Et pourtant, ce sont les conservateurs qui réclamaient avec une insistance acharnée des élections fédérales anticipées, au lendemain même de l’annonce de Justin Trudeau de son retrait.
La période des vacances des fêtes de fin d’années 2024 avait été exploitée à bon escient par les stratèges du parti libéral, pour organiser les choses.
La démission de Trudeau et l’attention portée à qui allait lui succéder à la tête du parti et au Premier ministère ont éclipsé Pierre Poilievre.
Cela advenait au moment où Donald Trump entrait officiellement en fonction au bureau ovale.
Mark Carney, alors candidat potentiel, réussissait déjà à concentrer les projecteurs sur sa personne.
Le temps travaillait pour lui et pour son parti, alors que les conservateurs étaient en perte de vitesse, y compris dans les sondages.
Les résultats de la course à la direction du Parti libéral du Canada en mars 2025 ont conforté Mark Carney dans son ascension sur la scène politique nationale, lui donnant la légitimité et le poids politique nécessaire pour engager la deuxième bataille.
Les images d’un Donald Trump humiliant Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, abondant l’Ukraine à l’expansionnisme russe, et convoitant, par la même occasion, les minéraux critiques de l’Ukraine, ont choqué au Canada et dans le monde.
En s’envolant en Europe, pour une première escale à Paris et une deuxième à Londres, Mark Carney a donné l’impression de ne pas laisser le Canada sur la marge des manœuvres visant à contrer les appétits grandissants de Donald Trump.
Il se hissait, de la sorte, au rang des chefs d’États œuvrant dans une Europe qui cherche des solutions pour s’émanciper du diktat des États Unis.
C’était certainement le bon timing pour convoquer des élections anticipées, dès son retour au pays.