Il s’agit d’une pièce de théâtre documentaire, soit une forme théâtrale qui consiste en un résumé d’une cinquantaine d’interviews réalisés par Marie-Ève au cours des quatre dernières années et qui porte essentiellement sur les ravages effectués par la mine d’or Giant, située à Yellowknife, la capitale des Territoires du Nord-Ouest, ainsi que par d’autres mines à travers le Canada.
L’inspiration pour effectuer des recherches et des entrevues au sujet du secteur minier vient d’un voyage qu’a fait l’autrice de la pièce de théâtre dans cette ville, afin de visiter sa mère, qui y demeure depuis 15 ans.
«Quand j’ai appris l’histoire de cette mine, ça m’a jeté à terre, parce que je suis d’une génération qui se préoccupe de l’environnement, qui fait de l’éco-anxiété, soit une anxiété reliée au changement climatique. Avec mon expérience de raconter des histoires, j’ai décidé de m’embarquer dans une grosse recherche, dans le but de raconter cette histoire au public», a déclaré Marie-Ève au au Voyageur, lors du point médiatique de cette production professionnelle maison du TNO, le 26 février 2025.
On dit de la mine Giant, située sur les bords du Grand lac des Esclaves, qu’elle abrite un monstre qui vit sous le sol de cette ancienne mine d’or. En réalité, ce monstre c’est 237 000 tonnes de trioxyde d’arsenic, un produit très toxique dérivé de l’extraction de l’or. La fonte du pergélisol inquiète les scientifiques qui craignent que l’eau du lac atteigne les cavités d’arsenic.
Pour raconter son histoire, qui fait l’objet du spectacle, Marie-Ève s’est rendue à plusieurs endroits au Canada où se trouvent des entreprises minières, dont Sudbury. «Ici, j’ai trouvé la ville assez verte, dit-elle, et on m’a parlé du programme de reverdissement. C’est une histoire qui m’a permis de mieux comprendre les processus de réhabilitation du territoire qui marche seulement lorsqu’il y a une jonction entre l’industrie et la communauté».
L’histoire racontée dans la pièce de théâtre n’est pas du tout accusatrice, admet la coproductrice, «parce qu’on n’arrivera pas à faire du progrès si on lance des accusations. On raconte l’histoire et on demande ce qu’on peut faire de mieux maintenant».
Une scène du point médiatique de la production professionnelle maison du TNO, le 26 février 2025.
En plus d’être responsable de l’idéation et du texte, Marie-Ève Fontaine fait partie de la distribution en compagnie de France Huot, Ben Nind et Jocelyn Sioui en plus de marionnettes. La mise en scène est de Miriam Cusson, la scénographie de Marie-Pierre Proulx et les costumes d’Isabelle Ratté.
Originaire de Winnipeg, Marie-Ève a obtenu son baccalauréat en théâtre de l’Université d’Ottawa. Après une quinzaine d’années dans la capitale nationale, elle est retournée à Winnipeg, où elle a pris la barre du théâtre Cercle Molière, qui fête son centenaire cette année.
Il est déjà prévu que Giant Mine partira en tournée, après sa première mondiale à la Place des Arts, et se rendra entre autres à Montréal.
La pièce sera présentée tous les soirs du mercredi 4, jeudi 5 et vendredi 6 mars à 19 h 30, au Studio Desjardins de la Place des arts du Grand Sudbury. Pour le samedi 7 mars, deux sessions sont prévues, soit à 14 h 30 et à 19 h 30.
Pour réserver vos billets : https://letno.ca/programmation/giant-mine/#billets