le Samedi 18 juillet 2026
le Jeudi 22 janvier 2026 9:00 Économie et finances

Entre évaporation des industries et déclin démographique, le Nord de l’Ontario est en souffrance !

Les travailleurs de Kap Paper en rassemblement début octobre. — Photo : Archives / Page Facebook Ville de Kapuskasing
Les travailleurs de Kap Paper en rassemblement début octobre.
Photo : Archives / Page Facebook Ville de Kapuskasing

Le Nord de l’Ontario possède ce dont le monde a besoin. Cependant, pour répondre à ces besoins, le Nord, et plus particulièrement la région de l’Abitibi, doit reconstruire sans plus tarder une économie stable et durable axée sur les mines, la foresterie, l’agriculture, l’énergie, l’infrastructure et le transport, ainsi que sur le développement économique et la gouvernance régionale.

Entre évaporation des industries et déclin démographique, le Nord de l’Ontario est en souffrance !
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Ce document fait suite à une série d’ateliers et de séances organisés dans le but de recueillir les opinions et les positions des principaux acteurs des différents secteurs de l’économie de la région. «La conclusion de cet exercice est que la région Abitibi souffre et continuera de souffrir si des solutions immédiates ne sont pas apportées», peut-on lire au début du document. 

«On observe une évaporation des industries, un déclin démographique et une diminution des assiettes fiscales. De plus, l’économie régionale conserve une faible part des retombées économiques générées par ses activités commerciales. Cela démontre que la région se trouve à un tournant.»

Les axes stratégiques à explorer 

Selon les auteurs du livre blanc, aucun investissement important du secteur privé n’a eu lieu au cours des 50 dernières années. Pour survivre, la région doit dépendre de l’aide des gouvernements supérieurs exerçant ainsi des pressions disproportionnées sur ces paliers gouvernementaux. Et la situation risque de s’aggraver si des mesures concrètes ne sont pas prises pour inverser ces tendances.

Le document soutient que cinq axes stratégiques clés sont nécessaires pour assurer une croissance équilibrée sur une période d’au moins 25 ans. Il s’agit de collaborer avec les détenteurs de droits, soit les Premières Nations, d’égal à égal. Ensuite, planifier une refonte de la foresterie et introduire l’agriculture comme secteur économique renouvelé. Puis, promouvoir l’intégration verticale de la chaîne d’approvisionnement des matières premières dans tous les secteurs économiques afin de soutenir le développement communautaire. Et enfin, créer des débouchés de marché transparents pour le secteur privé qui favorisent l’innovation et la compétitivité.

Le livre blanc procède à une analyse de chacun des cinq secteurs mentionnés ci-haut afin d’offrir des conseils aux gouvernements dans le but de rectifier les manquements dans chaque secteur.

L’expansion des mines : un impératif

En ce qui a trait au secteur minier, le livre blanc affirme que l’activité minière a toujours été, est et restera le moteur économique de la région. Toutefois, certaines mines sont sur le point de fermer ou sont en grande partie inexploitées. L’expansion des mines constitue donc un impératif pour la stabilité à long terme. «Seuls des investissements majeurs en exploration permettront d’introduire de nouvelles opérations minières dans la région». Les auteurs émettent neuf conseils au gouvernement dont un dialogue direct et transparent avec les communautés autochtones, de nation à nation, afin de résoudre une impasse qui permettra aux activités minières de favoriser le développement de la région et son renouveau économique.

Quant au volet forestier, il faut une transition qui permette l’introduction de nouveaux produits innovants. Mais les problèmes du secteur ne peuvent être résolus sans une approche provinciale et une étude approfondie du secteur. «Toute solution doit faire l’objet d’un examen et d’une proposition applicables à l’ensemble de la province».

Les terres de la Couronne en Ontario

Le problème majeur qui afflige le volet agricole est la grandeur des terres. Au début du XXe siècle une terre de 160 acres était suffisante pour supporter une économie de subsistance. Aujourd’hui, les exploitations modernes de la région ont besoin de 2 000 acres. La disponibilité des terres de la Couronne constitue le principal frein au développement de l’agriculture en tant que secteur économique fondamental.  «La région de l’Abitibi abrite la Grande Ceinture d’argile […] qui se distingue par son sol riche en nutriments issu de dépôts glaciaires, idéal pour l’agriculture.  Aucune autre province ou territoire de l’Ontario ne présente une telle opportunité.» L’Institut conseille au gouvernement, entre autres, de créer un groupe de travail intergouvernemental et multi-ministériel chargé de formuler des recommandations visant à améliorer le processus de disposition des terres de la Couronne en Ontario.

Quant au volet de l’énergie, le livre blanc constate que la demande énergétique de l’Ontario devrait augmenter de 75 % d’ici 2050 à cause de l’expansion industrielle et l’électrification des infrastructures. L’Institut suggère, entre autres, de permettre la distribution locale de l’électricité produite localement dans la région, ce qui pourrait alléger les coûts pour l’industrie et les résidents. Il suggère de plus de réaliser une évaluation scientifique du bilan carbone lié à l’utilisation de la biomasse ligneuse, produite par le bois, comme combustible pour la production de l’électricité.

Les infrastructures et l’expansion industrielle

Au niveau des infrastructures, «les efforts de diversification visant à conquérir de nouveaux marchés ne pourront progresser efficacement que si les infrastructures essentielles précèdent l’expansion industrielle. Cela inclut des liaisons ferroviaires vers les ports desservant les marchés européens et une voie nationale desservant le transport de marchandises longue distance canadienne».

Enfin, l’Institut suggère, dans le but d’améliorer la gouvernance régionale, que les fonctions administratives soient regroupées au sein d’une entité régionale centralisée, soit une forme de gouvernement régional sans empiéter toutefois sur le principe de représentation politique élue dans chaque communauté.