le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 7 janvier 2026 11:00 Éditorial

Le retour des empires ?

Éditorial

Le retour des empires ?
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En agressant la souveraineté territoriale du Venezuela, Donald Trump a agi en monarque absolu dans ce que l’administration américaine appelle ouvertement aujourd’hui «leur terrain de chasse», c’est à dire le continent latino-américain. 

Il ne s’agit pas là de juger de la question de savoir si Nicolás Maduro est un président légitime ou non. S’il mérite d’être renversé ou non. 

Il s’agit de rappeler le droit international, les principes et les mécanismes onusiens nés de l’après-Seconde Guerre mondiale. 

Et en cela, il faut dire que les États-Unis viennent d’ouvrir la boîte de Pandore. Samedi, Donald Trump lançait au monde entier, à partir de Mar-a-Lago, que désormais, la domination américaine sera totale sur ce qu’il a appelé «l’hémisphère occidental». 

N’est-ce pas un signal, on ne peut plus clair, en direction de la Russie et de la Chine qu’elles aussi peuvent s’étendre et se servir de façon empirique dans leurs hémisphères respectifs? 

N’est-ce pas une façon claire et franche de dire que le droit international et l’Organisation des Nations Unies ont fait leur temps, et que, désormais, il faut revenir vers la loi de la force et la logique brute et brutale des empires ? 

Le Venezuela a beau avoir la plus grande réserve de pétrole au monde, les entreprises américaines ont beau reprendre possession des gisements de l’or noir, Donald Trump a beau affirmer «diriger (maintenant) le Venezuela» à partir de la Maison-Blanche, mais est-ce que la démarche des États-Unis est si payante que cela sur le long terme ?

Certes, la Chine ne fera plus affaire au Venezuela et l’influence de la Russie dans ce pays sera considérablement réduite.

Mais lorsque la Chine franchira le stade des seules manœuvres militaires tactiques au large de Taïwan pour envahir réellement l’île qu’elle travaille depuis longtemps à annexer, qui pourra lui opposer le droit international ? 

Et l’Ukraine ? N’est-ce pas aussi une façon de dire à la Russie : «Vas-y ! Ne t’arrête pas au Donbass ! Pousse jusqu’à Kiev, puisque tu considères ce pays comme ta “cour arrière” ?» 

Alors oui, nous pouvons dire que les États-Unis viennent d’ouvrir les portes de l’enfer. Et cela fait bien le jeu de la Chine et de la Russie. Car elles auront les coudées plus franches ailleurs, pendant que les États-Unis devront se débrouiller dans le désordre qu’ils auront contribué à semer dans une région frontalière avec le Brésil, la Colombie et le Mexique. Une région encore nostalgique du socialisme révolutionnaire et où la Chine et la Russie peuvent jouer à mettre de l’huile sur le feu. 

Pour le reste, les premières victimes seront, comme toujours, les peuples. Et s’il fallait dire un mot sur Nicolás Maduro, il est la preuve vivante, mais «captive» que les dictateurs qui se maintiennent au pouvoir contre la volonté populaire ne font qu’attirer le prédateur sur leurs pays. Autrement dit : seuls la démocratie et le droit paient.