Peter Hominuk, directeur général de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, a situé la consultation dans le cadre des États généraux de l’Ontario français. Après la publication du livre vert qui faisait un état des lieux de la francophonie ontarienne basée sur des études statistiques, il convenait de tirer certaines conclusions. «Il y a une double crise, la population de langue française décline et les réalités démographiques évoluent. Nous représentons environ 5% de la population de l’Ontario», affirme Peter Hominuk. «Les organismes qui offraient des services aux francophones dans différentes communautés ont été mis sur pied il y a plusieurs années et les besoins changent. Les volontaires qui les soutiennent sont souvent à bout de souffle. On sent qu’on est plus en contrôle.»
Après la trentaine de consultations tenues un peu partout en province, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario doit publier un livre vert avec des plans d’action pour maintenir l’épanouissement du français en Ontario. Le livre blanc qui doit être prêt à la fin de septembre répondra à ce que veulent les Franco-ontariens. Il servira de guide pour les actions que l’Assemblée doit entreprendre et pour influencer les deux gouvernements : le provincial et le fédéral. «L’Ontario reçoit environ 20% des subventions dans la cadre de la loi fédérale sur les langues officielles et elle a 50% des francophones du pays», ajoute Peter Hominuk
Pourtant, les participants n’ont pas eu de difficulté à répondre à la première question que Peter Hominuk leur a proposée : «Qu’est-ce qui vous donne envie que le français continue ici?» Pour plusieurs, c’est la qualité de vie au Témiskaming. Pour d’autres, c’est le dynamisme de la communauté de langue française. Chacun et chacune a écrit son attachement indéfectible à la vie en français.
Cette question mettait la table pour des discussions sur les plusieurs facettes de la vie en français dans la région. Il a été question des nouveaux arrivants, de leur intégration au milieu et à la vie francophone. La population locale s’engage-t-elle suffisamment pour un accueil de qualité? Les services sont-ils appropriés pour cette intégration? Il suffit de soulever la question des places en garderie en français pour y répondre.
Les services à la population de langue française sont-ils connus; les Francophones s’en servent-ils? À l’urgence, par exemple, peut-on accueillir un patient en français? Est-il possible de renverser la tendance à l’assimilation?
Autre question abordée : les organismes pour la vie en français sont-ils trop nombreux, pas assez, à bout de souffle?
Annik Boucher, présidente du conseil d’administration de l’ACFO Témiskaming, a souligné l’importance d‘avoir une table de concertation : «Quelle est notre vision, notre mission et sommes-nous prêts à travailler ensemble». Quant à la directrice du Centre de santé communautaire du Témiskaming, Jocelyne Maxwell : «Ça devient important de parler de tout le Témiskaming dans son entièreté». À cela, Annik Boucher a ajouté qu’inviter le côté du Québec à des activités sont aussi des pistes intéressantes.
Les participantes et les participants ont quitté avec le sentiment qu’il y aura des pistes prometteuses dans le Livre blanc que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario doit sortir vers la fin de septembre. Bien que toutes les communautés aient des priorités différentes, Peter Hominuk insiste qu’il y aura des propositions d’actions dans le livre vert qui feront avancer les communautés même s’il reconnaît : «On voit des communautés qui vont bien et d’autres moins bien».
Les États généraux de la francophonie de l’Ontario poursuivent leurs consultations dans le Nord : Timmins, Kapuskasing. Hearst…