C’était… Devant le jukebox. Et littéralement, en prenant place dans la Grande Salle, les sudburois se sont retrouvés devant un jukebox, d’où le nom de la pièce communautaire. Les comédiens n’avaient pas encore investi la scène. Mais de leurs loges, ils ressentaient l’énergie particulière du public. Et ce sont des comédiens qui l’ont affirmé au Voyageur.
Ils n’avaient pas tort. Face au jukebox, le public semblait plongé dans de douces rêveries et nostalgie d’un Sudbury d’autrefois, d’une communauté qui remontait le passé pour… retrouver le présent.
Les comédiens, une fois sur scène, n’avaient pas besoin de faire grand effort pour faire voyager la communauté dans le temps. Elle y était déjà. Et public et comédiens s’étaient spontanément donné rendez-vous dans un bistro, dans le vieux Sudbury et devant le jukebox, dans une scène du passé qui était aussi vraie que invraisemblable, sans trop se poser de questions. Le moment présent était le passé et le passé était le moment présent.
Pour preuve, le public y participait. Il réagissait. Il devançait le jeu et riait avant même la fin d’une scène, à croire qu’il connaissait l’histoire déjà. Mais c’est qu’il la connait pour de vrai. C’est sa propre histoire qu’il voyait se dérouler sous ses yeux. Et il ne rêvait pas. C’est parce que le Théâtre du Nouvel Ontario a compris le besoin de sa communauté, qu’il a su lui raconter son histoire, jouée par ses membres tant côté scène que côté public.
C’est peut être cela le secret de la réussite particulière de la pièce communautaire de cette année, qui décidément fera parler d’elle pendant longtemps encore à Sudbury.
Au sortir de la Première, et sur le comptoir du Bistro de la Place des Arts, Normand Renaud, qui a lui-même joué dans la pièce, m’a lancé ce mot : «ça faisait longtemps qu’on attendait ce moment». Il avait tout résumé en une phrase, d’où le choix de cet angle comme éditorial.
Il venait effectivement de se passer quelque chose à la Place des Arts, ce soir-là. Et c’est peut être le début de quelque chose…
PS : Merci Sudbury pour ce beau cadeau d’anniversaire, c’était le soir de mes 38 ans.