L’annonce a été faite fin février, par Patty Hajdu, ministre de l’Emploi et des Familles et ministre responsable de FedNor.
Un financement, deux volets
La plus grande partie du financement, soit 959 500 $, permettra à l’Institut des politiques du Nord, selon l’agence fédérale, «d’aider les communautés à attirer et à retenir de nouveaux arrivants en améliorant l’accès aux données, en renforçant les initiatives locales en immigration et en promouvant la collaboration régionale».
«Dans le cadre de ce projet, l’IPN aidera à recueillir des données démographiques, fournira des analyses aux communautés et offrira des services-conseils aux communautés participant à des programmes pilotes en immigration, comme le Programme pilote communautaire d’immigration francophone (PPCIF), le Programme pilote communautaire d’immigration rurale (PPCIR) et le Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI).»
L’IPN développera aussi, poursuit Fednor, «une application mobile pour aider les nouveaux arrivants à s’intégrer dans leur nouvelle communauté et organisera des conférences en présentiel afin de partager les meilleures pratiques en attraction et rétention de la population auprès des communautés».
Ceci, en plus de «poursuivre l’entretien de portails de croissance démographique pour les différentes sous-régions du Nord de l’Ontario».
Le reste du financement, qui représente 345 000 $, permettra à l’IPN d’«identifier et d’analyser les meilleures pratiques en matière de rétention des nouveaux arrivants».
Mesurer l’impact des programmes axés sur la population
«Ce processus comprendra des entrevues directes et des sondages auprès des participants du Programme pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord (PPICRN), des employeurs, des fournisseurs de services et des membres de la communauté. Une analyse comparative des communautés qui ne participent pas au PPICRN et des communautés PPICRN situées à l’extérieur du Nord de l’Ontario permettra d’approfondir la compréhension des facteurs favorisant la rétention réussie», détaille l’agence fédérale.
En somme, ces initiatives permettront aux communautés du Nord de l’Ontario, explique Fednor, «de mieux mesurer l’impact des programmes axés sur la population, d’affiner leurs approches et de renforcer leur capacité à attirer et retenir de nouveaux talents».
Le gouvernement étant convaincue qu’«en améliorant l’accès à des données fiables et en identifiant les meilleures pratiques avec des juridictions similaires, les municipalités de la région seront mieux outillées pour bâtir des communautés solides».
Investir dans le local
C’est, en tout cas, ce qui ressort des déclarations de la ministre Patty Hajdu : «Les communautés du Nord de l’Ontario posent les bases d’un avenir solide et prospère. Dans un monde en évolution rapide, nous nous concentrons sur ce que nous pouvons contrôler. En investissant dans les personnes, en soutenant les entreprises locales et en attirant des talents qualifiés, nous contribuons à faire en sorte que la région demeure dynamique, concurrentielle et pleine d’opportunités pour les générations à venir.»
Charles Cirtwill, président-directeur général de l’Institut des politiques du Nord, s’est dit, de son côté, «fier d’encourager les décisions éclairées par des données probantes qui favorisent la croissance du Nord de l’Ontario».
«Grâce à l’appui de FedNor, nous pouvons continuer à soutenir les communautés de la région avec des données solides et des outils stratégiques», a-t-il ajouté.
Une expérience mise à profit
L’Institut des politiques du Nord a l’avantage de disposer d’une longueur d’avance et d’une expérience dans les questions de l’attraction et de la rétention de la main-d’œuvre qualifiée.
En décembre 2025, l’IPN avait tenu, à Sudbury, la cinquième édition de Nord Magnétique, le Forum sur la croissance démographique du Nord de l’Ontario, en partenariat avec le Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario, IRCC et FedNor. Le forum visait à mettre en lumière des solutions concrètes pour renforcer l’attraction, l’établissement et la rétention des résidents dans les collectivités nord-ontariennes.
Le Forum a inclus des tables de discussions et des panels pour sortir avec des recommandations devant figurer dans un rapport que devrait publier l’IPN au courant de l’année 2026.
En attendant, le président-directeur général de l’Institut avait confié au Voyageur, que parmi parmi les enjeux les plus pressants, un thème a avait dominé les discussions : le logement. «C’est absolument critique», avait-il indiqué.
Charles Cirtwill avait souligné que sans logements adéquats et disponibles rapidement, les efforts d’attraction pourraient demeurer vaines. «Il faut s’assurer que, quand les nouveaux arrivent, nous ayons l’habitation pour les soutenir et leur permettre de faire grandir leurs familles.»
Pour sa part, la vice-présidente de l’IPN, Paula Haapanen, avait rappelé que la rétention repose sur un «mariage» entre besoins économiques et réalités sociales, insistant au passage sur la question de la reconnaissance de la diversité interne du Nord. «On ne peut pas parler du Nord comme d’un bloc homogène», avait-elle martelé.
Elle avait cité comme exemple le fait que le bilinguisme soit plus présent dans le Nord-Est que dans le Nord-Ouest, ce qui pose, selon elle, des défis spécifiques pour l’immigration francophone.
Certainement qu’avec ce financement de plus de 1,3 millions $, l’IPN va être en mesure de pousser ses analyses plus loin, afin de permettre au Nord de l’Ontario d’apporter des politiques plus adaptées à la réalité et des solutions précises.
À préciser que l’Institut des politiques du Nord «est un groupe de réflexion indépendant axé sur les données probantes pour le Nord de l’Ontario. Il effectue de la recherche, analyse des données et propose des solutions, afin de promouvoir la prise de décisions fondées sur des preuves pour favoriser la croissance du Nord de l’Ontario».