le Mercredi 3 juin 2026
le Mercredi 23 avril 2025 11:00 Éditorial

L’intérêt de Trump pour le Saint-Siège

Le Pape François et J.D. Vance — Photo: Vatican News
Le Pape François et J.D. Vance
Photo: Vatican News

Le pape François est décédé lundi de Pâques, dans la matinée, à l’âge de 88 ans. La veille, il avait reçu le vice-président américain, J.D. Vance, un catholique converti, certes, mais qui ne porte pas dans son cœur l’ouverture et la modernisation de l’Église chrétienne. L’intérêt de la Maison Blanche pour le Saint-Siège n’est pas de bon augure.

L’intérêt de Trump pour le Saint-Siège
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Donald Trump a annoncé prendre part aux obsèques du défunt souverain pontife. Quelques mois auparavant, soit en décembre 2024, alors qu’il n’avait encore brigué officiellement son poste au Bureau ovale, le président américain, enhardi par sa victoire aux élections présidentielles américaines, s’était rendu en France. C’était pour prendre part à la cérémonie de réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris, partiellement ravagée par les flammes, le 15 avril 2019.

Organisateurs et convives de marque espéraient, ce jour-là, voir le pape François assister à la renaissance de ce qui est communément considéré comme étant un chef-d’œuvre de la chrétienté et de l’art gothique du 12e siècle. 

Mais le souverain pontife avait choisi de se rendre dans une région populaire, quelque peu marginalisée par le système politique, en raison de ses visées indépendantistes, mais dont la population est à 80 % catholique : la Corse, en France. 

C’était parmi le peuple qu’il voulait rendre grâce au Seigneur, pour être fidèle à la tendance qu’il a voulu imprimer au Vatican, comme il aimait à le répéter : les hommes ne sont pas abandonnés à leur sort. 

C’était, avant tout, un message d’humanisme que portait en lui le premier pape issu du Nouveau Monde, mais aussi le premier jésuite à occuper le trône de Saint-Pierre, sachant que Rome a depuis toujours considéré les jésuites d’un regard suspicieux. 

Ce pourquoi le pape François vivait des oppositions dans son siège et n’hésitait pas à demander, humblement, à ceux qu’il rencontrait : «priez pour moi». Au-delà de l’humilité que peut revêtir une telle formule, le souverain pontife laissait entendre que la mission qu’il s’était donné de changé l’Église catholique, pour lui donner un visage humain plutôt que celui d’une institution rigide et fermée, n’était pas chose facile. 

De la même manière que le pape François, alors archevêque de Buenos Aires, se déplaçait dans des bidonvilles de la capitale de l’Argentine pour soutenir les plus démunis, rendu au Vatican, il n’a pas dérogé à la règle : avec son chauffeur, il sortait, discrètement, les jeudis, à la rencontre des personnes pauvres de Rome. Le jeudi précédant son décès, il s’était rendu dans une prison. 

Un style, il faut le dire, qui est à l’opposé de Donald Trump et de son poulain J.D. Vance, dans le fond comme dans la forme. 

Le message du pape François était fort gênant pour Donald Trump, notamment avec son opposition aux expulsions massives des migrants. 

Rappelons que c’est en ces termes que la Maison Blanche a répliqué en février dernier aux critiques du pape François : «On voudrait qu’il se concentre sur l’Église catholique et qu’il nous laisse nous occuper des frontières». 

J.D Vance, qui s’est converti depuis environ cinq années au catholicisme, soutient une aile dure du Vatican, hostile au changement. Et Donald Trump saura mieux s’accommoder d’un Saint-Siège peu regardant ou pas du tout critique de ses égarements. Et pourquoi pas mettre au service de son appétit vorace le plus vaste réseau «diplomatique» et de «renseignement» du monde? Le conclave des cardinaux nous dira plus…