La journée a débuté par une conférence de M. Mark Podasly, directeur général du First Nations Major Projects Coalition. Cette coalition, qui regroupe plus de 150 Premières Nations à travers le Canada, est un organisme à but non lucratif établi par et pour les Premières Nations qui a pour objectif de promouvoir leurs intérêts communs en participant et, lorsque approprié, en investissant dans des projets d’envergure amorcés sur leurs territoires.
«Nos membres veulent exercer une influence sur des projets majeurs en participant en tant que partenaires dans le développement de nos terres et territoires», a déclaré M. Podasly. Présentement, les Premières Nations membres de la coalition participent dans 17 projets d’une valeur de 45 milliards $, la majorité (10) dans la province de Colombie-Britannique, trois en Ontario et deux chacun en Alberta et à Terre-Neuve et Labrador.
«Dans l’esprit de la Commission de la vérité et de la réconciliation, nous collaborons avec les industries selon l’intention de la recommandation numéro 92 qui demande que le secteur corporatif du Canada adopte la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et applique ses principes, ses normes et ses standards aux politiques industrielles et aux activités opérationnelles impliquant les peuples autochtones ainsi que leurs terres et leurs territoires», a-t-il affirmé.
L’article 32 (2) de cette Déclaration veut que «les États consultent les peuples autochtones concernés et coopèrent avec eux de bonne foi par l’intermédiaire de leurs propres institutions représentatives, en vue d’obtenir leur consentement, donné librement et en connaissance de cause, avant l’approbation de tout projet ayant des incidences sur leurs terres ou territoires et autres ressources, notamment en ce qui concerne la mise en valeur, l’utilisation ou l’exploitation des ressources minérales, hydriques ou autres».
M. Podasly a rappelé aux nombreux participants et participantes présents la loi des sept générations des Premières Nations en vertu de laquelle tout projet doit être conçu en pensant aux sept générations qui auront à subir l’impact d’un projet quelconque.
Lors d’une table ronde qui portait sur le rôle des acteurs locaux et des peuples autochtones dans l’amélioration de l’impact environnemental qu’ont les mines, Mme Randi Ray, l’animatrice du panel, a elle aussi rappelé l’importance de la loi des sept générations. «Nous pouvons effectuer des projets miniers de façon viable et durable en autant que nous sommes conscients de l’impact qu’ont les mines sur les terres», a-t-elle déclaré.
«Nous devons porter attention aux façons dont nous effectuons les opérations minières afin de minimiser leur impact sur l’environnement. Il est donc important d’incorporer les connaissances autochtones dans les projets miniers».
Pour sa part, M. Martin Oelz, membre de ce même panel, a aussi rappelé les contributions qu’ont fait les peuples autochtones. «Nous devons apprécier le rôle qu’ont joué ces peuples dans l’amélioration des impacts qu’ont eus les mines. Il est aussi important d’appuyer ces peuples dans le développement de leurs institutions, en conformité avec l’esprit de la Déclaration des Nations-Unies», a-t-il dit.
Pamela Condon Cruz, également membre du panel et membre de la communauté d’Alacama, au Chili, a aussi mentionné le besoin de respecter les connaissances autochtones ainsi que leur mode de production communautaire.
Une autre table ronde s’est penchée sur l’économie circulaire, soit la nécessité de concevoir des projets miniers en pensant aux principes du recyclage et de la réutilisation des matières premières. «Il est important de penser aux déchets et à la pollution qu’occasionne tout projet minier. Il faut penser aux effets de ces projets dès le début de leur conception», a indiqué M. Alan Young, le directeur du Materials Efficiency Research Group du Canada.
L’animateur de ce panel, M. Matthew Fortier, président et directeur général de la firme Accelerate, a lui aussi rappelé l’importance des connaissances autochtones dans la transition vers une énergie verte.
Ainsi, que ce soit dans l’allocution d’ouverture ou dans les interventions de certains membres de tables rondes, le rôle et l’importance des peuples autochtones, et de leurs connaissances, dans la réalisation des projets miniers ont occupé une place de premier plan.