le Jeudi 4 juin 2026
le Mercredi 9 octobre 2024 11:00 Arts et culture

Nos médias et la question autochtone

  Photo: Montage Mélanie Tremblay – Francopresse
Photo: Montage Mélanie Tremblay – Francopresse

Le Congrès 2024 de Réseau.Presse, l’association des journaux francophones hors Québec, qui s’est déroulé du 3 au 5 octobre au Yukon, s’est ouvert sur les sons sacrés du tambour et une belle reconnaissance faite aux peuples autochtones.

Nos médias et la question autochtone
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C’était un moment chargé d’émotions, tant Monique Lévesque, originaire de la nation huronne-wendat au Québec, établie depuis plus de trente ans à Whitehorse, a montré combien le chemin de la vérité et de la réconciliation est encore long à parcourir. 

L’enseignante, qui s’évertue chaque jour, depuis voilà trois décennies, à éveiller une conscience et une sensibilité autochtones chez ses élèves, a aussi arraché des larmes à des membres de l’assistance. 

À cette émotion s’ajoutait comme une prise de conscience d’un engagement encore timide, sinon inconstant des médias canadiens, d’expression francophone y compris, envers la cause autochtone.

Il suffit pourtant de quelques gestes, expliquait Monique Lévesque, un peu comme commencer par mettre une ligne sous le logo du journal, pour reconnaitre qu’il est imprimé sur le territoire de telle ou telle autre Première Nation. 

Nous observons, dans tous les journaux, des rubriques traitant de la nouvelle culturelle, sportive, politique ou de société. Et dans une province comme l’Ontario, où sont concentrés, selon Services Autochtones Canada, 23 % des peuples autochtones du pays, avec 133 communautés, dont 100 dans le Nord, il y a pourtant matière à traiter en long et en large. 

Il faut dire, cependant, que beaucoup de médias ne s’aventurent pas dans le traitement de la question autochtone plus par méconnaissance de la culture, des traditions et des codes sociaux des Premières Nations que par simple manque de volonté. 

La question étant sensible, eu égard aux exactions et aux injustices commises contre les peuples autochtones, il est souvent plus facile de ne pas en parler. Établir des liens entre les rédactions et les Premières Nations n’est pas non plus chose aisée, et c’est en grande partie en raison d’une logique qui veut que dans les journaux, nous nous rappelons une ou deux fois par an, lors de dates symboliques, de l’importance d’évoquer la cause autochtone. 

Tout cela doit changer. En tout cas, au Voyageur, nous nous engageons à le faire. Et ce sera pour bientôt.