Différente en grande partie parce que le personnage qui, plus que tout autre, l’a dominée n’était pas un des chefs des quatre principaux partis politiques canadiens. Il n’était même pas Canadien. Il s’agit évidemment du président républicain américain, Donald Trump.
Son imposition de tarifs douaniers sur les automobiles construites au Canada, ainsi que sur l’acier et l’aluminium produits au pays tout comme ses menaces de faire du Canada le 51e État américain ont jeté une ombre gigantesque sur le déroulement de cette élection. Les électeurs et les électrices du Canada, tout comme ceux et celles du Nord de l’Ontario, ont révélé à de nombreux médias, dont Le Voyageur, que ses tarifs et ses menaces d’annexion ont constitué la question principale de cette campagne électorale.
C’est sans doute la prédominance de cette question qui a projeté le Parti libéral et son leader Mark Carney au sommet des sondages, un revirement rarement vu dans l’histoire du pays, puisque le Parti conservateur dirigé par Pierre Poilievre avait, jusqu’au déclenchement des élections, une avance considérable, sinon confortable, dans ces sondages.
Les électeurs et les électrices des circonscriptions du Nord de la province ont soulevé de nombreuses autres questions qui les préoccupaient et qui ont sans doute motivé leur choix le jour du scrutin. Parmi les principales, on retrouvait les questions du logement, du coût de la vie ainsi que du système de santé. Le logement et le coût de la vie se sont avérés être des questions jumelées, puisque les gens se sont dit inquiets de ne pas pouvoir se porter propriétaire d’un domicile à un prix abordable ou même de pouvoir se payer la location d’un appartement convenable.
En ce qui a trait au système de soins de santé, on s’est dit préoccupé par le nombre insuffisant de médecins de famille, ainsi que d’infirmières et d’infirmiers dans l’ensemble du Nord de l’Ontario. Assez curieusement, la question du changement climatique a été presque totalement absente des préoccupations des électeurs et des électrices.
L’élection est donc chose du passé. Mais l’avenir demeurera sans doute dominé par ces questions. Et le nouveau gouvernement, qu’il soit majoritaire ou minoritaire, libéral ou conservateur, se verra pressenti pour trouver des solutions plus ou moins immédiates pour ces défis de taille, au cours des prochains mois et même au cours des prochaines années, tout au moins les quelque 1 365 jours qui restent dans le mandat présidentiel de Donald Trump.