des étudiantes et des étudiants francophones qui font le transition du secondaire au postsecondaire ont opté de s’inscrire dans une université anglophone. Ainsi seulement près de la moitié (45 %) de ces étudiantes et étudiants ont choisi de faire cette transition vers une université française ou bilingue.

Dans le Nord et le Sud-Est du Nouveau Brunswick, 85 % ont opté pour une université de langue française toutefois à cause de la proximité de l’Université de Moncton dans le Nord et l’Université Ste-Anne dans le Sud-Est. En Ontario, les étudiantes et les étudiants de l’Est et du Nord ont choisi une université française ou bilingue soit l’université d’Ottawa et l’Université Laurentienne respectivement, dans une proportion de 72 %. À cause de la pénurie d’un grand nombre d’universités françaises ou bilingues dans l’Ouest du pays (sauf l’Université de St-Boniface) et dans les provinces de l’Atlantique (sauf le Nouveau Brunswick), les occasions de poursuivre des études en français sont plus limitées.

Se déplacer d’une province à une autre ou d’une région de la province à une autre implique des coûts souvent très élevés. Il en est aussi de même pour un déménagement d’une région de la province à une autre. Par conséquent, pour des raisons économiques, un grand nombre d’étudiantes et d’étudiants francophones optent de demeurer dans leur coin de pays.

L’insécurité linguistique et l’assimilation s’avèrent des raisons additionnelles qui motivent les étudiants de langue française de choisir une institution de langue anglaise. 

L’étude de Statistique Canada, la première du genre à une échelle nationale, révèle que seulement 36 % des étudiantes et des étudiants francophones choisissent d’étudier en français dans les domaines prisés que sont les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques. Par contre, 49 % optent d’étudier dans les domaines de la santé, des arts, des sciences humaines, des sciences sociales, de l’éducation et du commerce. Ce sont en grande partie ces derniers programmes que l’Université Laurentienne a décidé d’éliminer lors de son aventure du LACC (Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies) en 2021 afin de se protéger contre la faillite. Si l’étude nationale avait été effectuée après 2021, les pourcentages d’étudiants qui choisissent une université anglaise en Ontario auraient été plus élevés.

Face à ces réalités, les options ne sont pas très nombreuses. Les gouvernements pourraient offrir un plus grand nombre de bourses d’études. Le gouvernement provincial de l’Ontario pourrait augmenter ses subventions aux universités. Le gouvernement fédéral se doit d’augmenter ses subventions aux universités françaises et bilingues hors Québec, afin de pouvoir offrir plus de programmes en français, surtout dans les domaines des sciences, de technologie, d’ingénierie et de mathématiques. Enfin, les universités françaises et bilingues doivent commencer à offrir des programmes partagés (comme le font l’Université de Sudbury et l’Université d’Ottawa), afin d’encourager les étudiantes et les étudiants de langue française de faire leurs études postsecondaires en français.