Lorsqu’elle habitait à Ottawa, Mireille Gosselin courait de 5 à 10 friperies par fin de semaine. Lorsqu’elle est revenue à Hearst, elle visitait parfois le Dépôt Gamelin. Mais elle s’ennuyait de ses virées de magasinage. «C’était pas l’expérience que je voulais vivre. Je voulais vraiment avoir un magasin», raconte-t-elle.
L’aventure Preloved Shop a commencé en avril 2019. Elle a décidé de partager son amour de ce qu’elle appelle le «thrifting» et a lancé une page Facebook. «Je trouvais des choses dans des magasins, je publiais ça, puis ça a fait boule de neige.»
Des personnes ont commencé à lui demander si elle voulait des dons. Dans sa maison mobile, une pièce est devenue un entrepôt de vêtements. Puis, à la fin de l’été 2019, elle a ouvert un magasin éphémère. «C’était vraiment une super belle expérience, c’est de là que j’ai vu qu’il y avait vraiment de l’intérêt.»
Un parcours étonnant
Elle a ouvert sa boutique quelques mois plus tard, début mars 2020. Puisque sa clientèle était active en ligne, la pandémie déclarée par l’Organisation mondiale de la santé quelques jours plus tard, puis les restrictions, n’ont pas vraiment eu d’incidence sur ses activités commerciales.
Elle ouvrait la boutique le soir et les fins de semaine, à l’extérieur de ses heures de travail. Elle a pris presque deux ans à se décider à se lancer à plein temps dans l’aventure.
Elle savait que la clientèle serait au rendez-vous, et a conjuré sa peur de manquer de dons locaux pour garnir les présentoirs. «J’ai vraiment une communauté qui m’appuie depuis le tout début, j’en suis extrêmement reconnaissante,» témoigne-t-elle.
Offrir une expérience
Certains préjugés étaient tenaces – et le demeurent. «J’entends quelquefois le commentaire “Ha, c’est juste pour le monde pauvre”.» Elle rétorque qu’il n’y a que du positif à acheter des vêtements «préaimés» : «tu sauves de l’argent, tu sauves la planète.» Et il y en a pour tous les gouts.
La Preloved Shop est une entreprise à but lucratif, mais Mireille Gosselin se donne d’abord et avant tout la mission de mettre de l’avant le bienêtre et de confiance en soi.
«Le plus beau compliment que tu ne peux pas me [dire], c’est que ça sent le lavage quand tu rentres», dit-elle en riant.
Elle mise sur une ambiance chaleureuse et le plaisir de s’habiller à son gout.
Elle ne se considère pas être une fervente adepte de la mode. «Mon plus gros message, c’est vraiment l’estime de soi, de sentir bien dans notre peau puis dans ce qu’on porte.»
L’estime et le plaisir d’abord
Elle croit fermement que lorsqu’on se sent bien dans ses vêtements, «ça change toute notre confiance, puis c’est “sky’s the limit”.» Elle répète l’importance de «juste s’aimer». «J’ai dû me battre pendant des années et des années, dit-elle. Puis même à ce jour, j’ai mes petites batailles encore.»
Mireille Gosselin reçoit des gens de tous les âges, surtout des femmes – elle a un peu de vêtements pour les hommes et les enfants.
Elle aime bien recevoir des femmes de trois générations à la fois – un enfant, sa mère et sa grand-mère. «Elles viennent, essaient des choses, se trouvent un petit quelque chose», mais surtout, passent un bon moment ensemble.
Elle a aussi reçu à quelques reprises des papas qui accompagnaient leur fille. «C’est tellement beau, les papas sont excités de voir que leurs filles se trouvent des affaires, qu’elles rayonnent. Il y a tellement de beaux moments qui se passent ici. Je ne sais pas si c’est comme ça dans d’autres magasins, mais pour moi, c’est des petits cadeaux que mon entreprise me fait.»
La communauté aussi
Le service à la clientèle passe d’abord, mais Mireille Gosselin tient à ce que son entreprise soit bien ancrée dans sa communauté.
«Ma bizness, oui, c’est les ventes. C’est important que je sois capable de payer les bills. Mais c’est pas le focus. C’est vraiment que le monde me connaisse, connaisse mon entreprise, qu’il voit les valeurs que j’ai.»
«Ça va faire 5 ans cette année que je suis dans ce projet. Jj’appelle encore ça un projet! Puis pour l’instant, je vis ma belle vague.»
Parmi ses projets? Déjà, elle embauche en employé à plein temps. Elle aimerait proposer des heures d’ouverture plus importantes.
Sa plus grande peur était de manquer de vêtements pour remplir sa boutique de 1600 pieds carrés et maintenant, elle rêve aussi d’un plus grand local.
«J’ai de la nouveauté qui rentre, puis le monde continue d’en apporter. Je pense parce qu’ils croient en moi, ils croient dans ma vision», conclut-elle.
Les coups de cœur de Mireille
Talize (North Bay et sud de la province)
«Pour le moment, le magasin que j’aime le plus s’appelle Talize. C’est une franchise un peu comme un Value Village. C’est une grosse franchise. On a les mêmes genres d’atmosphère. C’est l’expérience. C’est les couleurs quand tu rentres, la musique qui joue, c’est ce qui est sur les mannequins, la senteur.»
Once Is Not Enough (New Liskeard)
«Il y a aussi une très belle boutique à New Liskeard, Once Is Not Enough. C’est une boutique en consignement, mais qui est quand même dans les mêmes lignes. J’adore la dynamique de Joline [Rivard]. On se suit moi puis elle, puis on s’appuie, on s’envoie des messages. Elle aussi a l’esprit communautaire, ça fait que c’est le fun de voir cet aspect-là.»
Les comptoirs (Hearst et Kapuskasing)
«J’aime aussi bien aller au dépôt Gamelin ici à Hearst puis au Connexion Centre à Kapuskasing pour aller voir toutes leurs trouvailles. Moi, j’aime bien ça aussi. Mais oui, c’est pas la même expérience.»
«Je suis une fille qui est très calculée. Je voulais faire sûr qu’il y avait l’intérêt. C’est pour ça que je me suis dit : je vais voir une page Facebook, je vais essayer de vendre des choses. Si ça pogne, ça pogne. Sinon, ça va avoir été le fun le temps que ça va avoir duré. J’ai vu que ça avait de l’intérêt. Je n’étais pas prête à prendre la stabilité d’un emploi à temps plein avec les bénéfices. C’est vraiment effrayant de partir pour être à son propre compte. J’ai vraiment fait des petites étapes pour me rendre où je suis.»