Alors que les préparatifs avancent, la nouvelle directrice générale de l’ACFO du Grand Sudbury, Karine Tellier, explique les différentes étapes qui précèdent ces rendez-vous annuels. De son côté, le recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury, Serge Miville, revient sur le rôle de l’établissement dans le lever du drapeau et sur la portée que l’institution accorde à cette journée.
Pour l’Association canadienne-française de l’Ontario du grand Sudbury (l’ACFO du Grand Sudbury), les préparatifs prennent une ampleur particulière à la fin de l’été. La salle du banquet est réservée depuis plusieurs mois, mais les principales tâches liées à l’événement s’intensifient à l’approche du mois de septembre.
«Le gros du travail, ça commence à peu près à la fin de l’été», explique Karine Tellier. L’équipe doit notamment préciser le menu, préparer la décoration, organiser les invitations et coordonner les différents éléments du banquet.
La sélection du récipiendaire du Prix de la francophonie fait également partie des étapes préparatoires. Les mises en candidature sont recueillies, puis examinées par un comité formé au sein du conseil d’administration de l’ACFO.
«C’est au niveau du conseil d’administration. On a un comité qui se forme et puis ce sont ces gens-là qui décident qui est la personne qui reçoit le prix», précise la directrice générale.
Les invitations sont ensuite diffusées auprès des partenaires, des commanditaires et de la communauté, notamment par les réseaux sociaux, la boutique de l’ACFO, Le Voyageur et d’autres moyens de communication. L’organisme compte également sur le bouche-à-oreille pour favoriser la participation.
Cette année, le banquet sera toutefois de moindre envergure que celui organisé à l’occasion du 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien en 2025.
«Le 51e, c’est quand même important, mais ça ne sera pas de la même envergure que le 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien», souligne Karine Tellier.
L’ACFO indique néanmoins que les ventes de billets se poursuivent et que plusieurs partenaires ont choisi de prendre des tables de huit personnes, cette année.
Karine Tellier, alors nouvellement directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury, lors du traditionnel 5 à 7 de la Semaine internationale de la Francophonie, en mars 2026.
Des commandes qui augmentent à l’approche de la Journée
La préparation du 25 septembre ne se limite pas aux deux événements principaux. L’ACFO doit également répondre à une demande importante pour les produits aux couleurs franco-ontariennes.
L’organisme dispose toute l’année d’une boutique en ligne, mais les commandes augmentent à l’approche du 25 septembre. Des particuliers achètent notamment des drapeaux et des vêtements, tandis que les écoles commandent des articles pour leurs élèves.
« *Il y a beaucoup de commandes qui rentrent en ce temps-ci de l’année. Évidemment, les gens veulent avoir leur drapeau, leur t-shirt vert et toutes ces choses-là», dit Karine Tellier.
Les tatouages temporaires, les t-shirts et les drapeaux figurent parmi les produits les plus demandés. Les quantités commandées par certaines écoles peuvent être importantes.
«Des fois, il y en a qui achètent 1000 gomettes pour une école», explique-t-elle.
La préparation logistique repose en grande partie sur la petite équipe de l’ACFO. Karine Tellier travaille avec son adjointe administrative, Diane Emma Kouakou, qui s’occupe notamment des commandes, en plus de plusieurs autres tâches au cours de l’année.
«On est deux personnes», précise la directrice générale. Elle souligne l’apport considérable de son adjointe, qu’elle décrit comme une «bonne coéquipière».
Le conseil d’administration met lui aussi la main à la pâte. Ses membres apportent leur aide selon leurs compétences et leurs disponibilités.
«J’ai un bon conseil, puis je suis très choyée», affirme Karine Tellier.
Une première année à la direction générale
Pour Karine Tellier, le 51e anniversaire du drapeau franco-ontarien constitue aussi un premier rendez-vous majeur depuis son arrivée à la direction générale de l’ACFO du Grand Sudbury, fin mars-début avril 2026.
Elle dit avoir découvert, depuis sa nomination, l’ampleur du travail nécessaire derrière les événements publics.
«On se dit des fois : un banquet, on a besoin d’un menu, on a besoin d’une salle et c’est tout. Mais là, c’est quand on est de ce côté-ci qu’on fait : ah non, mais le programme, c’est moi qui le fais, c’est moi qui m’en occupe, c’est moi qui fais ci, c’est moi qui fais ça», raconte-t-elle.
Le banquet et le lever du drapeau ne représentent toutefois qu’une partie du travail de l’organisme. Plusieurs dossiers sont menés en parallèle et certains ne sont pas visibles de la communauté.
Parmi les initiatives à venir figure notamment un questionnaire destiné aux candidats à la mairie. L’ACFO utilise périodiquement ce moyen pour interroger les candidats sur des enjeux touchant la communauté francophone.
Les questions sont préparées en fonction des préoccupations exprimées par les organismes et partenaires de la région.
Un moment de portée collective
Le 25 septembre, Karine Tellier participera au lever du drapeau franco-ontarien à l’Université de Sudbury aux côtés de Serge Miville.
Elle a déjà participé à une cérémonie semblable en juin dernier, lors de la Saint-Jean, à la Bibliothèque publique d’Azilda. Le rendez-vous de l’Université de Sudbury aura toutefois une portée particulière pour elle.
«Moi, je suis une fille de la francophonie. J’adore toutes ces choses-là», affirme-t-elle.
Karine Tellier dit avoir suivi les cérémonies précédentes, notamment lorsque le lever du drapeau était diffusé en direct sur les réseaux sociaux. Elle considère le drapeau comme un symbole des luttes et des réalisations de la communauté franco-ontarienne.
«Pour moi, même si je n’étais pas à l’université pour assister au lever du drapeau, dans le temps que c’était offert sur Facebook Live, je travaillais à mon bureau et j’avais mon écran sur Facebook Live et je regardais ça du coin de l’œil pendant que j’envoyais mes courriels», se souvient-t-elle.
Elle estime que le 25 septembre peut également avoir une portée particulière auprès des jeunes.
«C’est un temps pour, des fois, allumer la flamme chez certains jeunes qui sont présents», dit-elle.
Pour elle, le drapeau représente à la fois les acquis de la communauté et les revendications qui demeurent d’actualité.
«Ce drapeau-là signifie toutes ces réussites-là qu’on a, puis toutes les réussites qui restent à avoir», ajoute-t-elle, en faisant référence notamment aux services en français et à la reconnaissance de la francophonie par les différents paliers de gouvernement.
«On travaille là-dessus. Puis c’est avec notre drapeau qu’on va se faire voir de plus en plus», soutient-t-elle.
Serge Miville, recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury.
L’UdeS au cœur du rendez-vous
Le lever du drapeau est organisé en collaboration avec l’ACFO du Grand Sudbury et l’Université de Sudbury (UdeS). Pour Serge Miville, recteur et vice-chancelier de l’établissement, la participation de l’université s’inscrit dans la responsabilité qu’elle assume comme institution francophone.
L’Université de Sudbury est également liée à l’histoire du lever du drapeau, puisque le premier lever a eu lieu sur son campus, le 25 septembre 1975.
«On est une institution de langue française, le lieu du premier lever du drapeau. On a une responsabilité morale, notamment», explique Serge Miville.
Pour le recteur, le 25 septembre ne doit pas être considéré uniquement comme une cérémonie protocolaire.
«C’est un des gros moments de l’année pour nous, ce lever qui nous permet notamment de faire le point sur où nous en sommes», dit-il.
Cette réflexion porte, selon lui, sur la situation de la collectivité franco-ontarienne, ses aspirations et son avenir.
«On fait le point sur le “Nous” collectif, on fait le point sur nos aspirations», résume-t-il.
Serge Miville insiste également sur la dimension sociétale de la journée. Le lever du drapeau permet, selon lui, de rappeler la présence de la communauté francophone, mais aussi de faire connaître sa réalité aux étudiants, à la population majoritairement anglophone et aux alliés autochtones.
«On ne fait pas juste célébrer un drapeau», relève-t-il. «Un drapeau, ça n’a qu’un sens que celui qu’on lui donne. On célèbre une aspiration, on célèbre un projet, un projet de société, un projet sociétal.»
C’est dans cette perspective que la cérémonie devient aussi un moment de sensibilisation et de transmission de l’héritage franco-ontarien.
Un devoir de mémoire et d’intégration
L’implication de l’Université de Sudbury prend ainsi une dimension particulière dans le contexte actuel de l’institution postsecondaire. Serge Miville considère que la participation au 25 septembre est devenue un élément de plus en plus naturel de son rôle comme institution francophone.
«Il devient de plus en plus, je pense, comment dire, j’utilise le terme naturel, je veux dire, ça revient du devoir aussi. Devoir, oui. Un devoir de mémoire», explique-t-il.
L’université accueille, en effet, des étudiants provenant de différentes régions de l’Ontario et des étudiants nouvellement arrivés au Canada. La cérémonie constitue, selon le recteur, une occasion de leur faire connaître la réalité franco-ontarienne.
«Ça fait partie, cet événement-là, de l’intégration aux faits français, puis du partage de cette réalité-là», conclut-il.